Des policiers municipaux ont ouvert le feu en service, pour la toute première fois, à Toulouse


Il était environ 21h30, mardi 23 mai 2017, quand des tirs d’armes à feu ont retenti rue Lapeyrouse, à proximité de la place Wilson, à Toulouse. Dans un contexte d’attentats récurrents, une certaine panique s’est vite emparée des lieux. Un cinéma situé à proximité a même dû être évacué.

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Il n’y avait pourtant rien de cela : des Policiers municipaux venaient d’ouvrir le feu sur un chien dangereux, en train d’attaquer « un sans domicile fixe (SDF) et en situation de handicap », indiquait mercredi une source proche du dossier. La victime était tombée de son fauteuil roulant, et le chien, un berger allemand, était en train de l’attaquer à la gorge. D’après les explications de la victime, le chien appartenait à un autre SDF, qui le lui avait confié pour quelques jours.

Le chien tué, le SDF blessé, la policière reçoit des éclats de balle

Les policiers municipaux ont essayé de maîtriser l’animal, notamment avec leurs matraques télescopiques, mais rien n’y a fait. Et « le chien s’est retourné vers les agents, avant de les agresser » à leur tour. Pour neutraliser l’animal, les policiers ont sorti leurs armes de service, et tiré, à quatre reprises. Le chien est mort sur le coup. Le SDF, grièvement blessé à une jambe par les morsures, a dû être hospitalisé et faire l’objet d’une « intervention chirurgicale ». Et une policière municipale a été très légèrement blessée par des éclats de balles.

Armés depuis 11 ans, ils n’avaient jamais tiré en service

Sur les réseaux sociaux, des Toulousains se sont émus que des policiers aient ainsi ouvert le feu sur un animal. D’autres ont regretté qu’ils soient armés… Mercredi, cette même source indiquait que « c’est rarissime que les agents se servent de leurs armes de service ». Renseignements pris, ce jour-là, c’était même une première, dans la Ville rose. Dans l’entourage du maire Jean-Luc Moudenc, on indique que c’est la toute première fois que les policiers municipaux ouvrent le feu sur la voie publique, depuis qu’ils sont armés.

C’était une intervention nécessaire pour éviter un drame, a estimé le maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

« Ils tirent au minimum 150 cartouches par an »

Les agents de la Police municipale disposent d’une arme de service depuis 2006 à Toulouse. Ils avaient été « désarmés » pour les patrouilles de jour, à la fin du mandat de Pierre Cohen (PS), puis réarmés 24h/24 lors du retour de Jean-Luc Moudenc au Capitole, en 2014. « Depuis 2006, les agents de la Police municipale ont dégainé leurs armes à plusieurs reprises, mais n’avaient jamais, jusqu’ici, fait feu sur la voie publique ». Et ces agents sont « particulièrement entraînés à leur maniement ».

Les agents municipaux tirent au minimum 150 cartouches par an dans le cadre de leur entraînement, c’est très au-dessus de ce qu’impose la règlementation, ou de ce que fait un agent de Police nationale qui patrouille sur la voirie, qui tire 90 cartouches à l’année. Évidemment, les agents de la BAC, une unité spécialisée, en tirent 180. Mais cela les place les policiers municipaux de Toulouse dans la fourchette haute, poursuit ce proche du maire.

Toujours est-il qu’en 11 ans d’activité, c’est bel et bien la toute première fois que les policiers municipaux ont ouvert le feu, mardi 23 mai 2017, à Toulouse.

Attentats de janvier 2015 : une policière municipale tuée et un débat relancé

Depuis les attentats de janvier 2015, l’armement des policiers municipaux fait beaucoup moins débat en France. Le terroriste Amedy Coulibaly, l’un des auteurs des attentats de Paris, avait tué une policière municipale, Clarissa Jean-Philippe, à Montrouge (Hauts-de-Seine), alors que la jeune femme de 26 ans se rendait sur un accident de voiture. Ce drame avait ravivé le débat, et poussé nombre de municipalités à franchir le pas de l’armement de leurs policiers municipaux. En Haute-Garonne, il y eut par exemple Castanet-Tolosan en 2016, mais aussi Balma, Blagnac, ou Castelginest
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À savoir enfin qu’après les attentats de janvier 2015, l’Union syndicale professionnelle des policiers municipaux avait porté plainte contre le maire de Montrouge, qui n’avait pas jugé utile d’armer sa police municipale.

Des policiers municipaux ont ouvert le feu en service, pour la toute première fois, à Toulouse

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