Après la liquidation de Storido à Villers-Bocage, des clients attendent réparation

Le 13 février, le mandataire en charge de la liquidation de Storido a procédé à la vente de ce qu'il restait sur place.

Le 13 février, le mandataire en charge de la liquidation de Storido a procédé à la vente de ce qu’il restait sur place. (©La Voix Le Bocage)

Ils sont au moins sept à avoir fait confiance à Storido, une entreprise à Villers-Bocage et à n’avoir jamais vu leurs portes, leurs fenêtres ou encore leurs portes de garage livrées et installées, malgré le versement d’un acompte pour permettre la commande des produits.

Depuis qu’ils ont appris que la société Storido avait été placée en liquidation judiciaire le 9 janvier 2019, ils savent que leur commande ne sera jamais honorée, et que malheureusement ils ne retrouveront sûrement jamais l’argent avancé.

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C’est le cas de M. et Mme Marchand*, qui ont donné un chèque d’acompte de 3 700 € aux deux gérants de Storido. Après avoir déposé plainte, écrit une lettre au mandataire et déclaré une créance, ils ne sont pas très optimistes quant à une fin heureuse pour leur litige :

Nous, on va sûrement devoir s’asseoir sur cette somme d’argent. On ne sait trop rien sur cette affaire, mais ce qui est sûr c’est que les deux gérants vont recommencer, ils étaient déjà en redressement judiciaire auparavant.

En difficulté depuis 2015

En effet, la société Storido avait été placée une première fois en redressement judiciaire le 25 novembre 2015, pour une période d’observation de 6 mois par le tribunal de commerce de Caen.

Dès le 23 décembre, la procédure est clôturée par le même tribunal. Trois ans plus tard, le tribunal de commerce de Caen place à nouveau Storido en redressement judiciaire le 18 avril 2018, pour une période de 6 mois, qui est renouvelée par le tribunal le 17 octobre jusqu’au 18 avril 2019.

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Un délai que la société ne verra jamais puisque le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire de Storido le 9 janvier dernier, avec une poursuite d’activité autorisée jusqu’au 31 janvier.

Des mesures aléatoires

Mme Dupuis* a elle aussi choisi de faire confiance à Storido. Après avoir fait une demande à 4 entreprises différentes, c’est l’un des gérants de Storido qui l’a convaincu, même si avec le recul elle trouve sa démarche bizarre :

 Il a pris les mesures de manière très aléatoire. Après, il m’a appelé de manière répétée pour que je lui dise que je l’avais choisi. J’ai dit oui. J’ai appris plus tard que c’était le jour où son redressement judiciaire venait d’être prononcé.

Elle verse alors une somme d’acompte de plus de 1 500 € pour lancer la commande, commande qui ne sera bien évidemment jamais honorée : « Lors du versement, il m’annonce qu’il ne pourra pas me livrer avant le mois d’octobre, soit 4 mois plus tard. En octobre je n’ai toujours pas de nouvelles alors je le rappelle. Il me dit dans un premier temps qu’il est débordé, puis quelque temps plus tard il me rappelle pour me dire que du fait de soucis de trésorerie, il s’est servi de mon chèque pour payer l’Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales), et qu’il faut donc que je lui verse 2 000 € supplémentaires afin de lancer la fabrication de mon portail. »

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Une somme qu’elle refusera de verser, heureusement, puisqu’après avoir contacté le mandataire en charge de la liquidation, ce dernier l’informera que du fait des dettes trop importantes de l’entreprise, les clients ne pourront pas être dédommagés.

De l’argent liquide pour baisser la TVA

Lorsqu’ils faisaient affaire avec des personnes plus fragiles, comme des personnes âgées, les deux gérants proposaient un versement d’une partie de la somme en liquide. C’est en tout cas ce qu’expliquent M. et Mme Martin*, qui ont versé plus de 1 000 € en liquide pour la pose de fenêtres :

On nous a expliqué que cela permettait de baisser la TVA, et donc de baisser le prix de la facture. 

Les deux personnes âgées ont été étonnées lorsque le gérant a refusé de reporter la somme versée en liquide sur le devis, et l’ont reporté eux-mêmes après coup.

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Parmi les autres personnes ayant fait affaire avec Storido, plusieurs se sont vues proposer le versement d’une somme en liquide, ce que la plupart ont refusé.

Un seul motif d’espoir pour les victimes, que les différentes plaintes déposées débouchent sur un procès des deux gérants, et donc une possible réparation.

*Les noms ont été modifiés

Après la liquidation de Storido à Villers-Bocage, des clients attendent réparation


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