Municipales à Toulouse. Entre la droite et le RN, un jeune commercial mènera une « liste patriote »

Florian Lebrun, un technico-commercial dans l'aéronautique de 30 ans, et admirateur de Nicolas Dupont-Aignan, sera tête de liste DLF à Toulouse

Florian Lebrun, un technico-commercial dans l’aéronautique de 30 ans, et admirateur de Nicolas Dupont-Aignan, sera tête de liste DLF à Toulouse (©DR)

C’est une première à Toulouse : une liste Debout la France (DLF), le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, est en passe de se constituer pour les élections municipales 2020. Lors des deux précédents scrutins, en 2008 et 2014, le parti alors emmené localement par Olivier Arsac (devenu adjoint au maire en charge de la sécurité), avait appuyé la candidature de Jean-Luc Moudenc (LR). Mais depuis la présidentielle 2017 et le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen (Rassemblement national), l’adjoint à la sécurité a quitté Debout la France… Et si Olivier Arsac est resté dans le giron du maire, à la ligne plus modérée, son ex-parti entend voler de ses propres ailes.

Lire aussi : Olivier Arsac, adjoint au maire de Toulouse, refuse de se rallier au FN et quitte Debout la France

Alliés aux Patriotes de Florian Philippot ?

« Nous constituons une liste qui fait appel à l’ensemble des patriotes toulousains », témoigne Damien Jeanne, secrétaire départemental de Debout la France en Haute-Garonne. Il indique à Actu Toulouse :

Des associations citoyennes bien connues de l’hypercentre toulousain et quelques personnalités locales vont nous rejoindre. Et nous sommes en discussions très avancées avec des partis politiques, comme Les Patriotes de Florian Philippot (l’ex-bras droit de Marine Le Pen désormais dissident, ndlr), qui sont prêts à nous rejoindre

Cette liste sera « composée d’hommes et de femmes motivés et intègres », indique le mouvement, qui entend faire de la place aux « Toulousains amoureux de leur ville, si tant est qu’ils acceptent notre programme et nos idées ».

Un jeune technico-commercial tête de liste

Qui mènera la liste ? D’après nos informations, la question est déjà tranchée, et l’annonce est prévue en fin de semaine. Le comité directeur de DLF se réunit jeudi 28 novembre, pour officialiser le choix du chef de file, mais il n’y aura qu’un seul candidat : Florian Lebrun. Âgé de 30 ans, ce technico-commercial dans l’industrie aéronautique à Toulouse, a rejoint Debout la France en 2016, un an avant la présidentielle. « Et je n’ai jamais été investi en politique avant », assure la future tête de liste.

Cet admirateur de Nicolas Dupont-Aignan, dont il loue « le courage politique dont il a fait preuve en 2017 » (rejoindre Marine Le Pen, ndlr), estime que sa candidature dans la course au Capitole était « une évidence » et entend, lors de ces Municipales, « marquer la présence de DLF dans une grande agglomération française », pour, argue-t-il, « montrer comment on est capable de se mobiliser sur Toulouse ».

Pour DLF, Jean-Luc Moudenc « tend sérieusement à gauche »

Damien Jeanne l’assure : « Il n’y a pas de discussions ou d’échanges, ni avec le candidat du Rassemblement national Quentin Lamotte, ni avec le candidat Les Républicains Jean-Luc Moudenc ». L’appui des Macronistes au maire sortant de Toulouse a-t-il été un élément déclencheur ? Le secrétaire départemental de Debout la France souffle : 

Il est soutenu par La République en Marche, ce qui nous pousse d’autant plus à monter notre liste ! Il n’est pas totalement de droite, il tend quand même sérieusement à gauche, du moins au centre. Même s’il garde quelques personnes de droite dans sa majorité, des vrais gaullistes…

Lire aussi : Municipales à Toulouse : après le soutien de LREM, Jean-Luc Moudenc reçoit celui… des Républicains

« Un juste milieu entre LR et le RN »

Debout la France estime qu’il existe une fenêtre de tir à Toulouse entre la ligne incarnée par Jean-Luc Moudenc et celle de Quentin Lamotte. C’est en tout cas l’idée de Damien Jeanne :

Il y a un juste milieu entre LR et le RN, et DLF représente ce juste milieu. C’est notre slogan historique : ‘ni système, ni extrême’. Jean-Luc Moudenc, c’est le système. Quentin Lamotte, c’est l’extrême.

« On veut se démarquer du RN »

« Jusqu’à ce jour, les Toulousains avaient pour choix, une majorité sortante qui certes a agi sur les sujets essentiels, mais faiblement, sans mesures fermes, une liste RN avec un programme national dont on connaît les limites, et une gauche qui a déjà démontré toute son incompétence et dangerosité dans les années passées », soulève le parti, pour justifier la création de sa liste. Damien Jeanne relate :

Pour nous, lors de ces Municipales, l’objectif est d’implanter DLF à Toulouse. Depuis le second tour de la Présidentielle 2017, on veut nous rapprocher du RN, mais nous souhaitons nous en démarquer. Debout la France est un parti indépendant, et se présente comme tel.

« Faire alliance avec le RN à chaque échéance électorale, ça n’aurait pas d’intérêt, sinon autant fusionner les deux partis ! », embraye Florian Lebrun. « Nous avons des programmes politiques proches, mais pas similaires. Et nous allons marquer notre différence. Car même si nos scores sont plus faibles et notre parti moins gros, il faut qu’on existe ». Et pour « exister », les Municipales sont un passage obligé.

Sécurité, urbanisme, mobilité et écologie au programme

Que proposera Debout la France pour ces Municipales ? « Le programme est en cours d’édition », élude Damien Jeanne, mais il sera « très orienté sur les aspects sécurité, tranquillité au quotidien, urbanisme, écologie, mobilité et transports ». Le mouvement entend ainsi bâtir « un projet communal clair, précis, reprenant les sujets essentiels des concitoyens ». Florian Lebrun, qui ne cache pas son a priori « favorable au projet » de troisième ligne de métro, en dit (un peu) plus :

Le marqueur le plus fort sera la sécurité. Car il faut que chaque Toulousain puisse se promener dans les rues, de jour comme de nuit, sans craindre de se faire agresser ». Cela passe par accroître encore les effectifs de la police municipale, la vidéosurveillance, etc.

Lire aussi : Municipales à Toulouse. Jean-Luc Moudenc veut doubler le nombre de policiers municipaux dans les quartiers

« Debout Toulouse ! » devra trouver 69 noms

Reste un défi colossal pour Debout la France et ses alliés : trouver 69 noms (voire 71 puisque la loi le permet désormais), afin de boucler la liste qui devrait s’appeler « Debout Toulouse ! » Pas facile, dans la Ville rose. D’autant que chasser les candidatures entre Les Républicains et le Front national réduit forcément le champ des possibles… Damien Jeanne en est conscient, mais se veut optimiste : « Pour le moment, ça va. On a même beaucoup de postulants, il faut finaliser cela ! ».

Bonne ou mauvaise nouvelle pour Moudenc ?

Quant à savoir à quel score peut prétendre le parti dans la Ville rose, plutôt marquée à gauche socialement… Damien Jeanne indique : « Debout la France représente régulièrement 2,5 % des suffrages à Toulouse (2,49 % précisément lors de la dernière Présidentielle, ndlr). Pour ces élections municipales, on vise le double, environ 5 %, mais on veut surtout en profiter pour mettre en avant nos idées ».

Reste qu’à l’heure de faire les comptes, ces 2, 3 ou 5 % manqueraient probablement dans l’escarcelle du candidat du Rassemblement national… Et du coup, le spectre d’une triangulaire s’éloignerait. « C’est possible, mais nous traitons notre cas sans se soucier de ce que ça pourrait engendrer au RN », balaie Damien Jeanne. Alors, cette nouvelle liste à droite de la droite est-elle une mauvaise, ou une bonne nouvelle pour Jean-Luc Moudenc ?

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Municipales à Toulouse. Entre la droite et le RN, un jeune commercial mènera une « liste patriote »

Florian Lebrun, un technico-commercial dans l'aéronautique de 30 ans, et admirateur de Nicolas Dupont-Aignan, sera tête de liste DLF à Toulouse

Florian Lebrun, un technico-commercial dans l’aéronautique de 30 ans, et admirateur de Nicolas Dupont-Aignan, sera tête de liste DLF à Toulouse (©DR)

C’est une première à Toulouse : une liste Debout la France (DLF), le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, est en passe de se constituer pour les élections municipales 2020. Lors des deux précédents scrutins, en 2008 et 2014, le parti alors emmené localement par Olivier Arsac (devenu adjoint au maire en charge de la sécurité), avait appuyé la candidature de Jean-Luc Moudenc (LR). Mais depuis la présidentielle 2017 et le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen (Rassemblement national), l’adjoint à la sécurité a quitté Debout la France… Et si Olivier Arsac est resté dans le giron du maire, à la ligne plus modérée, son ex-parti entend voler de ses propres ailes.

Lire aussi : Olivier Arsac, adjoint au maire de Toulouse, refuse de se rallier au FN et quitte Debout la France

Alliés aux Patriotes de Florian Philippot ?

« Nous constituons une liste qui fait appel à l’ensemble des patriotes toulousains », témoigne Damien Jeanne, secrétaire départemental de Debout la France en Haute-Garonne. Il indique à Actu Toulouse :

Des associations citoyennes bien connues de l’hypercentre toulousain et quelques personnalités locales vont nous rejoindre. Et nous sommes en discussions très avancées avec des partis politiques, comme Les Patriotes de Florian Philippot (l’ex-bras droit de Marine Le Pen désormais dissident, ndlr), qui sont prêts à nous rejoindre

Cette liste sera « composée d’hommes et de femmes motivés et intègres », indique le mouvement, qui entend faire de la place aux « Toulousains amoureux de leur ville, si tant est qu’ils acceptent notre programme et nos idées ».

Un jeune technico-commercial tête de liste

Qui mènera la liste ? D’après nos informations, la question est déjà tranchée, et l’annonce est prévue en fin de semaine. Le comité directeur de DLF se réunit jeudi 28 novembre, pour officialiser le choix du chef de file, mais il n’y aura qu’un seul candidat : Florian Lebrun. Âgé de 30 ans, ce technico-commercial dans l’industrie aéronautique à Toulouse, a rejoint Debout la France en 2016, un an avant la présidentielle. « Et je n’ai jamais été investi en politique avant », assure la future tête de liste.

Cet admirateur de Nicolas Dupont-Aignan, dont il loue « le courage politique dont il a fait preuve en 2017 » (rejoindre Marine Le Pen, ndlr), estime que sa candidature dans la course au Capitole était « une évidence » et entend, lors de ces Municipales, « marquer la présence de DLF dans une grande agglomération française », pour, argue-t-il, « montrer comment on est capable de se mobiliser sur Toulouse ».

Pour DLF, Jean-Luc Moudenc « tend sérieusement à gauche »

Damien Jeanne l’assure : « Il n’y a pas de discussions ou d’échanges, ni avec le candidat du Rassemblement national Quentin Lamotte, ni avec le candidat Les Républicains Jean-Luc Moudenc ». L’appui des Macronistes au maire sortant de Toulouse a-t-il été un élément déclencheur ? Le secrétaire départemental de Debout la France souffle : 

Il est soutenu par La République en Marche, ce qui nous pousse d’autant plus à monter notre liste ! Il n’est pas totalement de droite, il tend quand même sérieusement à gauche, du moins au centre. Même s’il garde quelques personnes de droite dans sa majorité, des vrais gaullistes…

Lire aussi : Municipales à Toulouse : après le soutien de LREM, Jean-Luc Moudenc reçoit celui… des Républicains

« Un juste milieu entre LR et le RN »

Debout la France estime qu’il existe une fenêtre de tir à Toulouse entre la ligne incarnée par Jean-Luc Moudenc et celle de Quentin Lamotte. C’est en tout cas l’idée de Damien Jeanne :

Il y a un juste milieu entre LR et le RN, et DLF représente ce juste milieu. C’est notre slogan historique : ‘ni système, ni extrême’. Jean-Luc Moudenc, c’est le système. Quentin Lamotte, c’est l’extrême.

« On veut se démarquer du RN »

« Jusqu’à ce jour, les Toulousains avaient pour choix, une majorité sortante qui certes a agi sur les sujets essentiels, mais faiblement, sans mesures fermes, une liste RN avec un programme national dont on connaît les limites, et une gauche qui a déjà démontré toute son incompétence et dangerosité dans les années passées », soulève le parti, pour justifier la création de sa liste. Damien Jeanne relate :

Pour nous, lors de ces Municipales, l’objectif est d’implanter DLF à Toulouse. Depuis le second tour de la Présidentielle 2017, on veut nous rapprocher du RN, mais nous souhaitons nous en démarquer. Debout la France est un parti indépendant, et se présente comme tel.

« Faire alliance avec le RN à chaque échéance électorale, ça n’aurait pas d’intérêt, sinon autant fusionner les deux partis ! », embraye Florian Lebrun. « Nous avons des programmes politiques proches, mais pas similaires. Et nous allons marquer notre différence. Car même si nos scores sont plus faibles et notre parti moins gros, il faut qu’on existe ». Et pour « exister », les Municipales sont un passage obligé.

Sécurité, urbanisme, mobilité et écologie au programme

Que proposera Debout la France pour ces Municipales ? « Le programme est en cours d’édition », élude Damien Jeanne, mais il sera « très orienté sur les aspects sécurité, tranquillité au quotidien, urbanisme, écologie, mobilité et transports ». Le mouvement entend ainsi bâtir « un projet communal clair, précis, reprenant les sujets essentiels des concitoyens ». Florian Lebrun, qui ne cache pas son a priori « favorable au projet » de troisième ligne de métro, en dit (un peu) plus :

Le marqueur le plus fort sera la sécurité. Car il faut que chaque Toulousain puisse se promener dans les rues, de jour comme de nuit, sans craindre de se faire agresser ». Cela passe par accroître encore les effectifs de la police municipale, la vidéosurveillance, etc.

Lire aussi : Municipales à Toulouse. Jean-Luc Moudenc veut doubler le nombre de policiers municipaux dans les quartiers

« Debout Toulouse ! » devra trouver 69 noms

Reste un défi colossal pour Debout la France et ses alliés : trouver 69 noms (voire 71 puisque la loi le permet désormais), afin de boucler la liste qui devrait s’appeler « Debout Toulouse ! » Pas facile, dans la Ville rose. D’autant que chasser les candidatures entre Les Républicains et le Front national réduit forcément le champ des possibles… Damien Jeanne en est conscient, mais se veut optimiste : « Pour le moment, ça va. On a même beaucoup de postulants, il faut finaliser cela ! ».

Bonne ou mauvaise nouvelle pour Moudenc ?

Quant à savoir à quel score peut prétendre le parti dans la Ville rose, plutôt marquée à gauche socialement… Damien Jeanne indique : « Debout la France représente régulièrement 2,5 % des suffrages à Toulouse (2,49 % précisément lors de la dernière Présidentielle, ndlr). Pour ces élections municipales, on vise le double, environ 5 %, mais on veut surtout en profiter pour mettre en avant nos idées ».

Reste qu’à l’heure de faire les comptes, ces 2, 3 ou 5 % manqueraient probablement dans l’escarcelle du candidat du Rassemblement national… Et du coup, le spectre d’une triangulaire s’éloignerait. « C’est possible, mais nous traitons notre cas sans se soucier de ce que ça pourrait engendrer au RN », balaie Damien Jeanne. Alors, cette nouvelle liste à droite de la droite est-elle une mauvaise, ou une bonne nouvelle pour Jean-Luc Moudenc ?

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