Quentin Brevet, un clown qui crée de vraies erreurs à Bletterans

Les boules de jonglage obéissent au doigt et à l'œil de Quentin Brevet.

Les boules de jonglage obéissent au doigt et à l’œil de Quentin Brevet.

L’air emprunté, un peu gauche, semblant toujours vouloir s’excuser, l’homme s’installe à sa table à tiroirs.

Méthodiquement, il tente de reconstituer une clarinette dont, malheureusement pour lui, un élément est tombé par terre.

Nous voici dans le monde de Quentin Brevet, à la limite de celui de Pierre Richard, mais ici, pas de grand blond, mais un brun qui jongle avec les balles, les sons et où tout ce qu’il rate ne serait pas l’effet du hasard.

Dire que le spectacle comporte une part d’improvisation, oui, mais est-ce vraiment de l’improvisation ?

C’est la grande force de l’artiste de faire en sorte que le public perde le sens de la réalité.

En effet, l’erreur sciemment réalisée révèle le talent et le côté professionnel du clown, car c’en est un.

Faire croire que l’on s’est trompé, que le gag n’était pas préparé, dénote sa grande maîtrise.

Interaction avec le public

Pour en arriver là, Quentin Brevet, âgé de 32 ans, natif de Bourg-en-Bresse, a un jour délaissé son métier de boulanger, car il fallait se lever tôt.

Mais il avait une passion, le jonglage. Alors, pendant deux ans, il se perfectionne au Centre régional des arts du cirque à Chambéry.

Après quoi il tente d’entrer dans une école supérieure avec 500 autres candidats du monde entier. La chance va lui sourire et il en rit encore : « J’ai commencé mon numéro de présentation avec huit balles qui rebondissent, et qui sont toutes tombées par terre. Alors je me suis dit – ça commence bien – dans une école supérieure, ça ne le fait pas, et si vous voulez bien, je vais recommencer. Ils ont bien ri, et c’est là où je me suis dit, je veux faire du jonglage et aussi du clown. »

Finalement, avec seize autres candidats, lui qui n’a qu’un CAP intègre cette grande école à Bruxelles, en 2008.

Après diverses auditions, notamment au cirque Plume, il tourne avec la compagnie Kadavresky et le cirque Romanès, dernier cirque tzigane.

Il se produit à travers le monde avec plus de trois cents dates.

Puis il va travailler à la création de À tiroirs ouverts, un numéro solo, où il mêle le jonglage et les techniques du clown burlesque, qui nécessite un timing précis, de la musique en live, de la danse et du théâtre d’objet.

En résidence durant une semaine à Passenans, puis à Bletterans, c’est à la salle de la Tourniole, vendredi 22 février à 19 h 30, qu’il présentera son spectacle.

Il s’agit d’une succession de tableaux de la vie d’un jongleur, seul, qui est dans ses pensées et qui se pose de questions. Loupés, erreurs, chutes, rebonds s’enchaînent en interaction avec le public.

Un spectacle qu’il va perfectionner pendant quelque mois encore avant de le présenter définitivement à Bletterans, en octobre 2019.

De notre correspondant Albert Wolff

À tiroirs ouverts, vendredi 22 février à 19 h 30, salle de la Tourniole à Bletterans. Gratuit.

Quentin Brevet, un clown qui crée de vraies erreurs à Bletterans


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