Loi « anti-casseurs ». Pourquoi ces députés LREM de Normandie se sont abstenus de la voter

Tous les députés LREM n'ont pas voté pour la proposition de loi « anti-casseurs », mardi 5 février 2019. En Normandie, des élues s'en expliquent.

Tous les députés LREM n’ont pas voté pour la proposition de loi « anti-casseurs », mardi 5 février 2019. En Normandie, des élues s’en expliquent. (©Richard Ying et Tangui Morlier/Wikimedia Commons)

Il ne s’agit pas vraiment d’une fronde. Mais sur les 17 députés La République en Marche (LREM) de Normandie, cinq se sont tout de même abstenus de voter (voir tableau en fin d’article), mardi 5 février 2019, la loi dite « anti-casseurs ». Il s’agit de Sonia Krimi, Stéphanie Kerbarh, Sira Sylla, Alain Tourret et Fabrice Le Vigoureux. Certains d’entre eux nous expliquent leur choix.

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« Les textes existants sont suffisants »

Stéphanie Kerbarh, députée de la 9e circonscription de Seine-Maritime, fait partie des abstentionnistes. Elle explique avoir suivi un de ses principes qui est « de ne pas réagir à chaud. C’est un des reproches faits aux précédents gouvernements de faire une loi pour un fait sociétal ». Elle estime donc :

Cette loi a été un peu faite dans l’urgence.

Comme la plupart des opposants à la loi, elle désapprouve l’article 2 du texte, qui permet aux préfets d’interdire à des personnes de manifester s’ils estiment « qu’il existe des raisons sérieuses de penser que leur comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public », ou si ces personnes ont été reconnues coupables d’infractions. « La formulation sur la menaces d’une particulière gravité me paraît problématique », juge le député du Calvados Fabrice Le Vigoureux.

« À mon sens, ce n’est pas le fait d’interdire de manifester à certaines personnes le problème, c’est qui décide d’interdire », poursuit-il. « Je suis pour la séparation des pouvoirs. Ce n’est pas aux préfets de jouer ce rôle, c’est à la justice de faire son travail », appuie Stéphanie Kerbarh.

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Même son de cloche chez son homologue de la 4e circonscription de Seine-Maritime Sira Sylla, qui voit en l’article 2 une « atteinte aux libertés fondamentales », comme elle l’assume sur son compte Twitter.

Stéphanie Kerbarh juge par ailleurs que « les textes existants sont suffisants. En revanche, on peut éventuellement travailler sur le fonctionnement de la justice, se demander pourquoi les casseurs mettent du temps à être condamnés et comment ils peuvent recommencer ».

S’abstenir mais ne pas voter contre

Mais alors pourquoi s’abstenir et ne pas voter contre. « Cela ne servirait à rien, je suis toujours mon groupe », a expliqué au micro de LCP la députée de la Manche Sonia Krimi. Idem pour Stéphanie Kerbarh : « Je soutiens quand même une majorité ». Et tant pis si la proposition de loi (largement amendée depuis) émane en premier lieu du sénateur Les Républicains Bruno Retailleau. 

Fabrice Le Vigoureux voit même un signe rassurant :

Cela prouve la maturité du groupe. Contrairement à ce qu’on peut entendre, nous ne sommes pas des députés godillots.

Pour l’élue de Seine-Maritime, « ces abstentions de membres de la majorité ne créent pas une fracture. Il n’y a pas eu de pressions pour qu’on vote pour ». Il ne manquerait plus en effet que la majorité, déjà bousculée par le mouvement des Gilets jaunes, se déchire autour de cette loi.

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Ce texte peut en tout cas compter sur le soutien des 241 députés de la majorité qui ont voté pour (contre 50 abstentionnistes), à l’instar de Damien Adam, élu en Seine-Maritime…

… ou bien Fabien Gouttefarde dans l’Eure.

Après le vote à l’Assemblée, le texte (consultable ici) doit revenir devant le Sénat au mois de mars. Selon BFM TV, plusieurs députés de différents partis préparent une saisine du Conseil constitutionnel au sujet de cette loi controversée.

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