« C’était lundi 16 février, vers 8 h 10. En sortant du métro, deux personnes, cagoulées et armées d’un couteau, ont commencé à me poursuivre. Lorsqu’ils étaient à environ dix mètres derrière moi, j’ai décidé de partir en courant. Ils m’ont poursuivi pendant environ 100 m. Nous avons traversé une partie du boulevard Pierre et Marie Curie et j’ai finalement rejoint des personnes devant moi (pour me réfugier, NDLR). Les deux hommes se sont arrêtés, puis sont repartis rapidement. »Si l’histoire de cet élève de Toulouse, souhaitant rester anonyme, se finit (à peu près) bien, ce n’est malheureusement qu’une exception. Voici ce que l’on sait de cette affaire.
« Du deal, de la prostitution » et maintenant des agressions
Depuis fin janvier 2026, les agressions se sont anormalement multipliées aux alentours de la station de métro Barrière de Paris, qui est empruntée par un grand nombre d’élèves du lycée Toulouse-Lautrec.
« On a eu du deal, de la prostitution, mais des faits comme cela, on n’en avait jamais eu », reste stupéfaite Sylvie, employée depuis plus de 25 ans à la boulangerie Didier Le Meur, qui fait face à la bouche de métro.
« Ils m’ont roué de coups »
C’est justement dans ce secteur, que deux autres élèves ont été pris pour cible, les 26 janvier et 11 février derniers. Eux aussi par deux mystérieux individus cagoulés.
L’un de ces lycéens raconte dans un post anonyme sur Instagram :
« Je rentrais chez moi lorsqu’ils m’ont attrapé et mis sur le côté. Ils m’ont demandé de vider mes poches. J’ai refusé et essayé de partir, mais ils m’ont rattrapé. Ils m’ont roué de coups en me mettant au sol. Puis, ils m’ont relevé et m’ont mis un couteau sous la gorge en me tenant. J’ai sorti mon téléphone, un iPhone 14 pro, et ils me l’ont pris, avant de partir en courant dans la rue de Crimée, à 20 m du métro. »
Le lycée au courant de la situation
Face à cette augmentation du nombre d’agressions, un parent d’élève a notamment alerté de la situation sur un compte Facebook destiné aux habitants du nord-est de Toulouse.
Quant au lycée, mis au courant des faits par les adolescents, il aurait tardé « à agir au début », nous assure une élève de classe de première. « Au bout d’une semaine, ils ont envoyé un message aux parents d’élèves pour dire qu’il y avait des vols de téléphone et qu’ils avaient prévenu la police, mais ils n’ont jamais parlé de couteau », affirme-t-elle.
Un contexte général de violences accrues
Effectivement, le jeudi 12 février dernier, l’établissement a bien envoyé un mail aux parents des 1 500 étudiants. Un message qui évoque l’omniprésence du phénomène d’agression en ce moment.
« Au regard de la situation particulière de violence dans les établissements scolaires ces derniers temps, le ministre de l’Éducation nationale nous demande de vous transmettre un courrier à votre intention (un texte sur le harcèlement, NDLR). Je profite de ce message pour vous informer que, en quinze jours, deux élèves ont été agressés (il y en aurait eu plus depuis, NDLR) aux abords de la station de métro et se sont fait voler leur téléphone », écrit le proviseur, Erick Charney.
Dans son message, il conseille également aux élèves de ne pas hésiter « à signaler toute situation de violence » et à « circuler autant que possible en groupe, et non de manière isolée ».
Les agresseurs seraient de jeunes hommes
Une recommandation des plus importantes au vu de la méthode des agresseurs. Selon des témoignages concordants, il s’agirait de deux hommes âgés de 16 à 18 ans, souvent habillés en noir ou en bleu marine, utilisant un sac de cours pour cacher leur couteau. Ils chercheraient à voler, essentiellement, des iPhones. Des téléphones haut de gamme, qu’ils pourraient ensuite revendre à un très bon prix.
Ils se placeraient à proximité de la bouche du métro, tantôt devant le McDonald’s ou le Pizza Hut, tantôt à côté de la boulangerie. Sylvie, l’employée de cette dernière, assure, de son côté, « n’avoir pas remarqué les potentiels agresseurs ».
Un habitant du quartier, rencontré au bar-tabac voisin, La Salade, nous indique cependant « avoir remarqué une plus forte présence policière depuis quinze jours ».

Une opération de sécurisation en cours
De son côté, la police confirme qu’elle mène effectivement « une opération de sécurisation des établissements du secondaire où des soucis ont été signalés », dont fait partie le lycée Toulouse-Lautrec.
Concrètement, des agents de police assurent des patrouilles aux principales heures d’entrée et de sortie de cours, soit 8 h et 17 h, mais pas que : « On n’a pas d’heures fixes, on surveille aussi de manière aléatoire, c’est efficace ».
Des enquêtes en cours
Par ailleurs, la police confirme le dépôt de plusieurs plaintes. Des enquêtes sont en cours.
Ces agressions font partie « d’un phénomène national, qui n’est pas spécifique à Toulouse », bien que « toute l’agglomération soit concernée depuis la rentrée (de septembre, NDLR) ».
Certains élèves apeurés, d’autres pas inquiets
Quant aux élèves, les principaux concernés, les réactions divergent. Rencontrés sur place, certains assurent ne pas être « trop inquiets ». « Je ne me sens pas menacé », lance Anis, avant que son ami Mehdi n’explique : « ils savent à qui s’en prendre (aux élèves seuls, NDLR) ».
D’autres « vivent dans la peur et n’osent plus prendre le métro », nous assure une élève de première, qui déclare ne pas voir de forces de l’ordre aux horaires importants. Et d’ajouter : « Mes amis essaient de se faire ramener par leurs parents. »
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