Gilets jaunes à Bayeux. Ce dimanche, des manifestants poursuivent le mouvement


Dimanche 18 novembre 2018, une centaine de Gilets jaunes poursuivent le mouvement au niveau du rond-point Eisenhower à Bayeux (Calvados).

Dimanche 18 novembre 2018, une centaine de Gilets jaunes poursuivent le mouvement au niveau du rond-point Eisenhower à Bayeux (Calvados). (©La Renaissance le Bessin)

Ce dimanche 18 novembre 2018, le mouvement des Gilets jaunes à Bayeux (Calvados) n’a pas la même ampleur que la veille. Mais une centaine d’entre eux se sont quand même regroupés autour du rond-point Eisenhower, l’une des plus importantes entrées de la ville, pour maintenir un blocage filtrant

Portés par la mobilisation du samedi 17 novembre, où ils étaient plus de 500 à différents endroits du by-pass pour faire passer leur message de ras-le-bol général des taxes, bien au-delà de l’augmentation du prix des carburants, ils ont décidé de ne pas en rester-là. En fin de journée, une partie d’entre eux se sont donc regroupés autour du rond-point Eisenhower pour y passer la soirée et même la nuit pour les plus motivés. « On est une vingtaine à avoir dormi là », raconte l’un d’entre eux. « Entre minuit et 2-3 h du matin on s’est réchauffés autour du feu avant de reprendre le barrage filtrant. On faisait ralentir les gens avec une lampe et on discutait avec eux ».

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Ce dimanche 18 novembre 2018, une centaine de Gilets jaunes sont réunis au niveau du rond-point Eisenhower à Bayeux (Calvados), où ils maintiennent un blocage filtrant.

Ce dimanche 18 novembre 2018, une centaine de Gilets jaunes sont réunis au niveau du rond-point Eisenhower à Bayeux (Calvados), où ils maintiennent un blocage filtrant. (©La Renaissance le Bessin)

Ils veulent tenir au moins jusqu’à lundi matin

Au fil de la matinée de ce dimanche 18 novembre, ils ont été rejoints par d’autres manifestants venus avec du café et des croissants. Ensemble, ils comptent bien tenir toute la journée, et même la nuit prochaine. « On va essayer de rester jusqu’à demain matin (lundi 19 novembre, ndlr) où l’on espère être rejoints par les poids-lourds qui pourraient prendre le relais des Gilets jaunes qui ne peuvent pas rester », explique Constant Deniaux, l’un des organisateurs de la mobilisation bayeusaine qui est née, comme partout ailleurs, sur les réseaux sociaux.

Satisfait du mouvement de la veille, il veut le faire durer, jusqu’à ce que le gouvernement plie. « On avait fait du tractage toute la semaine à Bayeux et on sentait bien qu’il y avait beaucoup de retours positifs. Ce soutien, il est toujours là, des gens viennent nous apporter des palettes de bois, les magasins Auchan et l’Entrepôt Belge nous ont offert de quoi manger ce midi et les gens avec qui l’on discute sont avec nous. Tout ça nous donne du courage ». 

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Carmen et sont mari Christian soutiennent le mouvement. Ils ne participent pas au blocage mais en tant qu'automobilistes, ils ont mis un gilet jaune sur le tableau de bord de leur voiture en signe de soutien.

Carmen et son mari Christian soutiennent le mouvement. Ils ne participent pas au blocage mais en tant qu’automobilistes, ils ont mis un gilet jaune sur le tableau de bord de leur voiture en signe de soutien. (©La Renaissance le Bessin)

Des automobilistes partagés

Carmen et Christian font partie de ces automobilistes qui soutiennent le mouvement. Ce dimanche midi, ils sont passés par le barrage filtrant… avec le sourire et le gilet jaune sur le tableau de bord :

La hausse du prix du carburant, c’est la goutte d’eau. On n’en peut plus de l’augmentation constante du coût de la vie. La classe moyenne la subit de plein fouet. Ce sont toujours les riches qui sont privilégiés avec ce gouvernement.

D’autres au contraire ne comprennent pas que la hausse des taxes sur les carburants soit à l’origine d’une telle colère. C’est le cas de Romain, un jeune de Cherbourg qui passait par-là lui aussi :

Je n’adhère pas trop. Il est temps que l’on passe à autre chose, d’en finir avec le diesel et l’essence. Et pour financer cette transition, il faut bien passer par la taxation…

D’autres encore, comme Jonathan, de Saint-Lô, sont « d’accord avec le mouvement » mais regrettent un peu la manière :

Bloquer les citoyens comme ça, je suis sceptique. Manifester à l’Elysée par contre oui, pour moi ça a plus de sens.

Sylvère a 71 ans, Solène 27. 44 années les séparent mais une même colère les unit : celle des fins de mois toujours plus difficiles à boucler.

Sylvère a 71 ans, Solène 27. 44 années les séparent mais une même colère les unit : celle des fins de mois toujours plus difficiles à boucler. (©La Renaissance le Bessin)

44 ans d’écart et une même colère qui unit

Quoi qu’il en soit, les Gilets jaunes comptent bien continuer à faire passer leur message. A l’image de Sylvère qui, à 71 ans, a prévu de passer la nuit sur le camp improvisé au rond-point Eisenhower : « J’ai perdu 41 euros par mois sur ma retraite à cause de la hausse de la CSG. Ce sont mes 8 jours de vacances que je perds. J’ai travaillé pendant 44 ans et voilà le résultat ». A côté de lui, Solène, 27 ans : « Je viens de finir un contrat de 7 mois et la seule chose que l’on me propose maintenant, c’en est un autre à 40 km de chez moi. Avec l’augmentation du prix des carburants, je ne peux pas accepter. Donc j’ai dû retourner vivre chez ma mère ». 44 ans les séparent, mais une même colère les unis. 

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