[Dossier] Phénix : les grandes surfaces dans la course à l’anti-gaspi

SECONDE VIE – Depuis quelques années, des entreprises spécialisées dans la lutte contre le gaspillage se développent. Parmi elles, Phénix propose aux supermarchés de la région de limiter leurs invendus et de leur trouver des débouchés tout en réalisant des économies.

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© Franck Alix

 

Un lundi matin au Super U de Belberaud, à quelques kilomètres au Sud de Toulouse. Sous la lumière des néons du magasin, des employés s’activent à ranger les produits dans les rayons. Avant l’ouverture des portes, ils ont extrait toutes les denrées qui s’approchaient de la date limite de consommation.

Ce sont ces produits qui intéressent Alice Hua et Marilou Dordet, respectivement directrice et chargée de projets chez Phénix Midi-Pyrénées. Cette entreprise accompagne, depuis 2015, les grandes surfaces afin de les encourager à donner une seconde vie aux aliments proches de la date de péremption.

Leur mission ce matin : vérifier que les denrées encore consommables ont été correctement triées pour être distribuées aux associations caritatives. Elles franchissent les portes des chambres froides du magasin. Un chariot contenant gaspachos, salades, yaourts et fromages est entreposé… « On forme les employés à réaliser un premier tri en se conformant à la loi. On leur conseille aussi de donner ce qu’eux-mêmes accepteraient de manger. Cela demande du temps et de l’engagement de la part du magasin », glissent Alice Hua et Marilou Dordet.

« On peut atteindre jusqu’à 85 à 90 % de valorisation des invendus ».

Alors, pour convaincre les grandes surfaces de sauter le pas, Phénix ne fait pas valoir l’argument éthique en premier lieu. « Les gérants sont surtout intéressés par les aspects financiers. Nous leur expliquons que nous allons limiter leur “casse”. » La casse, ce sont tous les invendus, les produits volés, brisés ou jetés car périmés. Le nerf de la guerre pour un magasin puisqu’elle « représente 1 % de leur chiffre d’affaires », selon la directrice régionale de Phénix.

Le supermarché peut défiscaliser jusqu’à 60 % de la valeur de ses dons : « Nous prenons une commission sur cette opération car nous leur assurons qu’une association, la plus locale possible, viendra toujours récupérer les denrées », explique Alice Hua. Au Super U de Belberaud, les Restos du Cœur ou l’association Revivre se relaient du lundi au vendredi. Dans la matinée, des bénévoles arrivent en camionnette. « Avant, on récupérait de tout, du consommable comme du pourri, on nous prenait un peu pour la benne à ordure. Désormais, c’est mieux trié », concède Roger, un bénévole. Le don du jour bénéficiera à une cinquantaine de familles. Depuis le début de l’année, le supermarché a ainsi redistribué l’équivalent de 84 000 euros. Soit 31 811 kilo de nourriture sauvée, représentant 63 621 repas.

Mais pour Phénix, l’enjeu est d’agir sur toute la chaîne du gaspillage. En collaboration avec la start-up Zéro Gâchis, elles proposent aux supermarchés de faire du “stickage”, c’est-à-dire d’ouvrir un rayon de déstockage des aliments qui s’approchent de la date de péremption. « Le magasin récupère ainsi du chiffre d’affaires. Et en suivant le flux des produits qui se retrouvent régulièrement dans ce rayon, elle peut mieux gérer ses futures commandes », argumente la directrice. Pour les denrées qui ne sont plus consommables, Phénix démarche également des éleveurs ou des zoos afin de trouver des débouchés aux biodéchets et réaliser des économies sur leur traitement. « Si toutes ces actions sont mises en place, on peut atteindre jusqu’à 85 à 90 % de valorisation des invendus », avance Alice Hua.

 

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[Dossier] Phénix : les grandes surfaces dans la course à l’anti-gaspi

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