Municipales à Toulouse. Jean-Luc Moudenc compte doubler les rues à 30 km/h et débitumiser les quartiers

Jean-Luc Moudenc veut que toutes les rues résidentielles de Toulouse, soit 80 % des voies, soient limitées à 30 km/h

Jean-Luc Moudenc veut que toutes les rues résidentielles de Toulouse, soit 80 % des voies, soient limitées à 30 km/h (©Illustration / Adobe Stock)

C’est dans le très symbolique secteur en plein essor de Montaudran que Jean-Luc Moudenc a présenté lundi 16 décembre 2019 ses premières propositions pour ramener « plus de qualité de vie en bas de chez soi » dans les quartiers de Toulouse.

Entre deux futures stations de la troisième ligne de métro, entre la nouvelle Halle de la Machine et les immeubles flambant neufs de l’Aerospace Valley (tel le B612), à deux pas de la future Jonction Est sur le périphérique, et dans un quartier où l’un des plus grands bidonvilles de Toulouse n’est plus depuis 2016, Montaudran incarne une vraie tranche de vie toulousaine. C’est donc ici, où il fut un temps maire de quartier, que le premier magistrat sortant, candidat à sa succession, a esquissé « la première partie » de ses propositions pour les quartiers. Car Jean-Luc Moudenc n’a de cesse de le rappeler : depuis 2014, « 90 % des investissements l’ont été dans les quartiers hors centre-ville ».

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150 millions d’euros pour les quartiers

Lundi, il a donc présenté un plan à 150 millions d’euros pour « l’embellissement et la création d’espaces publics accueillants et fonctionnels » dans ces quartiers. La moitié de cette enveloppe, soit 75 millions, serait pour aménager les abords des futures stations de la troisième ligne de métro. Resteraient « 50 millions pour les cœurs de quartier (environ 40) qui ne sont pas des stations de métro, et 25 pour les places et placettes qui ne sont ni stations de métro, ni cœurs de quartier ».

Pour comparaison, Jean-Luc Moudenc a indiqué que la municipalité sortante avait investi environ 60 millions d’euros dans un programme du même ordre sur le centre-ville lors de l’actuelle mandature.

Une « instruction concertée » des permis de construire

Estimant que « depuis mai dernier, l’urbanisation modérée est devenue la règle » à Toulouse, et que la Métropole est engagée dans une « décélération importante » pour en finir avec le « développement anarchique et débridé », Jean-Luc Moudenc a rappelé pourquoi il avait fallu cinq ans avant de sortir au printemps dernier le fameux PLUIH (Plan local d’urbanisme intercommunal et d’habitant) qui encadre davantage l’urbanisation : « C’était la première fois qu’il fallait s’accorder à 37 » (le nombre de communes dans la Métropole, ndlr), a-t-il défendu. Et c’est donc sur ce document que le candidat Moudenc compte désormais s’appuyer pour prôner la fameuse densité modérée.

Dans les quartiers qui connaissent « un développement urbain important, comme Montaudran, Saint-Simon et Lalande », Jean-Luc Moudenc promet « une nouvelle méthode d’instruction concertée des permis de construire, ciblée sur ces quartiers » en proie à la pression immobilière. L’idée, dit-il, c’est « d’examiner les permis de construire en amont, avec les comités de quartier ». Le premier magistrat confesse ainsi avoir tiré les leçons des « tensions à Saint-Simon », où les immeubles qui poussaient comme des champignons ont inquiété les riverains. Il revendique désormais « une démarche innovante de démocratie locale ».

Moudenc veut « mettre du Busquets et d’autres dans tout Toulouse »

En matière d’urbanisme, Jean-Luc Moudenc juge aussi que « les Toulousains ont pu voir, y compris ces derniers jours, notre capacité à embellir Toulouse et son patrimoine historique, lequel appartient à tous les Toulousains ». Il entend lors du prochain mandat instaurer « des concours d’architectes et de paysagistes, pour embellir les quartiers » et ainsi étendre les méthodes qu’il considère avoir éprouvées en hypercentre à l’ensemble de la commune :

Nous voulons pour les quartiers des aménagements du même niveau de qualité que pour l’hypercentre, en partant d’abord des places. Nous allons faire appel à des urbanistes de qualité et de renom, en s’appuyer sur le projet urbain, pour bâtir des projets d’aménagement et d’embellissement dans les cœurs de quartier. On veut mettre Busquets et d’autres architectes de ce niveau-là dans tout Toulouse.

De nouvelles places avec l’arrivée de la 3e ligne

Des quartiers de Toulouse qui seront pour beaucoup transfigurés avec la troisième ligne de métro. Un projet colossal dont il entend « faire une opportunité pour créer de nouvelles places ». Et de poursuivre :

Nous avons un impératif calendaire. La troisième ligne de métro sera en service en 2025 : je n’ai pas envie qu’autour, ce soit le désert et une déception urbaine. 

Jean-Luc Moudenc va ainsi s’atteler à « cibler les lieux et places où va arriver la troisième ligne de métro », dans l’optique de « concevoir les espaces avec des spécialistes dans les cœurs de quartier » :

Priorité sera donnée à la circulation des piétons et vélos, à la sécurisation des trottoirs. Avec bien sûr le parti pris de la végétalisation.

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Moins de goudron, plus de fontaines

Rappelant que son projet de « Nature en ville » doit également irriguer les quartiers, Jean-Luc Moudenc s’engage ainsi à « privilégier la création d’espaces non goudronnés, de fontaines qui soient sources de fraîcheur dans les quartiers ». Et à faire en sorte que « chaque Toulousain soit à moins de 5 minutes d’un jardin ».

Des programmes de végétalisation dont les priorités seront, dans les quartiers, tranchés localement, et pour lesquels Jean-Luc Moudenc a déjà repéré des priorités : « Le secteur Nord, Amouroux, Lafourguette, mais aussi les nouveaux quartiers, comme Paléficat, Malepeyre, Saint-Martin-du-Touch, Guillaumet, qui seront très végétalisés ».

Autres priorités : que la collectivité soit « plus volontariste sur l’achat de foncier » et qu’elle fasse « davantage de préemptions, y compris pour végétaliser, comme nous avons pu le faire à la Poudrerie ». Il s’agit aussi « d’amplifier l’opération ‘Des fleurs sur mon mur’ ».

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Débitumiser des places et des rues

Le candidat de la droite et du centre veut en outre « regarder avec les associations de quartier et les élus les endroits où on peut débitumiser » Toulouse. « À condition », prévient-il, « que techniquement, ce soit faisable et en réfléchissant surtout comment on les entretient… » Il appuie :

Les riverains des rues résidentielles à très faible fréquentation automobile pourront se regrouper pour demander à la collectivité de mettre à l’étude la suppression du bitume dans leurs rues.

De même, il veut « végétaliser les parcelles de voiries non utilisées pour la circulation » (terre-pleins centraux ou bas-côtés des routes), afin de « développer une biodiversité omniprésente dans nos quartiers ».

Jean-Luc Moudenc, entouré de quatre de ses colistiers, lundi 16 décembre 2019 à Montaudran, au moment de présenter ses propositions pour les quartiers de Toulouse

Jean-Luc Moudenc, entouré de quatre de ses colistiers, lundi 16 décembre 2019 à Montaudran, au moment de présenter ses propositions pour les quartiers de Toulouse (©G.L. / Actu Toulouse)

Passer à 30 km/h dans toutes les rues résidentielles

Ces quartiers, Jean-Luc Moudenc les imagine aussi davantage « apaisés et sécurisés ». Il appuie :

Si je suis élu, mon intention de faire en sorte qu’on passe à 30 km/h en ville dans toutes les rues résidentielles, pour ne conserver à 50 km/h que les grands axes de déplacement.

« Nous mènerons des concertations quartier par quartier, pour définir quels seront les axes structurants qu’on conserve à 50 km/h », poursuit Jean-Luc Moudenc, avant d’expliquer :

Il y a 40 % des voies toulousaines à 30 km/h, l’idée, c’est de doubler. La limitation à 30 km/h deviendra la norme.

Supprimer les feux, installer 60 radars pédagogiques

Le sortant, qui entend « dissuader les gens d’aller en voiture en ville, en faisant de l’incitation positive », veut également « renforcer davantage la modération de la vitesse aux abords des écoles et des rues très étroites, où elle serait abaissée à 20 km/h », et où piétons et cyclistes seraient prioritaires. Il s’engage à faire en sorte de « supprimer les feux » et de « mettre en place des ‘cédez-le-passage’ ». Et aussi à « installer 60 radars pédagogiques », sans verbalisation.

« L’ensemble de ces mesures dissuadera les automobilistes de prendre les raccourcis proposés par les GPS », estime le candidat soutenu notamment par LR et LREM, qui rappelle que ces propositions vont « de pair avec le doublement des effectifs de brigade de la police municipale dans les quartiers », qu’il avait déjà appelé de ses vœux.

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Végétaliser la place Abbal, offrir « un vrai cœur » à Saint-Agne

Enfin, Jean-Luc Moudenc a pris des exemples concrets de lieux qu’il entend transformer. Il veut ainsi débitumiser et végétaliser la place Abbal, qu’il juge « très minérale et pas belle ». Pour redorer le blason de ce lieu symbolique de La Reynerie, il entend y « installer des fontaines » et « renforcer la trame végétale ».

Sur l’avenue de l’URSS, près de l’actuelle station de métro Saint-Agne, où il s’agira plutôt de « doter le quartier d’un véritable cœur », il envisage un concours d’urbanistes « pour améliorer ça ». Idem du côté de la route d’Albi, à Croix-Daurade. Ou pour le quartier de Saint-Martin-du-Touch, à l’urbanisation « assez disparate » et qui a bien besoin selon lui d’un tel concours pour « amener une qualité urbaine ».

Quant aux places qu’il faudra « repenser pour faire émerger les stations de la troisième ligne de métro », Jean-Luc Moudenc met en exergue la place de l’Ormeau, la place Bories à Bonnefoy.

Un « lifting » qui, rassure Jean-Luc Moudenc, ne se limitera pas pour autant aux quartiers périphériques : «  Je n’imagine pas ne pas proposer aux Toulousains de refaire la place Jeanne-d’Arc. La gare de bus l’enlaidit et on s’en passera avec la 3e ligne de métro ».

Élu en 2014 (notamment) sur le projet phare de troisième ligne de métro, Jean-Luc Moudenc avait assuré lors de son entrée en campagne que ce nouveau mandat serait celui des chantiers de proximité. Après avoir été le premier à dégainer l’inventaire de ses colistiers, il est l’heure d’étoffer la boîte à idées.

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