Les étudiantes et étudiants de la Licence accès santé (LAS), qui présentent le concours d’entrée en médecine, sont de plus en plus remontés contre un « système de lissage des notes » qu’ils jugent « injuste et inéquitable ». Témoignages.
Le système de notation des épreuves des étudiantes et étudiants de la Licence accès santé (LAS), qui préparent le concours d’entrée en médecine à Toulouse et répartis dans les trois universités (Paul Sabatier, Toulouse Capitole et Jean Jaurès), est de plus en plus remis en cause par les intéressés. Selon deux étudiantes, Océane et Clara (leur prénom a été changé), inscrites à l’université Paul Sabatier en LAS biologie, c’est un semestre de travail acharné qui peut partir en fumée.
120 places en médecine pour les LAS cette année
« Il n’y a que 120 places pour les étudiants en LAS », assurent-elles cette année, sur environ 700 candidats dont la grande majorité (500) sont inscrits dans les filières scientifiques et espèrent être admis en MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie). C’est dire si la sélection est stricte. Il faut plus de 19 de moyenne générale pour être « grand admis », sans passer par les oraux. Les épreuves ont lieu les 18 et 19 juin pour les LAS.
Un système « opaque » pour les étudiants
Un système de lissage des notes (vers le haut ou vers le bas), pour lequel la Faculté de médecine a été sollicitée par nos soins sans pouvoir y répondre la semaine dernière, est mis en cause, cette fois, par les étudiants des LAS scientifiques. L’an passé, c’était le cas des étudiants des LAS droit (université Toulouse Capitole) qui se plaignaient d’avoir obtenu des notes « lissées vers le bas ». Un système de notation jugé « opaque », peut-on lire sur le site internet du Cours Thalès, qui propose des Prépa médecine pour les étudiants. Et une hypothèse : « le principe du lissage fait qu’une bonne note dans une matière avec une bonne moyenne générale est revue à la baisse, alors qu’une bonne note dans une majeure dont la moyenne globale est faible va être revue à la hausse ».
Une hausse du numerus apertus ?
Mais les places sont chères, malgré le numerus apertus (en remplacement du numerus clausus). Mis en place en 2021 avec la réforme Pass-Las, il désigne un nombre minimum d’étudiants admis en deuxième année de médecine. Mis en place en 2021, ce « nombre ouvert » est fixé chaque année par les universités en fonction de leurs capacités d’accueil et des places disponibles. L’espoir n’est peut-être pas perdu si l’on en croit les déclarations du Premier ministre d’alors Gabriel Attal, en avril 2024, qui promettait l’augmentation du nombre de places en deuxième année d’études de médecine (de 10 000 à 12 000 d’ici 2027…)
Une autre étudiante en LAS (biologie) a rédigé un long courrier qui s’adresse à la Faculté de santé pour demander une « révision du lissage pour les LAS 2024-2025 ». Elle y explique son incompréhension face à une méthode de calcul qu’elle juge « inéquitable ».
« Le temps de travail est plus important en LAS scientifique »
« Cette demande, dit-elle, repose sur deux points essentiels : d’une part, appliquer un lissage réellement fondé sur la difficulté de la licence suivie, et non sur la moyenne générale qui, dans bien des cas, n’est pas représentative […] La taille des promotions a un impact direct sur la représentativité des moyennes […] Le temps de travail imposé en LAS scientifiques est nettement plus important que celui des LAS littéraires. Les emplois du temps sont beaucoup plus chargés, avec un volume conséquent de cours magistraux (CM), de travaux dirigés (TD), et surtout de travaux pratiques (TP) ».






















