Trois sondages sont sortis à Toulouse concernant les élections municipales des 15 et 22 mars. Ils donnent tous le même trio dans l’ordre au premier tour : Moudenc / Briançon / Piquemal. Mais dans le dernier, l’optique d’une union des gauches au second tour pourrait faire tomber la droite.
Ces trois sondages ont été réalisés à trois périodes distinctes. Le premier en novembre 2025, alors qu’on ignorait encore le casting de la gauche, si il y aurait union et comment, le second autour du 2 au 5 février 2026 quand les têtes de liste principales sont connues, le troisième juste après, du 9 au 18 février.
L’union de la gauche pourrait déstabiliser le maire sortant
Le sondage de novembre , auprès d’un échantillon de 765 Toulousains inscrits sur les listes, plaçait Jean-Luc Moudenc en tête au premier tour (33%) devant trois candidats de gauche distincts, François Briançon (21%), François Piquemal (20%) et Régis Godec (12%), ce qui plaçait en théorie la gauche nettement au-dessus du maire sortant divers droite. Le RN quant à lui franchissait dans ce sondage le pallier des 10%, synonyme de second tour.
Le sondage de début février, auprès de 588 personnes, place à son tour Jean-Luc Moudenc en tête avec un score similaire (34%), les voix de la gauche semblent se reporter sur le candidat socialiste (32%) tandis que l’Insoumis est relégué plus loin (19%). Julien Leonardelli du RN cette fois ne dépasse pas les 8% d’intentions de vote.
Enfin le dernier sondage paru le 20 février, auprès de 602 électeurs de la ville, révèle ce même trio avec des ordres de grandeur équivalents (33/30/23), avec là encore le RN éliminé. C’est le second tour qui interpelle puisque si la triangulaire redonne les clés de la ville au maire sortant, pour la première fois Jean-Luc Moudenc est montré perdant si François Piquemal se retire au profit de François Briançon.
« L’enjeu, ce sont les électeurs modérés, qui hésitent entre le maire de centre-droit et la liste du Parti socialiste. C’est là que va se jouer l’élection, dans les divisions potentielles de la gauche et le comportement du centre/centre-gauche » analyse Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17 et professeur de sciences politiques à l’université de Montpellier.
Une tendance qui se dessine mais une marge d’erreur
Les sondages influencent-ils le vote ? C’est la question à 1.000 euros sur laquelle aucun consensus scientifique n’est établi. Il y a ceux qui estiment qu’un sondage favorise et conforte le candidat placé en tête, par le jeu du vote utile notamment. Et y a ceux qui au contraire considèrent que l’outsider ou celui présenté comme perdant, en particulier quand c’est serré, mobilisent ainsi ses électeurs. « On donne une information aux électeurs sur les rapports de force. C’est tout à fait possible que cela modifie ou conditionne leur vote. Ils peuvent maximiser l’impact de leur vote, que ce soit pour soutenir un candidat ou faire barrage à un autre« , appuie Jean-Yves Dormagen. À noter que les candidats ont tous commenté illico ce dernier sondage dans les colonnes de la Dépêche du Midi, commanditaire du-dit sondage. Y compris Jean-Luc Moudenc qui, en coulisses, assure préférer se départir de son statut d’ultra-favori. Un statut qui peut peser, mais qui peut surtout décourager une partie de ses électeurs, persuadés que l’ex-LR a un boulevard devant lui.
L’autre question qui revient régulièrement concerne la fiabilité des sondages. Là encore, pas de constat factuel, exhaustif, absolu. Mais l’idée, défendue par les sondeurs eux-mêmes, qu’ils ont très souvent raison dans les grandes lignes, c’est dans le détail ou la finesse d’interprétation. Personne n’a oublié les erreurs historiques des instituts lors du Brexit, lors de la première victoire de Donald Trump en 2016 ou encore en France, l’échec au finish du Rassemblement national aux législatives 2024.
Aux municipales, la marge d’erreur de ces trois enquêtes à Toulouse est de 1,8 à 3,7 points, ils l’indiquent eux-mêmes. Cela laisse une épaisseur non négligeable. Lors du dernier scrutin municipal en 2020, deux semaines avant le second tour, l’institut renommé BVA donnait l’écologiste Antoine Maurice vainqueur, de peu, 51% contre 49% pour Jean-Luc Moudenc. Ce fut serré effectivement, à 4.300 voix près, sur 110.000 votants. Mais dans l’autre sens, le maire a été réélu avec 52% des voix.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555





















