EXCLUSIF. Une institutrice et directrice de l’école maternelle Joséphine Garrigues, à Fronton, sera jugée le 31 mars prochain par le tribunal correctionnel de Toulouse. Suspectée de violences physiques et psychologiques sur onze élèves de maternelle, elle nie l’intégralité des faits alors que la justice estime que les preuves sont suffisantes pour la renvoyer devant le tribunal.
Que s’est-il passé entre les murs de l’école maternelle Joséphine Garrigues à Fronton, au nord de Toulouse ? Une femme de 59 ans, qui cumulait les fonctions de directrice et d’institutrice, comparaîtra prochainement devant le tribunal correctionnel pour des violences volontaires commises sur mineurs de moins de 15 ans par une personne ayant autorité. Onze élèves de maternelle sont officiellement concernés par la procédure ; pour trois d’entre eux, la gravité des traumatismes a conduit le médecin légiste à prescrire des jours d’incapacité totale de travail (ITT), une mesure qui pèsera forcément lors des débats judiciaires.
Gifles, bousculades, enfants enfermés dans le noir…
L’affaire a éclaté en 2024, à la suite du signalement d’une famille dont l’enfant était scolarisé dans cet établissement public. Dans un courrier adressé au rectorat, ces parents dénonçaient une situation qualifiée de « gravissime ». L’académie a immédiatement transmis ces informations au parquet de Toulouse, lequel a ordonné une enquête judiciaire confiée aux gendarmes de la compagnie Toulouse Saint-Michel.
Au cours des investigations, les témoignages des familles se sont multipliés, dessinant des méthodes pédagogiques d’un autre temps. Onze familles se sont constituées parties civiles. Elles décrivent des violences tant physiques que psychologiques. Les jeunes victimes, représentées notamment par Mes Julie Duroch et Tabata Merlateau, auraient subi des gifles régulières. Le dossier fait également état de bousculades, de punitions en enfermant un enfant dans l’obscurité et de brimades répétées destinées à humilier les maternels. Sollicitée, Me Julie Duroch se refuse à tout commentaire.
Elle nie tout
Les faits dénoncés se seraient déroulés sur une période s’étendant de septembre 2022 à la fin de l’année 2024. « Je suis bien sûr au courant de cette situation. Une procédure est en cours devant l’Éducation nationale pour suspicion de gestes violents », confirme Hugo Cavagnac, le maire de Fronton. L’édile précise avoir tenté, dès les premières alertes, d’instaurer une médiation avec l’Inspection académique pour évaluer les sanctions encourues par l’enseignante.
Placée en garde à vue fin 2025, la suspecte a maintenu une ligne de défense ferme, niant l’intégralité des accusations. La justice a pourtant décidé que les preuves étaient suffisantes pour la juger. Depuis que le scandale a éclaté, celle qui approchait de la fin de sa carrière a arrêté de travailler. Elle serait particulièrement choquée par la situation.
Le dénouement de cette affaire est désormais attendu dans l’enceinte du palais de justice. Le 31 mars prochain, la défense et les parties civiles confronteront leurs versions devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour déterminer la responsabilité pénale de l’ancienne directrice.





















