A 57 ans, Annie Lefèvre signe un CDI chez ACI Développement à Vimoutiers


Annie pourrait prétendre à la retraite dès l'année prochaine. Mais elle qui savoure encore d'avoir décroché un CDI compte bien travailler « le plus longtemps possible ! »

Annie pourrait prétendre à la retraite dès l’année prochaine. Mais elle qui savoure encore d’avoir décroché un CDI compte bien travailler « le plus longtemps possible ! » (©Le Réveil normand)

À 58 ans, la vie sourit de nouveau à Annie Lefèvre après l’avoir malmenée pendant des années. Son parcours n’est pas banal et témoigne qu’avec une bonne dose de volonté et de pugnacité ainsi que grâce à de belles rencontres, il est possible pour une quinquagénaire de faire fi de la fatalité et de rebondir professionnellement.

Annie est native de Sées. À 4 ans, elle est placée à l’orphelinat de Vimoutiers. « J’aimais l’école et les études ». Mais dès 14 ans, elle travaille. Elle consacrera dix années à élever ses sept enfants. Elle sera embauchée à la Sodev, jusqu’à ce que l’entreprise ferme ses portes, au milieu des années 2000. Annie est licenciée. Elle arrive à trouver quelques petits contrats entre deux périodes de chômage.

La double peine

« En 2009-2010, je travaillais à la Snop à Gacé. Ils étaient satisfaits de mon travail. À tel point que je devais avoir un CDI. Mais je suis tombée malade ». Annie a dû combattre « le poison » comme elle appelle cette maladie dont elle ne se résout toujours pas à prononcer le mot : cancer.

À mon retour, il n’était plus question de CDI. On m’explique que la maladie pouvait revenir ». C’est la double peine pour Annie qui renoue aussi avec le chômage.

Après deux ans de galère elle redresse la tête et pousse les portes d’un forum pour l’emploi à Argentan.

Je suis reconnue comme travailleuse handicapée. J’ai été orientée vers Cap-emploi. J’y ai rencontré quelqu’un de formidable en la personne de Mme Cardin. Elle m’a remis le pied à l’étrier ».

C’est par son intermédiaire qu’Annie sera recrutée à ACI développement pour un contrat d’insertion professionnelle de quelques mois.

Sa persévérance a payé

Elle se fera remarquer par son sérieux, sa vivacité et sa conscience professionnelle. Elle fait alors du ménage et du repassage. Jusqu’au jour où Florence Marie, en charge du recrutement à ACI, lui propose de suivre une formation de six mois pour le diplôme d’auxiliaire de vie aux familles. « Elle me faisait plus confiance que moi-même. Je ne m’en sentais pas capable ».

Elle candidate néanmoins et passe avec succès le concours d’entrée.

Ce n’était pas facile pour moi, à 56 ans, de retourner sur les bancs de l’école. J’ai bien failli lâcher prise les premiers temps. Mais grâce à l’écoute et aux encouragements de Florence Marie, j’ai persévéré ».

En mars 2017, elle décroche son diplôme. « À l’hôpital de Vimoutiers où j’ai fait mes stages, on m’avait dit que des postes se libéraient en fin d’année et que ma candidature serait la bienvenue. Mais il me fallait rester neuf mois sans travailler ».

Un parcours « bluffant »

Alors, dès le 1er avril 2017, elle fait son retour à ACI pour un contrat de quelques mois. Entre-temps, Béatrice son encadrante annonce son départ et la pousse à postuler sur son poste. « Je ne me voyais vraiment pas diriger des gens aux côtés de qui je travaillais ». Elle se résout à poser sa candidature. « Son parcours nous a bluffés » souligne Guylaine Lemoine, la présidente.

Pour Annie, aujourd’hui :

Ce n’est que du bonheur ! J’aime mon travail et j’ai l’impression de travailler en famille. J’ai 14 salariées dont j’ai à gérer les plannings d’intervention et le travail ».

Elle qui pourrait prétendre à la retraite dès l’année prochaine compte bien continuer  « le plus longtemps possible ! ».

A 57 ans, Annie Lefèvre signe un CDI chez ACI Développement à Vimoutiers


ÔToulouse : Actus, Cultures, Sorties à Toulouse