L'IMAGE. Aurillac : le parking du Gravier comme vous ne l'avez (peut-être) jamais vu

Longtemps, le Gravier fut une promenade très appréciée des Aurillacois.

Longtemps, le Gravier fut une promenade très appréciée des Aurillacois. (©Coll. privée)

C’est aujourd’hui, à Aurillac, un site apprécié des automobilistes en quête d’une place de stationnement. Longtemps, pourtant, ce fut le paradis des promeneurs !

Situé Cours Monthyon, le Gravier, aujourd’hui célèbre nom du parking probablement le plus connu de la préfecture du Cantal avec ses 461 places, était jadis, une belle aire de promenade, comme le montre cette image faisant aujourd’hui le bonheur des collectionneurs de vieilles cartes postales.

Hors de l’enceinte de la ville

L’esplanade est concrètement aménagée par Antoine Jean-Baptiste Robert Auget de Montyon, intendant d’Auvergne, en 1765 sur un terrain en pente utilisé comme foirail. Il débloque des fonds considérables pour faire niveler le terrain et planter 172 ormeaux

Dans son Dictionnaire des Gaules et de la France publié à cette époque, l’abbé Expilly évoque le Gravier, situé hors de l’enceinte de la ville, en ces termes :

En sortant d’Aurillac par la porte des Fargues, on trouve une île nommée le Gravier, qui est la promenade publique et l’une des plus agréables que l’on puisse voir

Au cœur du 19e siècle, la promenade est célèbre par les vieux ormeaux qui ornent et voûtent les lieux. 

Image rare de la promenade du Gravier, à Aurillac, au 19e siècle.

Image rare de la promenade du Gravier, à Aurillac, au 19e siècle. (©Archives départementales du Cantal – Fonds Monier 35 NUM 13)

Les arbres de la promenade… vendus !

Des arbres quasi mythiques que la municipalité d’Aurillac va pourtant vendre !

En 1876, elle cède la totalité des plantations du lieu, c’est-à-dire la bagatelle de 113 ormeaux, 6 tilleuls et 5 marronniers. Quatre plus tard, elle procède à de nouvelles plantations et donne ainsi à cette promenade sa physionomie actuelle quand bien même les voitures ont remplacées les piétons. 

Dix ans plus tard, lors de l’inauguration de la statue du général Delzons, le nivellement de la place s’achève enfin. Plus de 100 ans après le début des travaux entrepris par Monthyon. 

Lieu de fête et de joie

L’esplanade reste associée à bien des temps forts de la vie des Aurillacois à l’instar de grandes fêtes populaires. Les grands rassemblement de la Révolution puis de l’Empire si déroulent par exemple. Les grandes foires aussi comme celle des chevaux à la Saint-Martin. La fête de la Saint-Urbain s’y tient de longues décennies. 

Le kiosque de la place a également longtemps accueilli des concerts et notamment ceux du 139e régiment d’infanterie caserné à Aurillac. En 1890, il reçoit l’éclairage public permettant ainsi des concerts nocturnes. 

Un nouveau projet

Le site devient un parking au début des années 1970 et l’ère du tout-voiture. Peu-à-peu, il perd sa vocation première. La fête foraine de la Saint-Urbain déménage par exemple en 1983…

Mais, sacré bégaiement de l’histoire, le site du Gravier va retrouver partiellement sa vocation première ! Il est concerné par le grand projet de réaménagent des bords de la Jordanne à l’horizon 2022. 

Il devrait retrouver son ambiance d’antan puisque le projet prévoit de libérer les deux tiers du parking aux Aurillacois. Un parking silos, situé face à l’hôtel du Département doit voir le jour pour absorber les besoins en stationnement. 

L'IMAGE. Aurillac : le parking du Gravier comme vous ne l'avez (peut-être) jamais vu

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