Aéroport Toulouse-Blagnac : quels sont les risques à habiter dans le couloir aérien ?

Les communes situées dans le couloir aérien de l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) sont fortement impactées par les nuisances sonores, et l'immobilier en prend un coup.

Les communes situées dans le couloir aérien de l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) sont fortement impactées par les nuisances sonores, et l’immobilier en prend un coup. (©Illustration / Adobe Stock)

Mardi 19 novembre 2019, une pièce d’un avion Airbus a été retrouvée dans le jardin d’une famille, habitant dans la commune de Daux (Haute-Garonne), au nord de Toulouse. Mais outre ce bout d’avion tombé du ciel, quand on vit en plein dans un couloir aérien, à quoi faut-il s’attendre ? 

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Les nuisances sonores au cœur des débats

Le premier risque, lorsque l’on vit dans un couloir aérien, ce sont bien évidemment les nuisances sonores. La nouvelle phase de test du changement des trajectoires des avions au décollage, commencée en mai 2019, vise à « réduire les nuisances sonores » et à « limiter la pollution atmosphérique ». Avec, pour conséquence : moins de bruit pour les habitants de certaines communes, tandis que d’autres en constateraient davantage…

Selon les chiffres annoncés lors de l’étude d’impact (mandatée par l’aéroport Toulouse-Blagnac), avec cette expérimentation, 1 813 habitants de Merville bénéficieraient d’une amélioration de la situation, au détriment de 25 habitants à Daux qui, eux, seraient davantage impactés. Des chiffres contestés par l’association Daux Environnement.

« Davantage de courriers » selon la DGAC

Alors que la phase d’expérimentation est toujours en cours, Frédérique Melous, de la Direction de la sécurité de l’aviation civile (DGAC), affirme à Actu Toulouse que :

La DGAC a reçu plus de courriers qu’avant, notamment de la part des élus des communes concernées, sur les nuisances sonores. Il n’y a pas plus de plaintes qui ont été enregistrées chez nous à ce jour, mais je pense que l’Aéroport Toulouse-Blagnac a dû en recevoir davantage de la part des collectifs.

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Faut-il craindre des chutes de pièces d’avions ?

Suite à la trouvaille d’une pièce d’un avion Airbus dans le jardin d’un habitant de Daux, faut-il craindre ce risque, quand on habite dans le couloir aérien ? 

Rappelons que le 19 novembre 2019, une famille dauxéenne, a récupéré une pièce d’un appareil Airbus dans son jardin. La pièce d’un mètre sur cinquante centimètres, avec la marque « Airbus ». Contacté par Actu Toulouse, l’avionneur confirme la chute d’une pièce d’un avion, mais ni l’avion en question ni les raisons de cet incident ne sont encore connus : « Une enquête est en cours en interne ».

Alors, est-ce un réel danger ? Présidente du Collectif contre les nuisances aériennes dans l’agglomération toulousaine (CCNAAT), Chantal Beer-Demander affirme que « les chutes sont rares ». Même constat pour Valérie Sanchez, membre active de Daux Environnement, qui confirme que les chutes de pièces sont très exceptionnelles : « C’est rare et exceptionnel, donc la crainte n’habite aucun Dauxéen ».

Frédérique Melous est sur la même ligne :

Il n’y a aucune raison de craindre cela. Depuis 2005 sur le plan national, aucun mort ni aucun blessé dû à des chutes de pièces ont été recensés. Bien sûr, un incident similaire à celui de Daux peut arriver quand on vit dans un couloir aérien, mais il ne faut pas en avoir peur.
Quant à l’affaire en avril 2019 d’une pièce d’un avion qui aurait atterri sur le toit d’une maison à Tournefeuille, il n’y a pas de bout d’un quelconque avion qui a été retrouvé. 

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Les prix de l’immobilier sont-ils impactés ?

C’est l’un des autres effets boomerang de la vie dans un couloir aérien : les conséquences sur le prix de l’immobilier. Anne-Marie R., habitante de la commune de Daux, a acheté sa maison il y a de cela quatre ans. Arrivée dans le village de presque 2 500 habitants pour sa tranquillité, elle redoute le changement de trajectoire des avions… L’habitante assure qu’à l’époque, les passages d’avions étaient moins fréquents : « Je peux vous garantir que les passages aériens étaient rares. Mais désormais, je souffre d’hyperacousie qui me génère du stress, et de pathologies liées à ce stress dont une maladie rare. Rajoutez à cela un an de travaux supplémentaire lors de notre achat… ». 

Pas prête de quitter le village pour le moment, Anne-Marie confie tout de même que :

Certains habitants ont peur de la dépréciation de leurs biens. Quelques-uns ont même déjà mis en vente leur maison, de peur que les prix baissent dans le futur.

Un fait confirmé par les agences immobilières de Merville et de Daux.

Marie Bouisseren

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