Réunie le 19 février, la Commission consultative de l’environnement (CCE) de l’aéroport de Toulouse-Blagnac s’est prononcée majoritairement en faveur de nouvelles restrictions d’exploitation, notamment sur le trafic nocturne. Une étape clé, détaillée par le Service régional de communication interministérielle dans un communiqué diffusé le vendredi 20 février.
À Toulouse-Blagnac, la question des nuisances liées au trafic aérien n’est pas nouvelle. Bruit, horaires tardifs, impact sur le cadre de vie : depuis plusieurs années, riverains, collectivités et acteurs associatifs réclament un encadrement plus strict des vols, en particulier la nuit. C’est dans ce contexte que la Commission consultative de l’environnement s’est réunie en préfecture, sous la présidence du secrétaire général de la préfecture de la Haute-Garonne. Cette instance, qui réunit représentants du secteur aéronautique, élus locaux et associations environnementales, a pour mission d’éclairer les décisions liées à l’impact de l’aéroport sur son territoire.
Des restrictions nocturnes clairement posées
Au cœur de la réunion de la CCE figurait un projet d’arrêté interministériel visant à encadrer plus strictement l’exploitation de l’aéroport. D’après le communiqué, ce texte constitue « la traduction réglementaire des mesures adoptées à l’issue de l’étude d’impact selon l’approche équilibrée menée sur l’aéroport ». Plusieurs mesures structurantes sont ainsi mises sur la table. Parmi elles, l’interdiction de programmer des vols commerciaux entre 23 heures et 6 heures, tant pour les décollages que pour les atterrissages.
Une autre disposition concerne les appareils les plus bruyants, avec l’exclusion des aéronefs de chapitres 3 et 4 présentant une marge acoustique insuffisante durant la nuit. Autre point notable : le retrait du “cœur de nuit” du vol actuellement opéré par Chronopost, prévu « au plus tard le 31 décembre 2028 ». Enfin, le texte prévoit la création d’un comité de surveillance du trafic de nuit, placé sous l’autorité du président de la CCE, afin d’assurer un suivi régulier de l’application des mesures.
Aéroport de Toulouse-Blagnac : un avis favorable, mais pas unanime
À l’issue des échanges, la commission s’est prononcée. Le communiqué précise que « la commission a exprimé un avis favorable à la majorité des membres présents ou représentés », avec un vote détaillé : 29 voix pour, 2 contre et une abstention. Un résultat qui marque un consensus large, sans effacer pour autant les divergences persistantes autour du devenir du trafic aérien nocturne. Pour les riverains, cette prise de position constitue néanmoins un signal fort, dans un dossier longtemps perçu comme figé.
Cette étape ne marque pas la fin du processus. Le projet d’arrêté est actuellement soumis à une consultation publique d’une durée réglementaire de trois mois, ouverte depuis le 5 janvier et qui se poursuit jusqu’au 5 avril 2026. Les contributions recueillies viendront compléter l’avis de la CCE avant la transmission du dossier à l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires. Ce n’est qu’à l’issue de cette séquence que le texte pourra être signé. Si le calendrier est respecté, les restrictions pourraient entrer en vigueur à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, sous réserve de la signature de l’arrêté avant la fin du premier semestre 2026.
Un équilibre recherché entre activité et cadre de vie
Ces décisions s’inscrivent dans un contexte où se croisent les enjeux liés à l’activité de l’aéroport de Toulouse-Blagnac et les impacts du trafic aérien sur l’environnement et le cadre de vie des riverains. La réunion du 19 février a permis de poser un cadre de travail commun, en formalisant des orientations et des mesures envisagées dans un cadre réglementaire précis.
Cette étape ne constitue pas une décision définitive, mais marque une avancée dans le processus engagé. La mise en œuvre des mesures annoncées et leurs effets concrets feront l’objet d’un suivi dans les mois à venir, notamment au sein des instances de concertation prévues, afin d’évaluer leur application et leur acceptabilité par l’ensemble des acteurs concernés.






















