Immigration : près d’un tiers de la population toulousaine d’origine extra-européenne ?

Si les statistiques ethniques sont interdites en France, une plateforme du gouvernement compare depuis cinquante ans, la proportion de la population d’origine extra-européenne.

Si certains refusent toujours de parler de grand remplacement, les statistiques publiées par France Stratégies, organisme rattaché à Matignon, démontrent une nouvelle fois l’existence de ce phénomène démographique. Fdesouche a récemment partagé la partie de l’étude cartographique relative à l’évolution de la proportion d’enfants immigrés ou enfants d’immigrés extra-européens parmi les moins de 18 ans entre 1968 et 2015.

L’évolution par commune dans l’agglomération toulousaine

Pour l’agglomération toulousaine, le nombre d’enfants immigrés, ou dont au moins un des deux parents est un immigré extra-européen, a quasiment été multiplié par six. D’une moyenne de 4,1 % en 1968, nous sommes passés à 11,4 % en 1982, 17,5 % en 1999, pour atteindre 23,1 % en 2015. Il y a une cinquantaine d’années, des villes comme Toulouse, Blagnac, Colomiers, Cugnaux, Portet-sur-Garonne ou Muret comprenaient entre 0 et 7 % d’enfants extra-européens. Il y a 5 ans, leur proportion était de 30% pour Ramonville, 29 % pour Toulouse, 25% pour Blagnac, 24 % pour Colomiers, 22 % pour Portet-sur-Garonne, 21 % pour Saint-Alban, 20 % pour Muret, 19 % pour Cugnaux et pour Aucanville, etc. D’autres communes telles que Launaguet, Saint-Jory, Fonbeauzard, Plaisance-du-Touch recensent également entre 14 et 21 % d’extra-européens parmi les moins de 18 ans. Pour leur compte, Villeneuve-Tolosane, Seysses, Tournefeuille, Pibrac, Cornebarieu, Balma ou bien encore Saint-Orens hébergent entre 7 et 14 % d’enfants extra-européens. Seules les communes de Quint-Fonsegrives et Léguevin ne dépassent pas le seuil de 7 % de mineurs extra-européens (respectivement 7 % et 5 %).

La répartition dans les quartiers de Toulouse

La même étude permet de constater la répartition des mineurs immigrés par quartier au sein même de Toulouse. Si la part d’enfants extra-européens dans le centre-ville varie entre 12 % (pour les Carmes) et 18 % (pour les Minimes), elle atteint plus de 20% dans les quartiers de l’Île du Ramier, La Vache ou Bonnefoy, plus de 30 % à Purpan, La Cépière, Basso Cambo, Rangueil, Soupetard, Croix-Daurade, et 40 % pour les Izards. Dans le secteur sud (Mirail, Bagatelle, Bellefontaine), ils représentaient déjà, en 2015, entre 60 et 80 % des résidants.

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Le rapport général de France stratégies conclut que, « du fait de la hausse de leur part dans la population, les moins de 18 ans vivant avec au moins un parent immigré extra-européen vivent plus souvent dans des quartiers où ils sont majoritaires parmi les moins de 18 ans : c’est le cas de 38% d’entre eux en 2015, contre 17 % en 1990. Mais ceux qui vivent avec deux parents immigrés non-européens − dont la part est stable dans le temps − vivent rarement et de moins en moins souvent dans un quartier où ils sont majoritaires (4 % en 2015, contre 10% en 1990). »

Notons au passage que nos confrères de Lenguadoc-info révèlent, pour leur part, que presque 40 % des moins de 18 ans vivant à Montpellier ne sont pas d’origine européenne. Ils constatent par ailleurs que si la proportion des mineurs immigrés ou enfants d’immigrés européens a pratiquement été divisée par deux. Cette baisse est encore plus importante à Toulouse. La ville rose accueillait 14,7 % d’enfants de parents immigrés européens en 1968 contre seulement 6,3 % en 2015.

Des estimations éclairantes mais partielles

L’étude apporte un bon éclairage sur l’évolution démographique que connaît la France, mais elle demeure partielle en raison de l’interdiction des statistiques ethniques. Elle ne comprend que les moins de 18 ans immigrés ou dont les parents sont immigrés et exclut, de fait, tous ceux dont les parents détiennent la nationalité française. D’autres données permettent alors de compléter le tableau de l’évolution démographique. Les chiffres concernant le dépistage de la drépanocytose, une maladie génétique du sang qui touche quasi-exclusivement les personnes extra-européennes, apportent une vision plus proche de la réalité. Ainsi, Laurent Obertone avance dans La France interdite que 42 % des nouveau-nés, DOM compris, ont fait l’objet d’un dépistage en 2016. La moyenne était de 34,16 % pour la région Midi-Pyrénées sur cette même année.

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Il convient aussi de souligner que les immigrés non-européens âgés de 25 à 54 ans représentaient 3 % de la population de l’agglomération toulousaine en 1968, 6,8 % en 1990 et 11,8 % en 2015. En revanche, les statistiques concernant les plus de 54 ans sont absentes de l’étude de France stratégies. L’importance de la transformation démographique ne peut être entièrement comprise si l’on ne prend pas en compte le vieillissement de la population autochtone et son contraste avec la jeunesse des immigrés extra-européens.

Enfin, les données les plus récentes de l’étude concernent 2015, l’année de la grande crise migratoire qui a incité l’Union européenne à instaurer les quotas de répartition de migrants. En France, l’immigration a nettement augmenté depuis cette époque. 262.000 titres de séjour ont été délivrés en 2017, 256.000 en 2018 et plus de 276.000 en 2019. En comparaison, le nombre de titres de séjour octroyés en 2015 était de 212.000. Le nombre des demandeurs d’asiles dépassent, à lui seul, la barre des 140.000 pour l’année 2018 et celle des 154.000 pour 2019, dont 110.000 mineurs. À ces statistiques officielles, il faudrait encore ajouter un recensement des clandestins. L’étude publiée par France stratégies doit donc être considérée comme purement indicative de l’évolution en cours.

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