Vas voir ailleurs si j’y suis ! 24 livres pour partir à l’aventure

Confinés, vous apprenez à vivre avec vos proches. Et ça ne se passe pas toujours bien, n’est-ce pas ? Voici 24 idées de lecture pour que confinement rime avec dépaysement. Il arrivera bien le jour où nous aurons de nouveau le droit de vivre l’aventure au coin de la rue. Bonne lecture tous !

NB : les résumés constituent les quatrièmes pages de couverture fournies par l’éditeur et ne reflètent pas forcément l’esprit de la rédaction.

En Uruguay et au Brésil, de Georges Clemenceau, Magellan & Cie

Quoi qu’il arrive, deux traits de l’âme brésilienne resteront, à mon avis, prédominants : l’idéalisme démocratique, et, par cela même, le goût inné de la culture française. Je pus m’en convaincre aisément lors de la réception officielle dont je fus honoré par le Sénat. Cette imposante manifestation fut décidée à l’unanimité des voix moins une (la voix d’un sénateur clérical…). En séance publique, le président, désigné pour l’occasion, me fit asseoir à sa droite et m’adressa, en français, une noble harangue où les paroles d’aimable courtoisie que voulait la circonstance l’amenèrent à réclamer hautement pour son pays la grande tradition de la Révolution française. Puis un sénateur de l’Amazone, M. Georges de Moraès, demanda la parole et prononça, toujours en français, un éloquent discours sur le rôle de la pensée française dans l’évolution générale des sociétés civilisées vers les idées de justice sociale et de liberté.

Dans les roues de Jack Kerouac. Portraits d’une Amérique nomade, de Christophe Cousin et Matthieu Paley, Éditions de la Martinière

Christophe Cousin et Mathieu Paley ont l’esprit nomade chevillé au corps. Fascinés par l’ouvrage de Jack Kerouac, Sur la route, considéré comme le manifeste de la Beat Generation, ils vont marcher dans les pas de Kerouac, faire la grande traversée d’Est en Ouest, pour tenter de comprendre ce qu’il reste de la Beat Generation mais surtout pour rouler aux côtés de ceux qui cultivent l’esprit de liberté, pour dresser le portrait d’une autre Amérique, celle des hobos, des cow-boys, des bikers, des travailleurs itinérants, de communautés de skateurs. 10.000 km de bitume et de rencontres les attendent. Départ prévu le 20 juin : « On veut vivre ce voyage pied au plancher. La route ne peut s’envisager qu’intensément. La liberté ne fait que brûler. On en saisira le substrat, l’essence et l’instant ».

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En radeau sur l’Orénoque. Des Andes aux bouches du Grand fleuve, de Jules Crevaux, Points

En 1881, Jules Crevaux entreprend la première traversée du bassin de l’Orénoque, depuis la cordillère des Andes jusqu’aux bouches de l’Amazone. Accompagné de son ami Lejanne et de son guide Apatou, il parcourt 2.000 kilomètres dans l’une des forêts les plus impénétrables du globe : à pied, sur des radeaux de fortune ou des pirogues rudimentaires. Une fantastique traversée de l’Amazonie qui peut encore nous servir par ce qu’elle dit de la volonté humaine.

En 2CV vers la Révolution, de Marco Ferrari, Mille et une nuits

La Révolution des Oeillets (Portugal, 1974) fut peut-être l’une des dernières révolutions romantiques de ce siècle. En 2 CV vers la révolution raconte avec humour et ironie l’itinéraire de deux jeunes Portugais, étudiants à Paris, qui tentent de monter à temps dans le train de l’Histoire pour enterrer les derniers tyrans. Et si la route de l’Histoire est jalonnée de tragédies, la farce est souvent présente au rendez-vous.

Aux armes de Bruxelles. Flâneries urbaines, de Christopher Gérard, Pierre Guillaume de Roux

« Aux Armes de Bruxelles n’emprunte pas par hasard son titre à un restaurant célèbre, il regorge lui-même de saveurs. L’auteur se promène dans Bruxelles comme autour de sa chambre. Et puis, par cercles concentriques mais qui seraient ceux d’un paradis urbain, il pérégrine parmi ses lieux d’élection, librairies, jardins publics, musées, maisons de thé et autres étapes hospitalières d’une capitale dont il nous confirme qu’elle est imprégnée d’un art de vivre sans équivalent. Auteur de romans érudits et raffinés, Christopher Gérard nous donne là un ouvrage qui deviendra un talisman que se recommanderont les Bruxellois de souche et de coeur, et un sésame indispensable à ceux qui se sentent la vocation de les rejoindre. Il faut avoir son couvert à ces Armes de Bruxelles. » Extrait de la préface de Jacques De Decker, secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique. Unique en son genre, Aux Armes de Bruxelles est à la fois un guide littéraire et un récit gourmand : un juste mélange de savoir, d’élégance et de raffinement.

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Voyage à motocyclette. Latinoamericana, d’Ernesto Che Guevara, Mille et une nuits

Le 29 décembre 1951, lorsqu’il monte sur le siège arrière de la Norton 500 de son ami Alberto Granado, Ernesto Guevara va bientôt avoir 24 ans. Leur traversée aventureuse de l’Amérique latine se révélera être un véritable voyage initiatique même si, au départ, les deux étudiants sont plus attirés par le romantisme de la route cher à la Beat Generation que par la découverte des peuples opprimés. Bouillonnement d’êtres et de destins, fragments de vies parallèles ou entrecroisées, ce journal de bord est un document exceptionnel sur la vie de celui qui verra son image « postérisée » au panthéon révolutionnaire.

Sept ans d’aventures au Tibet, de Heinrich Harrer, Arthaud

Trois évasions en Inde pendant la seconde guerre mondiale. Deux traversées de I’Himalaya, une marche interminable sur les hauts plateaux désolés du Changtang, cinq ans à Lhassa, la ville interdite, où Heinrich Harrer devient le confident et le professeur de l’actuel dalaï-lama alors enfant… Ce livre d’aventures est aussi le récit d’une quête rédemptrice, qui voit un alpiniste autrichien inscrit à la SS devenir le défenseur des peuples opprimés. C’est sur le Toit du monde que Harrer trouve son salut, sa vraie patrie.

Les tribus du Burning man. Comment une ville expérimentale dans le désert est à l’origine d’une nouvelle contre-culture américaine, de Steven T. Jones, Octave Éditions

Burning Man est le premier grand événement des temps modernes : né d’un étrange rassemblement sur une plage de San Francisco il y a plus de 25 ans, il a muté au cours des ans en une ville expérimentale de plus de 50.000 « habitants » dans le désert Black Rock du Nevada. Elle brûle de tous ses feux pendant une semaine entière pour ne laisser à la fin que cendres de souvenirs et expériences initiatiques inoubliables. C’est ce voyage au pays du Burning Man que nous propose le journaliste Steven T. Jones. Il nous présente le document le plus complet à ce jour sur le phénomène social le plus original du XXIe siècle. Artistes peintres, sculpteurs, danseurs, acrobates, magiciens, musiciens, poètes de l’imaginaire jusqu’aux aventuriers du sexe : c’est le rendez-vous de la création pure et libre ! Les tribus du Burning Man réinventent le monde à leur façon et qui sait, des cendres de celui-ci naîtront peut-être les prémices d’une nouvelle terre de découvertes et de liberté… Voici son histoire et ses secrets racontés pour la première fois ! Steven T. Jones est journaliste et éditeur en chef du « San Francisco Bay Guardian ». Il a remporté de nombreux prix en journalisme, tous aussi prestigieux les uns que les autres. Il vit à San Francisco, ne conduit pas d’auto et se déplace toujours sur son étrange bicyclette rouge qu’il a d’ailleurs créée pour Burning Man.

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Le guide de voyage du système solaire. La science pour les voyageurs de l’espace, d’Olivia Koski et Jana Grcevich, Michel Lafon

Imaginez que vous puissiez randonner le long des plaines rouges de Mars balayées par le vent, à la recherche d’un signe de vie, ou visiter l’une des soixante-quatre lunes de Jupiter afin d’y photographier ses tempêtes tourbillonnantes ; ou que vous puissiez, pour de courtes vacances à petit budget, aller sur la Lune. Ne cherchez plus, votre fusée vous attend ! Scientifiquement irréprochable, Le Guide de voyage du système solaire recense toutes les informations essentielles pour préparer un voyage dans les étoiles. Comment s’y rendre ? Que faire une fois sur place ? Quels sites visiter sur chaque planète ? Une exploration passionnée au cœur du cosmos pour tous les aventuriers du futur.

Des pas dans la neige. Aventures au Pakistan, d’Erik L’Homme, Gallimard

Erik L’homme n’est pas seulement l’écrivain que vous aimez, il est aussi un aventurier un peu fou… Assez fou pour partir à la recherche d’une sorte de yéti tout droit sorti de « Tintin au Tibet » ! C’était il y a une vingtaine d’années… des mois d’expédition, sac au dos, dans les hautes montagnes du Pakistan. Le froid, la faim, la fatigue, la peur, l’émerveillement, les rencontres bonnes et mauvaises… Erik raconte tout et c’est comme si on y était !

Voyage autour du monde sur l’astrolabe et la boussole (1785-1788), de Jean-François de Lapérouse, La Découverte

Un classique du récit de voyage qui continue de susciter d’ambitieuses expéditions de recherche sur les lieux supposés du naufrage de 1788. « A-t-on des nouvelles de Lapérouse ? », demandait Louis XVI à la veille de son exécution. Huit ans plus tôt, il avait personnellement couvé de ses soins les plus attentifs les préparatifs d’un voyage conçu comme « l’idée de règne ». Toute la France avait suivi avec passion le voyage du navigateur. Parti en 1785, il n’a plus donné signe de vie après 1788, date à laquelle il a pu expédier son dernier courrier. En 1791, l’Assemblée constituante a voté les crédits d’une expédition de recherche qui restera infructueuse. Ce n’est qu’en 1828 que Dumont d’Urville pourra localiser avec précision la fin tragique de l’expédition de Lapérouse sur les rives de l’île de Vanikoro… « Sa Majesté regarderait comme un succès des plus heureux de l’expédition qu’elle pût être terminée sans qu’elle eût coûté la vie à un seul homme », précisaient les instructions du navigateur. Elle n’eut aucun survivant. L’importance du voyage de Lapérouse vient de ce qu’il clôt définitivement une époque : prenant la relève de l’amateurisme éclairé et brillant de Bougainville, tirant les leçons des explorations méthodiques de Cook, il se présente comme une véritable expédition scientifique, tant par le matériel très élaboré que par le haut niveau de l’équipe de savants embarqués. Désormais, c’est la notion de progrès, le critère d’utilité qui prévalent. Si l’on voit se dégager ainsi les fondements de la réflexion anthropologique du XIXe siècle, c’est bien surtout aux débuts de la mise en pratique de l’idéologie coloniale moderne que l’on assiste. Deux siècles plus tard, le journal de bord de Lapérouse a passé le relais à de nouveaux journaux de bord, ceux des expéditions d’autres savants, d’autres marins, partis à sa recherche. Aujourd’hui encore, l’aventure continue.

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Voyages chez les différentes nations sauvages de l’Amérique septentrionale, de John Long, La Découvrance

Engagé, pour les besoins de sa profession, à vivre longtemps au milieu des Indiens ; doué de cet esprit d’observation nécessaire à celui qui visite des climats habités par les hommes de la nature, John Long ne s’est pas borné à des détails de commerce, quoique fort intéressants par eux-mêmes : son journal est rempli d’instructions utiles sur les mœurs, usages, opinions religieuses et politiques, les cérémonies, les jeux de diverses tribus de ces peuples parmi lesquelles il a vécu. On y lira, non sans beaucoup d’intérêt, l’histoire simple de ces hommes qui doivent à l’orgueil des nations de l’ancien continent, plus peut-être qu’à leur vie grossière, le nom de Sauvages, et dont la plupart démentent souvent par des actions nobles et touchantes, cette injurieuse dénomination.

Pêcheur d’Islande, de Pierre Loti, Le Livre de Poche

Entre Gaud, fille d’un gros commerçant de Paimpol, et Yann, le pêcheur, il y a bien des obstacles : la différence des conditions et des fortunes, bien sûr ; mais aussi la timidité farouche du jeune homme, de ceux qu’on nomme les « Islandais » parce que, chaque année, leurs bateaux affrontent, durant des semaines, les tempêtes et les dangers de la mer du Nord. C’est l’histoire d’un amour longtemps jugé impossible que nous conte ce roman, publié en 1886, et depuis lors redécouvert et admiré par plusieurs générations. Mais c’est surtout un grand drame de la mer, et l’une des expressions les plus abouties de ce thème éternel. Marin lui-même, Pierre Loti y déploie une poésie puissante, saisissante de vérité, pour dépeindre la rude vie des pêcheurs, l’âpre solitude des landes bretonnes, le départ des barques, la présence fascinante et menaçante de l’Océan.

Ils ont rêvé du Pôle, 1852-1884, de Jean Mabire, L’Ancre de Marine

Depuis la plus haute antiquité, les hommes ont été véritablement hantés par le grand mystère du Nord. Atteindre le Pôle allait devenir le rêve de nombreux explorateurs du siècle dernier, ils cherchaient aussi le grand passage du Nord-Ouest qui permettrait d’unir l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique. La plupart y trouvèrent une mort effroyable due au froid et à la fatigue, au scorbut et à la faim. Malgré la tragédie de l’expédition Franklin disparue corps et biens, d’autres pionniers vont à leur tour se lancer dans l’immensité terrifiante et splendide de l’Arctique. Les glaces y forment le rempart déchiqueté d’une imprenable forteresse, et la nuit polaire dure des mois. Dans les bourrasques de vent, des tempêtes monstrueuses déferlent sur une mer transformée en un chaos de glaces flottantes. Retrouvé plus tard, le carnet de notes de certains explorateurs est un journal d’agonie. Naufragés de la banquise, des hommes deviennent fous. D’autres se suicident, alors que les mercure gèle dans les thermomètres. Parfois les morts ne sont même plus enfouis, on les aligne côte à côte dans la neige, ainsi la besogne est plus facile pour ceux qui se traînent la nuit jusqu’à leurs cadavres afin d’en dévorer quelques fragments.

Comment chier dans les bois. Pour une approche environnementale d’un art perdu, de Kathleen Meyer, Édimontagne

Une question qu’a priori, on ne se pose pas. Dans l’esprit de tous, il suffit de trouver un endroit tranquille, de se mettre en posture, et quitter les lieux une fois l’affaire faite. Et c’est ainsi qu’au détour d’un sentier, il n’est pas rare de se trouver face à une rangée d’immondes étrons surmontés chacun – cerise sur le gâteau – d’une petite boulette de papier toilette… Depuis sa première publication en 1989, le best seller international de Kathleen Meyer est le “livre de chevet” des randonneurs. Délire écolo américain ? Le sujet mérite vraiment réflexion et justifie vraiment la lecture de ce livre “sérieux” écrit non sans malice.

Via Francigena. Traverser l’Italie à pied, de Cyprien Mycinski, Salvator

Sillonnant l’Italie à pied, Cyprien Mycinski rapporte, de cette épreuve consentie, des pages profondément joyeuses. J’aurais aimé écrire « pleines d’espérance », s’il ne m’avait pas devancé en citant ces lignes de Georges Bernanos : « Qui n’a pas vu la route, à l’aube, entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance ». Comme c’est juste ! Si toute pérégrination aventureuse nous conduit d’abord vers l’autre, c’est vers un « autre » compris non pas dans son irréductible différence mais dans sa proximité, et même dans sa fraternité. Sous la plume de Cyprien Mycinski, cet autre est toujours au rendez-vous. Oui, ce livre est une joie !

Ermites dans la Taïga, de Vassili Peskov, Babel

Une famille de vieux-croyants démunis à l’extrême, subsistant dans une cabane misérable, en pleine taïga, coupés de la civilisation depuis… 1938 : telle est l’incroyable réalité décrite par Vassili Peskov, qui raconte ici avec passion et minutie l’aventure des ermites de notre temps, puis les vains efforts de la plus jeune d’entre eux, Agafia, pour se réadapter au monde. Nouvelle version du mythe de Robinson, manuel de survie dans la taïga, histoire de femme aussi, ce livre riche et multiple a rencontré lors de sa parution chez Actes Sud en 1992 un succès qui ne s’est jamais démenti. Et Agafia, sa magnifique héroïne, vit toujours, loin du « siècle », dans la sauvage solitude de la taïga.

Un recteur de l’île de Sein, de Henri Quéffelec, Bartillat

À l’extrémité de la Pointe du Raz, l’île de Sein est un rocher plat, sans arbres, désespérément sauvage. Là, sous l’Ancien Régime, vivent quelques familles de pêcheurs, âpres, durs, pilleurs d’épaves, superstitieux et violents.
Dans ce lieu maudit, où l’évêque de Quimper ne se donne plus la peine d’envoyer un aumônier du culte tant les candidats sont rares, Thomas Gourvennec, simple pêcheur et sacristain de son état, décide de prendre en charge les âmes à la dérive. Il se heurtera à ces hommes et à ces femmes pris en étau par les rochers… Qu’à cela ne tienne, ils rendront la monnaie de sa pièce à l’existence : certaines nuits, des hommes se retrouvent en bas des falaises, des fermes brûlent, les épaves sont pillées. Au village, on suivra les processions des enterrements sous le soleil glacé, et on verra défiler au gré de la plume d’Henri Queffélec les histoires de femmes, d’enfants en sabots, d’amour, de jalousies, de religion et les récits de grandes tempêtes au goût d’apocalypse. Le sacristain, Thomas Gourvennec, arbitrera cette lutte entre Dieu et les hommes, entre le religieux et le crime, et tentera, afin que l’île ne sombre pas dans la folie, d’enchaîner les êtres les uns aux autres à travers des habitudes chrétiennes communes.

« On peut aller loin avec des cœurs volontaires ». Aventures aux Kerguelen, de Raymond Rallier du Baty, Le Livre de Poche

En 1907, à l’âge de 26 ans, Raymond Rallier du Baty s’embarque sur un ketch de vingt mètres avec cinq hommes d’équipage pour une expédition de près de deux ans dans une région du monde alors pratiquement inconnue : les îles Kerguelen. Il affronte de terribles tempêtes, explore une région glacée et inhospitalière, chasse le phoque et le canard, éprouve la solitude et la peur, mais aussi la fraternité et l’émerveillement devant la beauté des paysages. Le récit qu’il fit à son retour (resté inédit en France pendant près d’un siècle !) est un témoignage passionnant sur l’aventure de ces hommes qui risquèrent leur vie pour découvrir de nouveaux horizons. Leur exploit inspire encore aujourd’hui le respect des marins les plus endurcis.

Moi, Antoine de Tounens, Roi de Patagonie, de Jean Raspail, Albin Michel

Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orelie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui se puisse concevoir… Durant les vingt-huit années du règne d’Orélie-Antoine, le rêve et la réalité se confondent aux bornes extrêmes du monde, là-bas, en Patagonie, au détroit de Magellan. Qui est Antoine de Tounens, roi de Patagonie, conquérant solitaire, obscur avoué périgourdin embarqué sur les flottes de la démesure, son pavillon bleu, blanc, vert claquant aux vents du cap Horn ? Un fou ? Un naïf ? Un mythomane ? Ou plus simplement un homme digne de ce nom, porteur d’un grand destin qu’il poursuivra toute sa vie en dépit des échecs, des trahisons, des sarcasmes qui peupleront son existence… Es-tu roi de Patagonie ? Je le suis ! Il n’en démordra pas. Roi il fut, quelques jours au moins, et toute une vie. Des sujets, il en eut : Quillapan, cacique des Araucans, Calfucura, cacique des Patagons, mais aussi Verlaine, Charles Cros, le commodore Templeton, le général Chabrier, l’amiral Dumont d’Urville, l’astronome Camille Flammarion, le colonel von Pikkendorff, Véronique, reine de Patagonie, aux multiples visages, et tant d’autres, le coeur débordant d’émotion, qui se déclarèrent un jour ou l’autre, l’espace d’un instant, sujets du roi Orélie-Antoine. Car nous sommes tous des Patagons. Là-bas, en Patagonie, l’homme devient roi. Sa longue nuit s’illumine.

Carnets de la mer d’Okhotsk, de Nadine Ribault, Le Mot et le reste

Des étendues de glace et de neige, des touffes de végétation brûlées, un sable noir. Le silence, le seul véritable silence, et la mer. Noire, calme, profonde, forte, une mer de marbre, immense et dure, la mer d’Okhotsk. Un bâtiment public sur la côte hivernale du nord de l’île de Hokkaidô comme refuge, ou point de départ aux déambulations songeuses et poétiques de Nadine Ribault. Apprivoiser cet espace infini, s’y lier, embrasser le tragique du lieu, se confronter à l’inconnu, au rugueux. Puis, marcher sur la glace du lac Saroma, traverser la mer des glaces, surplomber l’abîme depuis le cap Notoro, arpenter la forêt de bouleaux de la péninsule de Shiretoko en sa compagnie. Observer et non pas conquérir, ressentir et non pas appréhender, l’approche poétique de Nadine Ribault laisse le loisir au lecteur de trouver son souffle, dans une réelle expérience de partage.

Tour d’Europe. 6.000 kilomètres à pied, de Fanny Truilhé et Mathilde Gibelin, Les Amis du livre européen

Le récit de Fanny et Mathilde, leur Tour d’Europe, est bien plus qu’un fil qu’on déroule. L’Europe, terre d’histoire et de légendes, s’est imposée comme le cadre idéal à ce défi. Portées par le mistral, les deux pèlerines dévalent les pentes arides du Géant de Provence, traversent l’Italie puis la Grèce. Elles ne marchent plus mais courent sur le stade mythique d’Olympie. Elles prennent assez d’élan pour traverser l’Europe orientale, des Carpates aux monts Métallifères pour se retrouver ensuite dans les grandes plaines germaniques. La verte Erin sera leur dernière étape avant un retour en France, en bateau. Dix mois d’aventure et près de 6 000 kilomètres parcourus. Défi relevé ! Cet ouvrage, écrit à deux mains, est une formidable invitation au voyage et à l’aventure.

La route des Steppes. 22.000 km en 4L à travers l’Asie centrale, de Falk Van Gaver, Presses de la Renaissance

En résonance avec les exploits automobiles du XXe siècle et dans l’esprit de Nicolas Bouvier, Falk van Gaver et Jean-Baptiste Warluzel entreprennent une traversée de l’Asie en 4L, de la Turquie à la Mongolie. Ce voyage de cinq mois et de 22.000 kilomètres parcourus à travers les hauts plateaux anatoliens, les déserts ouzbèkes, les montagnes kirghizes, les steppes kazakhes, le massif altaïque et les plaines russes fut riche d’aventures, de découvertes exceptionnelles et d’émotions intenses. Leur voiture bloquée à la frontière chinoise, Falk et Jean-Baptiste ont affronté à cheval les contreforts enneigés de l’Altaï mythique. Puis ont viré au Sud pour passer un inoubliable Noël au Tibet. Leur vaillante 4L de 1983, partie avec 160.000 km au compteur, a tenu le coup malgré les conditions extrêmes et les a ramenés en France, sans encombre ! Aventure humaine et automobile étonnante, périple à travers des contrées rudes et immenses, voyage à la rencontre de peuples altiers, héritiers d’une glorieuse histoire, ce livre est un chant de liberté porté par le vent dru des steppes.

Davaï ! Du lac Baïkal aux plages de Ko Chang, de Patrick Wagner, Éditions des Paraiges

Fascinante Asie ! Éternelle génitrice des religions et des empires. Asie guerrière des hauts plateaux d’où les cavaliers descendaient sur l’Europe. J’ai fait un rêve. Traverser les grandes steppes mongoles, rejoindre l’Empire du Milieu et aboutir en Indochine pour y remonter le fleuve Mékong et suivre la route mandarine. Rêve éveillé, sous le galop de Michel Strogoff à la rencontre du baron Ungern Sternberg. De Jules Verne à Hugo Pratt, en compagnie de soldats de l’imaginaire, Francis Garnier, Pierre Loti ou André Malraux. Je ne sais où cela me mènera, mais il me faut lever l’ancre, me mettre à la proue du bateau de la vie et ouvrir les yeux. Rejoindre le rêve, la fiction par l’action. Vivre à livre ouvert. Tels mes aînés dans ce bout du monde, marchant un temps sur les pas de mon compatriote Jean de Pange, je deviendrai pour mes hôtes un long nez, caractéristique de l’Occidental au royaume des visages plats. Au gré du vent, l’âme légère et le cour joyeux, ces pérégrinations m’entraîneront hors des sentiers battus de ma Moselle natale, pays parcouru jadis sac au dos par monts et par vaux. Il était temps pour moi d’aller voir comment le monde était fait ailleurs. Alors, Davaï, en route !

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