DINER in the dark


Lundi soir. On s’apprête à vivre une expérience à laquelle je voulais me frotter depuis longtemps. L’exercice périlleux mais pas tâche du diner dans le noir. J’avais entendu parlé des tables parisiennes, où les participants sont plongés dans la complète obscurité, guidés par un personnel non voyant. Cette fois, c’était à Toulouse que le diner avait lieu, au casino Barrière, organisé par le LEO Club Toulouse Hermès Capitole. Avec un concept un peu différent…

Une diner dans le noir en faveur de l’Association les Cannes Blanches Electroniques (ACBE) : voilà qui nous faisait allier l’utile à l’expérience inédite. J’ai donc réservé une table pour ce diner dans le noir caritatif à 35€. Au Casino Barrière. Hâte.

A notre arrivée, c’est une petite déception : la lumière est allumée et c’est un bandeau noir, à mettre sur les yeux que l’on nous remet. Comme pour les vols de nuit sur Air France. Il n’est donc ni question de non-voyants, ni de totale obscurité. J’imagine que la version jusqu’au-boutiste était trop compliquée à organiser. On nous accueille tout de même chaleureusement avec un cocktail qui en appellera un second. On s’assoie, on scrute les gens qui nous entourent : plutôt âgés, des membres du LEO Club, des habitués… et quelques curieux ayant eu l’information sur les réseaux sociaux et cherchant aventure…comme nous.

Puis on attend : présentation du projet, de la soirée. Moi, je n’ai qu’une envie : enfiler mon bandeau et commencer à manger. Mais les serveurs n’ont pas attendu que je mette le bout de tissu sur mon nez : crotte de bique, j’ai aperçu mon entrée. Ce n’est pas grave, même si c’est tricher. Je saisie ma fourchette, je n’ai pas vu avec précision le contenu de mon assiette. Je tâtonne avec le couvert puis donne un coup franc pour attraper les aliments. Je les mène à ma bouche, les fais glisser sous ma langue, titille mes papilles pour déterminer les goûts : risotto, encornets et chorizo. Bingo. Pas si difficile.

Entre chaque plat, plus de masque sur les yeux des autres convives. Mais je refuse de regarder la lumière en face. Je suis ici pour jouer le jeu du noir. La suite arrive. Dinde, pommes de terre, champignons. Le plus difficile est de bien couper la volaille. Et d’attraper, en tâtonnant, son verre de vin. Mais bon, je joue sur l’entrainement et au bout d’un moment, je m’habitue. Jusque-là, le menu n’a rien de transcendant. Il manque le fait maison. Mais finalement, on n’est pas là pour ça. Ce soir, point de critique culinaire : l’expérience compte davantage. Je poursuis donc jusqu’au dessert : litchi, crème et fruits rouges. Délicieux.

Au final, c’est une soirée en demi-teinte : un expérience intéressante, sensible mais incomplète. L’obscurité, moins que de nous faire perdre nos sens joue plutôt les exhausteurs. De gouts, évidemment. Mais elle oblige à se servir d’avantage du toucher. Et de l’ouïe, pour écouter les conversations et le partage d’expérience sur les tables à côté. Nous partons à la fin du repas. Un peu sur ma faim.  Aujourd’hui, je suis encore avide de vivre l’expérience d’un véritable diner dans le noir.

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DINER in the dark

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