Municipales 2020 à Toulouse : Quentin Charoy mènera une liste pour « porter la voix des animaux »

Quentin Charoy sera la tête de liste du Parti animaliste pour les élections municipales 2020 à Toulouse

Quentin Charoy sera la tête de liste du Parti animaliste pour les élections municipales 2020 à Toulouse (©DR)

En pleines vacances de Noël, entre la dinde et le chapon, le Parti animaliste s’invite dans la campagne des Municipales 2020 à Toulouse. C’est un jeune militant de 25 ans qui sera tête de liste dans la Ville rose de cette jeune formation politique, créée en 2016. Objectif ? « Porter la voix des animaux et de ceux qui la défendent », glisse Quentin Charoy. Avant d’emmener « Toulouse Animaliste », cet ex-moniteur-éducateur, devenu entrepreneur (il va bientôt ouvrir un restaurant – végétal, bien sûr – aux Carmes) a déjà porté les couleurs animalistes : il était en 40e position sur la liste nationale du parti, lors des élections européennes.

Une cinquantaine de listes en France

Et ce sont justement ces résultats honorables lors des dernières Européennes (2,16 % en France, et 1,51 % à Toulouse) qui l’ont encouragé à présenter une liste dans la quatrième ville de France. Par ailleurs référent départemental en Haute-Garonne du Parti animaliste, Quentin Charoy relève :

Notre score des élections européennes était encourageant, pour un nouveau parti. Même si on n’était pas très présent dans les médias, au final, on s’est retrouvé au même niveau que de vieilles formations politiques, comme le Parti communiste ! C’est un courant positif. L’idée nous est donc venue de présenter des listes aux Municipales. L’objectif est d’être dans une cinquantaine de villes de France.

« À Toulouse, rien n’est fait pour les animaux »

Sur Toulouse, Quentin Charoy considère que « rien n’est fait pour les animaux ». Il étaye :

Il n’y a jamais eu de candidat qui défende la protection des animaux à Toulouse. Il n’y a personne qui s’y intéresse, donc on se présente…

La tête de liste estime par ailleurs que sa formation politique dispose « d’une bonne base de Toulousains intéressés par la cause animale ».

« Nous avons une liste complète »

« On a commencé à chercher des colistiers cet été, on a finalisé la liste début décembre », annonce Quentin Charoy. Il poursuit :

Nous avons une liste complète de 35 hommes et 34 femmes, une liste 100 % autonome du Parti animaliste. Contrairement aux autres, c’était moins évident pour nous de trouver des hommes que des femmes ! Mais en fin de compte, on n’a pas eu de grande difficulté à monter cette liste… C’est ce qui nous conforte dans l’idée qu’on a toute notre place dans cette élection.

« La liste est prête, le programme est en train d’être finalisé. Il sera centré sur les animaux et présenté le 10 janvier ». Quentin Charoy et les membres de « Toulouse animaliste » battent déjà la campagne en ville : « On a commencé à aller à la rencontre des Toulousains sur les marchés. On a pas mal de retours positifs, notamment grâce aux élections européennes. Les gens ont des animaux de compagnie et voient bien qu’ils pourraient être mieux traités à Toulouse ».

Une discussion vaine avec Archipel Citoyen

Cette formation qui compte « environ 80 militants actifs sur la métropole » fonde des espoirs (très) ambitieux sur ce scrutin : « On vise les 10 %, mais au-dessus de 6 ou 7 %, ce sera déjà très bien », gage Quentin Charoy. Quel que soit le score, à l’heure des comptes au soir du premier tour, ces quelques points manqueront inéluctablement dans l’escarcelle d’autres listes, à commencer par celle de l’écologiste Antoine Maurice, tête de liste d’Archipel Citoyen…

Quentin Charoy ne le nie pas, mais considère « qu’on va surtout toucher des électeurs et électrices qui en ont marre des partis traditionnels, des gens proches de refuges, qui attendent de vraies réponses de la Municipalité ». Et il concède également avoir discuté d’un rapprochement avec la liste emmenée par Antoine Maurice :

On a eu une petite discussion avec Archipel Citoyen, pour voir comment ils se positionnaient par rapport aux animaux. Cela n’a pas été concluant. Il n’y a pas eu de réel engouement sur le fait d’avoir des animalistes sur leur liste. On n’avait pas envie de mettre au rabais nos convictions et notre programme. On a des points programmatiques précis, on ne voulait pas en voir certains disparaître. Nous avons décidé de nous présenter de manière autonome.

Lire aussi : Municipales à Toulouse. Antoine Maurice (Archipel Citoyen) : « Le rassemblement, il est là ! »

« Végétaliser les repas à la cantine et dans les EHPAD »

Quant à savoir ce que proposera « Toulouse Animaliste », le programme sera composé « d’une centaine de mesures centrées sur les animaux dans l’optique d’une ville plus juste et respectueuse de tous et de toutes ». Un inventaire qui, selon Quentin Charoy, laissera une place de choix à « l’éducation et l’alimentation des enfants », avec « une alternative végétarienne en option à la cantine tous les jours, deux repas végétariens ou végétaliens obligatoires par semaine ». Cette liste entend « en faire de même au niveau des EHPAD, avec des repas végétals pour les personnes âgées (les cuisines centrales de la mairie alimentent en effet 14 restaurants seniors à Toulouse, ndlr). Il faut également faire en sorte que les personnes âgées puissent avoir des animaux de compagnie dans les EHPAD ».

Caniparcs, pigeonniers contraceptifs et animaux dans les parcs

Sur le volet urbanisme, le parti animaliste veut « créer des espaces partagés dans les quartiers de Toulouse avec des caniparcs, des espaces pour les enfants et de la végétation ». Il compte également « autoriser les animaux de compagnie dans tous les parcs et jardins de la ville ». De même, il s’engage à « créer des pigeonniers contraceptifs ».

Une délégation de la protection animale

Au conseil municipal, le Parti animaliste veut constituer « une délégation à la protection animale » pour défendre leurs intérêts. Il promet encore de « créer une cellule municipale “Urgences Animaux” », d’apporter « une aide financière et matérielle aux associations de protection animale », de n’accorder « aucune subvention aux activités génératrices de souffrances pour les animaux », de mener « une campagne de stérilisation des animaux errants avec l’aide des refuges et des associations », de bâtir « des dispensaires vétérinaires municipaux pour aider les animaux et la population plus précaire ».

« Interdire les cirques avec animaux »

Autre priorité de la liste : « Interdire les cirques avec animaux, en prenant un arrêté municipal » à cet effet. Quentin Charoy précise : « Nous avons bien conscience que cet arrêté pourrait être rejeté par la préfecture, mais il faut faire comprendre que ces cirques n’ont rien à faire à Toulouse. La municipalité peut par ailleurs les empêcher ou les contraindre à ne pas venir sur la commune, en contrôlant notamment davantage les troubles à l’ordre public, ou les conditions dans lesquelles sont détenus les animaux. Il faut aussi mettre davantage en avant les cirques sans animaux et les privilégier ». Cette interdiction ne vise pas seulement les animaux sauvages, mais tous les animaux : 

Pour nous, un animal n’a pas à être donné en spectacle devant de nombreuses personnes avec du bruit, de la musique forte et des lumières agressives. Que ce soit un lion, un éléphant, un chat ou un chien.

« Une démocratie participative »

Le parti animaliste envisage en outre de « proposer des animations culturelles autour de l’animal pour les enfants et les adultes ». Et enfin de « mettre en place une démocratie participative en créant des référendums d’initiative citoyenne, et en instaurant des budgets participatifs pour mettre les habitants au cœur de la politique de la ville, en prenant aussi en compte l’intérêt des animaux qui vivent sur le lieu du projet ». Une griffe animaliste, dans tous les dossiers.

À Montpellier, vers une alliance… avec Rémi Gaillard
Le Parti animaliste compte faire entendre sa voix pour ses élections municipales partout en France. « Suivant les opportunités ou ce qu’on nous propose, on peut soit monter notre propre liste, soit s’allier à d’autres listes de droite ou de gauche, qui considèrent vraiment que la cause animale est une priorité », étaye Quentin Charoy. « La couleur politique n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est que la tête de liste soit sincère dans ses convictions par rapport aux animaux ». À Montpellier (Hérault) par exemple, des discussions sont en cours entre le Parti animaliste et l’humoriste Rémi Gaillard – par ailleurs ardent défenseur de la cause animale – qui est en course pour les Municipales…
Lire aussi : Municipales à Montpellier : le « roi du canular » Rémi Gaillard a annoncé sa candidature le 10 décembre

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