Toulouse. Des ouvriers du BTP font grève par solidarité envers leur délégué du personnel harcelé


Les salariés de Vého constructions ont débrayé, mercredi 19 avril 2017, sur le chantier Ubris du quartier Andromède, à Toulouse, pour protester contre « les pratiques managériales » de leur employeur. Ces ouvriers évoquent des menaces de sanction, des mises à pied et un licenciement injustifiés, ainsi qu’un acharnement sur un de leurs collègues, délégué du personnel.

Un acharnement qui aurait pris une tournure inquiétante. En effet, un des salariés à déposé une attestation pouvant être produite devant la justice précisant que son patron lui avait demandé d’attirer le délégué du personnel dans un lieu isolé d’un chantier pour « le frapper avec un madrier sur la tête et faire en sorte qu’il n’y ait pas de témoin », rapporte Laurent Grosjean, délégué CGT construction.

Une situation qui s’envenime depuis juillet 2016

Le syndicaliste a déjà connu des relations tendues au sein de certaines entreprises, mais l’affaire est inédite pour lui. « Il y a eu des reproches sur le manque de respect et sur la qualité du travail de part et d’autre, mais il n’y avait pas de situation explosive comme on peut le voir parfois, donc c’est assez étonnant ».

Tout aurait commencé en juillet 2016, lorsque cette entreprise de 25 salariés en CDI a élu son délégué du personnel. À l’époque, le représentant CGT précise qu’il n’y avait aucun contentieux particulier entre le dirigeant de Vého Constructions et ce salarié. Mais à partir du moment où il a été élu, l’ambiance aurait tourné au vinaigre dans l’entreprise. Annulation des primes, retards sur les paies, menaces de sanctions… La situation était devenue telle qu’une première grève de deux jours a eu lieu, en septembre 2016.

Au début, les ouvriers voulaient tous partir, raconte Laurent Grosjean qui était déjà intervenu dans l’affaire à ce moment-là. On avait négocié, et on pensait que le patron avait compris, donc on était confiant.

Sauf que depuis cette date, la situation n’a cessé d’empirer.

Une plainte déposée au commissariat, l’inspection du travail saisie

Dernièrement, un salarié aurait été licencié pour avoir « saboté son travail », rapporte le représentant CGT. Un licenciement injustifié d’après lui. Il précise : « On lui a reproché qu’il faisait exprès, qu’il ne savait pas travailler… C’est un ouvrier qualifié qui a 59 ans, ça fait 30 ans qu’il est maçon. C’est une insulte pour lui ».

Les tensions entre le patron et le délégué du personnel ne se sont pas arrangées, elles non plus, puisque l’ouvrier a fait l’objet de deux mises à pied qu’il a contestées, d’une menace de licenciement, sans compter qu’il aurait été envoyé seul sur un chantier à l’autre bout de la Haute-Garonne. Laurent Grosjean conteste fermement cette décision :

C’est impossible qu’un délégué du personnel soit isolé sur un chantier. L’entreprise a sept chantiers à Toulouse en ce moment, donc on peut le mettre chef d’équipe sur un de ces chantiers, ce n’est pas la peine de l’envoyer au fin fond du département !

L’inspection du travail a déjà été saisie sur l’ensemble de cette affaire et une plainte a été déposée au commissariat de Toulouse concernant la menace d’atteinte à l’intégrité physique du délégué du personnel. Le mouvement de grève, quant à lui, pourrait continuer : « Les gars ne veulent pas lâcher », assure Laurent Grosjean, « ils sont solidaires. C’est une question de dignité et de respect ».

Au moment de la publication, le patron de Vého constructions n’avait pas encore répondu à nos sollicitations.

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