Rouez : Valérie Goupil, taxi : « Une hausse du gazole de 15 % en 9 mois ! »


Valérie Goupil : « Là, le pétrole a aussi baissé. Mains on ne le voit pas à la pompe, malheureusement. »

Valérie Goupil : « Là, le pétrole a aussi baissé. Mains on ne le voit pas à la pompe, malheureusement. » (©Les Alpes Mancelles libérées)

Valérie Goupil, chef d’une entreprise de taxi à Rouez-en-Champagne (Sarthe) depuis dix ans. Son parc automobile est assez important avec deux véhicules légers pour les courses de taxi pour particuliers et quatre véhicules de 7 et 9 places pour les ramassages scolaires et les transports collectifs.

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Une augmentation graduelle

Lorsqu’on l’interroge sur la hausse des carburants, elle sourit jaune et sort la « grosse artillerie », c’est-à-dire en réalité toutes les factures des pleins qu’elles conservent précieusement pour sa comptabilité. Documents à l’appui, elle révèle qu’entre janvier et janvier 2018, « la facture mensuelle de septembre est plus élevée de 285 € par rapport à celle de janvier. L’augmentation s’est faite graduellement, insidieusement de semaine en semaine. Si on se projette jusqu’à la fin de l’année, ce sera une charge supplémentaire de 3000 €. Notre bilan ne sera pas faramineux. »

« Réduire le nombre de kilomètres à vide »

Elle avoue qu’elle avait connu une pareille situation en 2008. Mais elle avait été moins impactée. Et pour cause. « Je n’avais à l’époque qu’un seul véhicule. Et le prix du litre de gazole avait ensuite radicalement baissé de 1,44 € à 0,92 € en quelques mois. Là, le pétrole a aussi baissé. Mains on ne le voit pas à la pompe, malheureusement. » En clair, la hausse des taxes sont donc en cause selon cette professionnelle du transport. Cette situation est d’autant plus difficile à supporter que le tarif de prise en charge des clients, fixé par la Préfecture, n’augmente pas, lui. En conséquence, les marges de l’entreprise se rétrécissent de fait.

Afin de pallier l’augmentation des prix, Valérie Goupil a été contrainte de s’adapter. « On essaie de réduire le nombre de kilomètres à vide. On fait beaucoup de transports simultanés avec plusieurs clients à la fois. Les gens sont d’accord. Cela ne les dérangent pas. »

Un véhicule électrique ?

Si elle ne sait pas encore si elle participera au mouvement du 17 septembre, elle se décidera en fonction de la prise de position de la corporation des taxis, Valérie précise en même temps : « Je suis sensible comme d’autres au réchauffement climatique. Et il faudra bien sortir des énergies fossiles. Pourquoi pas acheter un véhicule électrique pour le ramassage scolaire ? Mais il faudra que l’État accorde des aides conséquentes car ces voitures sont très chères. Il est question d’interdire à moyen terme les diesels. Si je dois racheter d’un coup six véhicules électriques, je peux tout de suite mettre la clé sous la porte. L’année prochaine, un de mes taxis pour le ramassage scolaire et le transport de personnes handicapées aura dix ans et je ne pourrai donc plus rouler avec. Dois-je racheter un diesel car je n’oublie que nous effectuons quand même 80 000 kilomètres par an ? Je ne sais pas encore car le gouvernement n’a pas pris de position claire sur le sujet. Les choses peuvent vite évoluer. Et pas forcément dans le bon sens pour nous. »

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