Toulouse : la mairie veut installer 50 caméras supplémentaires dans les rues de la ville

Il y aura bientôt 450 caméras de vidéosurveillance dans les rues de Toulouse

Il y aura bientôt 450 caméras de vidéosurveillance dans les rues de Toulouse (©Illustration / MB / LaRep77)

La surprise du chef. Pour l’avant-dernier conseil municipal de la mandature, les élus de Toulouse doivent valider, vendredi 29 novembre 2019, le déploiement de 50 caméras de vidéosurveillance supplémentaires, dans l’optique « d’optimiser le maillage du réseau existant », explique la mairie dans sa délibération.

Une séance lors de laquelle le conseil devra également se pencher sur l’achat de pistolets à impulsion électrique (ou « tasers ») pour équiper les policiers municipaux. Un dernier tour de vis, avant de retourner aux urnes…

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21 caméras en 2014, 400 aujourd’hui

Le déploiement massif des caméras de « vidéosurveillance » (ou « vidéoprotection », c’est selon) dans les rues de la Ville rose, c’était une promesse du candidat Moudenc en 2014. Et depuis cette date, leur nombre a bondi de 21 à 400 sur l’ensemble du territoire. Le maire ne manque pas une occasion de rappeler que « la promesse a été tenue ». Adjoint au maire en charge de la sécurité, Olivier Arsac soulève : 

En 2014, on avait voté le principe d’étoffer le programme de 350 caméras supplémentaires, cet objectif a été rempli à la mi-mandat, en 2017. Mais depuis, le réseau continue de s’ajuster et de se développer, avec 10 à 15 nouvelles caméras par an. L’idée, c’est donc d’en débattre au conseil municipal, pour que les Toulousains soient informés de cette tendance…

Si le cap a été atteint, le réseau de vidéosurveillance poursuit son maillage à un « rythme de croisière lente », selon Olivier Arsac, qui entend ainsi répondre à une « délinquance qui évolue sur des points nouveaux au fil des années ».

Les caméras entraînent 9 000 signalements par an

Dans sa délibération, la mairie ne tarit pas d’éloges sur ces caméras, « qui contribuent tous les jours à la protection des Toulousains ». Et d’estimer :

Elles permettent l’interpellation de délinquants en flagrant délit et contribuent à la résolution d’enquêtes judiciaires, voire à sauver directement ou indirectement des vies humaines.

Toujours est-il que l’arsenal municipal donne du grain à moudre aux autorités judiciaires : chaque année, il entraîne « 9 000 signalements et demandes d’intervention auprès des services de police municipale ou nationale ». Et depuis 2014, « les 330 policiers municipaux ont pu interpeller en flagrant délit 2 300 délinquants grâce aux signalements ou avec l’appui des caméras », dont les enregistrements sont « devenus la clé de toutes les enquêtes de police judiciaire ». Dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes, la mairie relève que les caméras ont permis  « d’identifier, et de permettre le déferrement à la justice 27 des 37 casseurs interpellés de janvier à juin 2019 ».

10 fois moins de caméras qu’à Nice, selon la mairie

Malgré ces 400 caméras, la municipalité considère que « Toulouse accuse encore du retard sur la plupart des grandes villes françaises » en la matière. Elle indique que la Ville rose compte à ce jour « une caméra de vidéoprotection pour 1 180 habitants », contre une pour 967 habitants à Lyon, une pour 632 à Paris, une pour 534 à Saint-Étienne. Et même « une caméra pour 128 habitants à Nice », cinquième ville de France. Soit quasiment 10 fois plus qu’à Toulouse…

Pour combler ce « retard », la mairie veut donc « poursuivre la stratégie engagée en 2014 par un plan de déploiement de 50 caméras supplémentaires » pour un investissement de 1,05 million d’euros. À noter que « pour maintenir le ratio préconisé d’un opérateur pour 10 caméras », elle envisage aussi le recrutement de 7 agents supplémentaires, afin d’épauler les 38 opérateurs actuels. Ce qui implique une masse salariale annuelle supplémentaire de 174 000 €.

« Ces 50 caméras seront installées sur les prochaines années », précise Olivier Arsac, qui ajouter que « la prochaine municipalité aura le loisir d’affiner ce chiffre ».

Le débat est-il tranché ?

Rappelons qu’il y a quelques années encore, le déploiement de la vidéosurveillance était un débat sociétal très passionné en conseil municipal, soulevant notamment l’ire d’une partie de la gauche. Si les caméras semblent aujourd’hui se fondre dans le paysage, qu’en sera-t-il dans ce contexte de course au Capitole ? 

Si elle estime qu’il faut maintenir l’équipement en place, Nadia Pellefigue (PS) juge aussi qu’il faut redéployer les caméras inefficaces, « sans s’interdire d’en mettre de nouvelles ». Et que votera le conseiller municipal Antoine Maurice (EELV), fervent opposant à ces caméras (il déplorait en 2018 « un investissement inutile » et un « outil de communication politique »), et qui est désormais tête de liste d’Archipel Citoyen ?

L’équipe sortante considère, elle, que « le caractère indispensable et stratégique de l’investissement réalisé n’est donc plus à démontrer ». Olivier Arsac, lui, gage même que ce débat est tranché :

Aujourd’hui, je passe plus de temps à refuser des caméras qu’à en accepter. En témoignent les nombreuses demandes qui émanent de simples riverains, d’associations de commerçants, d’associations de riverains ou comités de quartiers, de la police nationale, parfois des élus : les Toulousains ont compris l’intérêt des caméras et ils adhèrent.

L’élu espère – non sans malice – que « la délibération sera votée à l’unanimité » vendredi. Ou comment raviver le débat à quatre mois des élections municipales…

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