Julien Langella : « J’appelle, en premier lieu, à une insolence exemplaire. »

Un gouvernement « coupable », des mesures « incohérentes », Julien Langella, auteur de Catholiques et identitaires et porte-parole d’Académia Christiana, avertit sans fatalisme aucun : « aucun jour d’après ne se produira ».

Quelles leçons tirées de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement ? Qui sont les grands vainqueurs du confinement ? À qui profite le crime ? Comment se détourné du monde d’après ? Julien Langella donne les premières pistes pour ne plus subir les injonctions de l’État et résister à l’établissement « du Meilleur des mondes ». 

Infos-Toulouse : Que nous enseigne cette crise du coronavirus ? Comment avisez-vous ce fameux « monde d’après » annoncé et par le gouvernement et par de nombreux militants ?
Julien Langella : Comme le virus Zika, la grippe aviaire ou le VIH, le Covid-19 proviendrait d’animaux chassés de leur écosystème par une déforestation intensive. Les espèces ainsi privées de leur territoire naturel sont mises en contact avec l’homme, par exemple dans les jardins, et les bactéries qu’elles contiennent naturellement, sans danger pour elles, finissent par franchir la « barrière de l’espèce » et atteindre l’homme. Cette déforestation est engendrée par le dogme de la croissance économique qui nous enjoint à produire toujours plus (sur le plan agricole, industriel ou urbain) afin de générer un profit exponentiel. Seul le profit guide notre système économique mondialisé. L’amour de l’argent est bien la racine de tous les maux, comme disait saint Paul.

Ensuite, la crise sanitaire a révélé la fragilité de l’économie locale, des travailleurs indépendants et des petits commerces, au détriment des multinationales qui ont pu, grâce à leur logistique inébranlée, continuer à déverser leur camelote dans nos estomacs (merci Uber), nos cerveaux (merci Netflix) ou nos boîtes aux lettres (merci Amazon), alors que ces firmes ne respectent rien : ni leurs employés, ni la nature, ni les lois des pays où ils prospèrent… Tout en réalisant des profits record. Avec le tsunami de chômage qui s’annonce (déjà 5.000 sacrifiés chez Renault), aucun jour d’après, symbole de prise de conscience globale, ne se produira.

Au contraire, le jour d’avant, mené par les coupables d’aujourd’hui, continue sa route, imperturbablement, au rythme de l’augmentation des investissements dans la robotique, l’intelligence artificielle et le numérique (rapport Ernst & Young, mars 2020). Ces outils sont jugés à la fois plus écologiques (un robot, ça ne prend pas sa voiture pour aller au boulot) et plus rentables que des caissières aigries.

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C’est un monde sans âme qui se profile, avec la dématérialisation simultanée de la monnaie, c’est-à-dire la disparition progressive des espèces, la manipulation des pièces de monnaie n’étant pas très hygiénique… Et lorsque votre seul moyen de paiement sera le recours à la banque, via la carte bleue, l’État pourra prélever l’impôt directement sur nos comptes : à la source de la source ! Plus rien n’échappera à son contrôle et il pourra identifier chaque consommateur d’un lieu donné, par exemple un bar associatif militant. Les possibilités de contrôle sont infinies. Quant à nos enfants, on a claironné dès le début du confinement, et même avant, que « l’inégalité numérique », c’est-à-dire l’absence de tablettes par élève dans les écoles, doit être combattue. Vous imaginez la suite : tout un peuple, du berceau au tombeau (la messe est même visible par casque virtuel dans certains EHPAD), sous prothèse technologique homologuée par la République antiraciste. Le Meilleur des Mondes.

Que dire de la prolongation des mesures sanitaires ?
À tout le moins, qu’elles sont incohérentes. Comment justifier autrement la réouverture des écoles, haut-lieu de contamination – mais pas les bars et restaurants, qu’en invoquant la nécessité de remettre les gens au travail ? Je ne suis pas démocrate, je n’attends pas qu’un gouvernement consulte sa population pour des enjeux qui la dépassent. Mais le minimum aurait été de ne pas nous prendre pour des imbéciles et de dire la vérité. Dès le début du confinement. De cette manière, par exemple : « Oui, l’hôpital est incapable de gérer une épidémie importante, alors pour soulager le personnel soignant, bien que le mal ne soit pas terrible, nous appelons à la solidarité nationale et à la prudence en limitant les déplacements. » Quant au déconfinement : « Les Français doivent retravailler, l’État est menacé de banqueroute si nous continuons à nous substituer aux employeurs pour payer les salaires, alors les écoles doivent rouvrir ». Du bon sens et du respect, c’est ce que nous aurions dû avoir il y a plusieurs mois déjà.

« Une terrible pandémie, c’est lorsque chacun a un ou plusieurs morts dans sa famille »

Le gouvernement a-t-il sur-réagi selon vous ?
C’est évident. La population a d’abord été préparée à accepter ce confinement. Il est évident que la presse a reçu des consignes en ce sens-là, lorsqu’on observe le traitement médiatique du Covid, chaque mort y étant annoncée le soir en grandes pompes au JT. Une « terrible pandémie », c’est lorsque chacun a un ou plusieurs morts dans sa famille. Le Covid-19, c’est la très large majorité de la population qui n’a connaissance d’aucune victime du Covid-19 dans sa famille, ses amis, ses collègues de travail et ses voisins. Qu’est-ce qu’il nous faut de plus pour ouvrir les yeux ? Je me rappelle d’un chiffre pertinent donné par le Dr Sebag, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière et conseiller de la radio RMC : au plus fort de la maladie, seulement 4% des personnes atteintes du Covid allaient en réanimation. Ou plus exactement, nous parlons de 4% des personnes atteintes du Covid ayant été testées. Donc combien y en a-t-il eu réellement : 3, 2, 1% ? Et la majorité est sortie indemne du service de réanimation. Bref, nul besoin d’imaginer un virus créé en laboratoire pour comprendre que l’on se fout de nous.

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Et la population ?
Dévitalisée, féminisée, partiellement métissée, abêtie (en témoigne le déclin du QI), la population française n’est plus la même qu’au début du XXe siècle. Deux guerres mondiales, la société de consommation et la pornographie sont passées par là. Je n’en veux pas aux Français, victimes de plus d’un demi-siècle de bombardements intensifs sur leur intégrité mentale. En revanche, je reproche à ceux qui faisant partie de minorités théoriquement créatives (nationalistes, militants radicaux et catholiques), et qui jouent le jeu des gestes barrière en devançant parfois les demandes du gouvernement, de se déshonorer par leur servilité et, disons, leur paresse intellectuelle (pour ne pas dire plus…). C’est absolument lamentable. Qu’on respecte, au moins en surface, les consignes du gouvernement afin de préserver des structures visées par l’État (écoles et autres), je l’entends. Nous n’avons clairement pas les moyens de la lutte armée. Mais, par exemple, que l’on mette le masque en extérieur alors que cela n’a jamais été obligatoire, que l’on s’asperge de gel hydroalcoolique ou qu’on attende l’autorisation du gouvernement pour embrasser sa famille, cela témoigne de la mort cérébrale d’un grand nombre de Français, notamment au sein de notre mouvance.

« Le masque n’a jamais été obligatoire »

Vous appelez donc à une désobéissance civile ?
J’appelle à l’intelligence, pas l’expertise arrogante des spécialistes déconnectés du réel, nageant dans le monde rassurant des statistiques, mais celle du bon sens, que nous portons tous en nous. Par exemple, le masque n’a jamais été obligatoire, je le répète ! Alors, pourquoi devancer les règles imposées par le gouvernement ? Comment peut-on espérer récupérer politiquement l’instrument de la destruction du lien social, symbole même de la tyrannie sanitaire ? C’est insensé. Qu’on comprenne bien ceci : on pourra toujours manifester, même sans autorisation, pour un « oui » ou un « non », tant que l’on sera de bons canards en masque et à un mètre de distance. Le gouvernement ne demande guère plus : il ne veut pas l’ordre, il souhaite uniquement encadrer le désordre, celui-ci faisant partie du spectacle médiatique qui maintient endormie l’attention des gens. Donc, ne pas porter de masque, c’est un minimum. Mais un « minimum » fort, qui peut délier bien des nœuds au cœur, l’organe du courage. Les actions menées en dénonciation du gouvernement, masque sur la bouche, sont une auto-humiliation.

Pour le reste, que chacun s’examine et voit ce qu’il est prêt à faire. Voilà un principe général : respecter le moins possible, partout et tout le temps, les diktats d’un gouvernement discrédité. Par l’ironie, la moquerie et un esprit subversif constant, saboter la chape de plomb de sérieux qui s’est abattue sur notre pays, susciter la connivence avec le passant et ridiculiser les consignes de l’État. « Bonjour Monsieur, alors, vous me serrez la main ou vous êtes un bon citoyen ? ». On y arrivera de cette manière, en se mettant les rieurs de notre côté, par un virus follement mortel à l’égard de tous les tyrans : la convivialité. J’appelle donc, en premier lieu, à une insolence exemplaire.

Que proposer face à ce monde qui se profile et ces règles liberticides ?
Qu’un gouvernement prenne des mesures « liberticides » pour enrayer un fléau qu’il juge attentatoire au bien commun, c’est parfaitement légitime. Le problème réside dans l’illégitimité d’un président élu par deux Français sur dix, d’un gouvernement encourageant la mort de 200.000 enfants à naître chaque année et coresponsable de l’ouragan migratoire qui meurtrit notre pays, ainsi que par l’absence de réelle menace jetée par le Covid-19 sur le bien commun.

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La solution, au niveau individuel et familial, est de bâtir un réseau d’entraide et d’échanges de service : une contre-société au niveau sanitaire, scolaire, paroissial, etc. Acquérir de nouveaux talents et se faire des amis afin de résister à l’effondrement qui vient. Politiquement, entrer dans les mairies, reconquérir le local pour mettre la main sur la police municipale, la politique culturelle et tous les moyens possibles de refaire un peuple. Créer des écoles indépendantes, une presse libre à l’égard de la publicité, rejoindre des mouvements courageux comme l’Alvarium (Angers), Auctorum (Yvelines) ou Tenesoun (Aix-en-Provence), se former physiquement et intellectuellement à l’université d’été d’Academia Christiana… Bref, mettre ses talents, même modestes, au service de tout ce qui échappe à l’emprise du Système et contribue à bâtir un nouvel ordre. Semons, nos descendants récolteront.

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