Toulouse. Il s'était réjoui de l'assassinat d'un policier sur Facebook : la justice a tranché

La compagne de Benjamin Quiles, aux côtés de Cédric Delage (syndicat France Police, au centre) et Me Banamghar, devant le palais de justic de Toulouse, le

Sarah, la compagne de Benjamin Quiles, aux côtés de Cédric Delage (syndicat France Police, au centre) et Me Banamghar, devant le palais de justice de Toulouse, le 10 septembre 2019 (©Archives/Laurent Derne)

« Le jour-même de la mort de Ben, on a assisté à une déferlante sur les réseaux sociaux. Des gens se réjouissaient de sa mort alors qu’il venait d’être assassiné et laissait derrière lui une compagne enceinte. On ne peut pas l’accepter ». 

Ainsi s’exprimait Cédric Delage, du syndicat France Police, le mardi 10 septembre 2019, sur les marches du palais de justice de Toulouse.

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Apologie de crime par voie électronique

Ce jour-là, l’homme qui avait insulté sur Facebook la mémoire de Benjamin Quiles, ce policier en civil tué dans la file d’attente d’un food-truck, sur le parking d’une boîte de nuit de Sesquières, en juillet 2019, devait comparaître pour apologie de crime ou de délit par voie électronique et diffamation. Mais l’audience avait été renvoyée.

S’il était bien présent, en septembre, mal à l’aise et tassé sur son siège face à la forte présence policière dans les rangs du public, le prévenu, âgé de 30 ans, a déserté le palais de justice mardi 26 novembre 2019. C’est en son absence que le tribunal correctionnel l’a jugé.

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« On aurait préféré des excuses les yeux dans les yeux »

Reconnu coupable, il a été condamné à trois mois de prison avec sursis mise à l’épreuve, comportant l’obligation d’indemniser les victimes à hauteur de deux fois 500 euros pour la veuve et le syndicat, parties civiles dans ce dossier. Cédric Delage confie à Actu Toulouse :

Les réquisitions du procureur ont été suivies. Nous ne souhaitons pas nous acharner sur [cet internaute]. Il a le droit de ne pas aimer les forces de l’ordre. Mais j’espère qu’il aura compris qu’on ne peut pas déverser sa haine sur des personnes décédées, vis-à-vis de leurs proches ou de leurs collègues. Nous sommes un peu déçus qu’il ne se soit pas présenté à l’audience. Sarah, qui va bientôt mettre au monde la fille de Benjamin, aurait préféré entendre des excuses de sa bouche, les yeux dans les yeux, plutôt que par l’intermédiaire de son avocat, mais bon… La page est tournée. 

La justice l’a confirmé : non, on ne peut pas tout écrire. Chaque commentaire publié sur les réseaux sociaux devient public et tombe sous le coup de la loi. Ce que trop d’internautes semblent oublier, cachés derrière l’anonymat (tout relatif) de leur clavier.

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