Au Prieuré de Gasny, près de Vernon, la Nuit du glyphosate mobilise


Le Prieuré de Gasny a fait salle comble pour assister à la projection du film : Roundup face à ses juges.

Le Prieuré de Gasny a fait salle comble pour assister à la projection du film : Roundup face à ses juges. (©Le Démocrate vernonnais)

Un « appel aux pisseurs et aux pisseuses de glyphosate » : tel était le mot d’ordre de la 1re Nuit du glyphosate. Samedi matin à Vernon, 25 volontaires se sont prêtés, sous contrôle d’huissier, à un prélèvement de leurs urines en vue d’une analyse.

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« C’est une opération montée sur toute la Normandie, explique Christine Régentête, coordinatrice du collectif local militante écologiste. L’idée est qu’on puisse déterminer les taux de glyphosate dans les urines et porter plainte collectivement. »

Si le moment est convivial, l’enjeu est grave. À ce jour, 100 % des échantillons testés au plan national contenaient du glyphosate.

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« Inviter le président Macron »

Cela fait froid dans le dos quand on sait que cette substance est jugée « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Les prélèvements (coût : 135 € par personne) ont été expédiés à un laboratoire allemand.

L’opération avait débuté, vendredi, par une conférence-débat devant plus de 80 personnes. Au programme, le film de Marie-Monique Robin, Le Roundup face à ses juges. « On aurait dû inviter le président Macron », sourit l’animatrice, rappelant que l’arrêt du glyphosate sous trois ans était une promesse du candidat Macron en 2017. Le film montre comment, en Argentine, aux États-Unis, au Sri Lanka et ailleurs, le glyphosate cause des dégâts irréversibles sur la santé : malformations, maladies rénales et cancers. Si les cultivateurs sont les plus exposés, toute la population est touchée, notamment par la contamination de l’eau.

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« Les choses bougent »

Le débat a permis au public d’échanger avec des agriculteurs locaux utilisant des alternatives à cet herbicide. Pour Franck Sipma, céréalier et boulanger bio à Gasny, « les choses bougent sérieusement, y compris au niveau de l’enseignement agricole ».

Des aides de l’État permettent de préserver le revenu des agriculteurs dans la phase de transition. Selon François Terrier, agriculteur et éleveur bio près des Andelys, « le premier frein qui retient les agriculteurs de passer en bio est la pression familiale ».

Pourquoi remettre en cause un système qui vous a nourris jusque-là ? Un paradoxe quand on sait que les agriculteurs sont les premiers touchés :

« Mon père est tombé malade, et il avait deux copains d’armée qui avaient les mêmes pratiques agricoles et sont tombés malades au même âge. »

Sortir de la chimie, tel est le défi. Le Grenelle de l’environnement prévoyait de réduire de 50 % l’usage des pesticides à l’horizon 2018…

Au Prieuré de Gasny, près de Vernon, la Nuit du glyphosate mobilise

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