Municipales. Franck Biasotto, candidat à Toulouse : « Moudenc s'est droitisé, on ne s'y retrouve plus »

Franck Biasotto conduira la liste "Toulouse, belle & forte" aux municipales, aux côtés du député (MoDem), Jean-Luc Lagleize.

Franck Biasotto conduira la liste « Toulouse, belle & forte » aux municipales, aux côtés du député (MoDem), Jean-Luc Lagleize. (©G.K. / Actu Toulouse)

Il entend incarner « les valeurs du centre ». Mercredi 18 décembre 2019, Franck Biasotto a annoncé sa candidature aux élections municipales et présenté une liste citoyenne, « Toulouse, belle et forte », soutenue par le MoDem et le député Jean-Luc Lagleize. À 50 ans, l’actuel adjoint de Jean-Luc Moudenc en charge du logement (pour combien de temps ?) fait donc le choix de présenter une liste dissidente à celle du maire sortant, qui s’enorgueillait jusque ici de rassembler toutes les composantes de la droite et du centre… Mais c’était sans compter sur le MoDem, qui part finalement en solitaire dans la bataille du Capitole. 

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« Le maire s’est droitisé, on ne s’y retrouve plus » 

Déterminé à « être présent au second tour », Franck Biasotto – adhérent de La République En Marche depuis 2016 (mais qui va être exclu par son parti, qui s’est engagé avec Jean-Luc Moudenc) explique : 

Le maire sortant part du constat que la liste RN sera au second tour des élections municipales. Il a donc fait un choix, celui de se droitiser. Le maire sortant n’est plus au centre. On ne s’y retrouve pas, on ne s’y retrouve plus. 

Franck Biasotto indique qu’il ne se reconnaît pas dans la liste de Jean-Luc Moudenc, qui compte « 19 colistiers Les Républicains (LR), des LR déguisés (il cite Annette Laigneau, Emilion Esnault et François Cholet, ndlr) et quelques marcheurs placés derrière un député, Jean-François Portarrieu, qui comme chacun le sait, est un des plus mauvais élèves de la classe à l’Assemblée nationale ». Le principal intéressé appréciera. 

Franck Biasotto bientôt exclu de LaREM ? 
Pierre Castéras, le référent départemental de La République En Marche, assure pour sa part à Actu Toulouse  : « On a pris acte de la déclaration de candidature de Franck Biasotto, qui d’ailleurs, n’a pas pris soin de me prévenir. Pour nous, la situation est claire. La République En Marche a passé un accord pour soutenir la liste de rassemblement Aimer Toulouse, menée par Jean-Luc Moudenc. On s’inscrit totalement dans cette démarche de coalition municipale. Nos statuts sont très clairs : il (Franck Biasotto) se met en marge de notre mouvement. J’ai saisi le bureau national afin de procéder à son exclusion. Il en sera de même pour tout adhérent qui rejoindra cette liste. C’est une aventure personnelle, un épiphénomène qui n’est motivé que par la déception et la rancœur ». D’après nos informations, Franck Biasotto ne s’est pas porté candidat pour figurer parmi les 8 LREM sélectionnés aux côtés de Jean-Luc Moudenc.

« Pas une liste de revanchards » 

« Je sais d’où je viens mais on se tourne vers l’avenir », poursuit cet agent immobilier de profession qui assure ne pas être guidé par l’amertume.  « Vous croyez que c’est une liste de revanchards ? Notre position est très claire : on a fait le choix de partir parce qu’on ne s’y reconnaît plus. Ce n’est pas une question de personnes, c’est une question de style ! Ce n’est pas un cabinet qui doit décider de tout ! », martèle le candidat, qui estime « qu’en six ans, le maire sortant a beaucoup évolué, beaucoup changé ».  

« Maintenant, il est très à droite de LR », renchérit Jean-Luc Lagleize qui rappelle le soutien de Jean-Luc Moudenc à la Manif pour tous et « le choix du maire sortant de ne pas célébrer lui-même de mariage homosexuel au Capitole ». Le député haut-garonnais ajoute :

Petit à petit, on s’est rendu compte qu’il y avait un manque de comptabilité entre les projets qui émergeaient.. Le bilan du maire est plutôt bon et nous y avons participé, donc je ne peux pas dire le contraire. Seulement, nous abordons une nouvelle ère. 

Il promet d’être « maire à temps plein »

Franck Biasotto ajoute :  « On a souhaité porter une liste citoyenne soutenue par le MoDem, pour porter les valeurs du centre. Historiquement, rappelons-nous d’une chose : Toulouse est au centre ». Parmi les 15 premiers colistiers qui ont été dévoilés, figurent des militants LREM et – outre Franck Biasotto et Jean-Luc Lagleize – trois autres membres de la majorité de Jean-Luc Moudenc : Marthe Marti, Françoise Roncato et Hélène Costes-Dandurand. « La liste est quasiment bouclée » confie d’ailleurs Franck Biasotto. 

Sur le fond, « Toulouse, belle et forte » entend « gouverner autrement ». Et s’il accède au Capitole, Franck Biasotto promet d’être « un maire à temps plein »

Nous estimons que le maire de Toulouse ne sera pas le président de la Métropole. Les Toulousains méritent bien un maire à temps plein. Nous sommes très attachés à la proximité. Pour consacrer pleinement son mandat aux Toulousains, il ne devra pas cumuler d’autres mandats, d’autres fonctions ou d’autres emplois divers. On ne peut pas tout faire ! 

Une critique directement adressée – sans le nommer – au maire sortant, qui cumule les fonctions de maire, président de Toulouse Métropole, président de France Urbaine, et qui occupe également un emploi de contrôleur général économique et financier. Depuis octobre 2019, le maire de Toulouse s’est d’ailleurs mis « en disponibilité » de cette fonction, pour libérer le temps nécessaire à sa campagne.

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« Dire qu’en 2025, la 3e ligne sera en fonction, c’est faux ! » 

Franck Biasotto, promet également de la « transparence ». Et attaque (encore) Jean-Luc Moudenc sur la 3e ligne de métro, un projet auquel le candidat de la liste Toulouse Belle et forte se dit d’ailleurs favorable. « Dire qu’en 2025, la 3e ligne sera en fonction c’est faux. Elle sera plutôt mise en service en 2028 », estime-t-il. « Je déclarerai mes revenus, ma déclaration de revenus, mes intérêts et ma déclaration de patrimoine. Et j’invite tous les têtes de liste à le faire », assure encore Franck Biasotto. 

Qu’est-ce qui différenciera la liste menée par Franck Biasotto de celle de Jean-Luc Moudenc ? « La méthode, la gouvernance et le projet », répond Jean-Luc Lagleize, qui assure à demi-mots qu’il n’est pas impossible que d’autres députés se joignent à sa démarche. Quant au programme, il sera présenté au fil des semaines.

Les 15 premiers noms de la liste 

Voici les 15 premiers noms de la liste « Toulouse, belle et forte »

  • Franck Biasotto, 50 ans (LREM, adjoint au maire en charge du logement, président de Toulouse Métropole Habitat, conseiller métropolitain, président du groupe Alliance majorité présidentielle au conseil municipal de Toulouse, agent immobilier). 
  • Jean-Luc Lagleize, 61 ans (député MoDem de la 2e circonscription de Haute-Garonne, conseiller municipal, conseiller métropolitain, président de la commission « aménagement et politique foncière » de Toulouse Métropole. 
  • Anne Assouline, 68 ans (société civile)
  • François Béglin, 67 ans (LREM)
  • Julien Boscherie, 45 ans (LREM)
  • Sophie Breton, 35 ans (société civile)
  • Hélène Costes-Dandurand, 54 ans (adjointe au maire de Toulouse, maire de quartier, société civile)
  • Nathalie Dupont-Ricard, 51 ans (société civile)
  • Philippe Garbarrou, 58 ans, (société civile)
  • Anne-Marie Iglesis, 59 ans (société civile)
  • Jean-Pierre Labadie, 62 ans (société civile)
  • Thomas Pedussaut, 46 ans (MoDem)
  • Marthe Marti, 58 ans (présidente du Modem 31, adjointe au maire, conseillère métropolitaine et maire de quartier)
  • Françoise Roncato, 55 ans (adjointe au maire, conseillère métropolitaine, maire de quartier, société civile)
  • Jérôme Sion, 48 ans (société civile)

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