PHOTOS. Visite inédite d'un chantier de restauration à Guémené-sur-Scorff : la maison Limbour

Au second étage, les poutres du XVI siècle ont été décapées et peintes. Un plancher en chêne sera bientôt posé.

Au second étage, les poutres du XVIe siècle ont été décapées et peintes. Un plancher en chêne sera bientôt posé. (©Pontivy Journal)

Pour un peu, la façade de la maison Limbour, à Guémené-sur-Scorff (Morbihan) aurait pu ressembler à ce qu’elle était avant les travaux de restauration.

Nous avions deux orientations possibles. Soit, conserver la façade du XIXe siècle, qui n’est pas anodine avec ses lambrequins et ses ardoises. Soit redonner vie à la façade du XVIe siècle. Seulement, au début du chantier, nous n’avions pas assez d’éléments du XVIe siècle… », a confié Florence Devernay, architecte du patrimoine, lors d’une conférence sur la maison Limbour, donnée dimanche 24 février, au Ciné Roch.

Les colonnes issues d’une chapelle

Mais, les choses ont évolué grâce à la découverte de deux des trois colonnes qui étaient emprisonnées dans la maçonnerie, au rez-de-chaussée. De plus, le démontage de la façade à pans de bois, a pu mettre à jour des assemblages d’origine… De là, l’idée de restituer l’édifice avec son porche tel qu’il était à l’époque de ses premiers propriétaires, les Le Tenour en 1506, a vite balayé le retour d’une façade XIXe siècle.

Les colonnes du porche proviendraient, selon une hypothèse du conservateur du Département, de la déconstruction de la chapelle de Notre-Dame-des-Fosses », qui était située un peu plus bas dans Guémené, et qui auraient été réemployées pour cette maison de négociants, idéalement située « dans la rue principale menant château, face aux halles (construites en 1631 et détruites en 1924)… »

Escalier à vis, fenêtre à meneaux croisés…

D’autres éléments témoignent de l’ancienneté et de la richesse patrimoniale de l’édifice : cheminées, escalier à vis (en pierre pour aller à la cave et en bois pour desservir les deux étages), fenêtre à meneaux croisés à l’arrière…

Concernant la disposition, chaque niveau possédait deux pièces (l’une côté rue ; l’autre à l’arrière), qui étaient toutes pourvues d’une cheminée, « dont il faut noter l’asymétrie des jambages. »

70 % du bois conservé

À l’intérieur et à l’extérieur, les murs ont été rejointoyés au sable et à la chaux. A l’intérieur, les murs ont été décapés et blanchis à la chaux.

Les poutres, l’escalier ainsi que les pans de bois datent du XVIe siècle. Nous avons pu conserver 70 % des éléments en bois. »

Au second étage, les poutres ont été peintes en gris et décorées de motifs. Toujours au deuxième étage, une cloison en chêne, ainsi qu’une porte ont pu être sauvées et réinstallées.

Détail amusant : une gravure représentant le régent Philippe d’Orléans est toujours visible, collée sur cette antique cloison….

Un élévateur à la place des latrines

En façades, de nouvelles fenêtres à vitraux ont été installées.

À l’arrière du bâtiment se tenaient des latrines. À cet emplacement sera installé un élévateur qui permettra aux personnes à mobilité réduite d’accéder aux étages. L’élévateur sera dissimulé dans une structure en bois recouverte de bardeaux.

Une fois les travaux de restauration achevés – en avril ou mai prochain – la Maison de services au public va prendre possession du rez-de-chaussée et du premier étage.

Le deuxième étage sera consacré à un espace dédié à la culture pourleth. Les combles, quant à eux, pourront servir d’extension à l’espace Pourleth et/ou de salle de réception.

Le coût des travaux approche le million d’euros.

Le chantier de la maison Limbour en photos :

















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