Nouvel Intermarché à Rugles. Ce qu'en pensent vos commerçants

Les travaux avancent vitesse grand V zone du Hanoy

Les travaux avancent vitesse grand V zone du Hanoy

Courant 2019, l’Intermarché de Bois-Arnault déménagera zone du Hanoy à Rugles, avec ce déménagement aura lieu un agrandissement non négligeable et dix créations de poste d’ici quatre ans. Mais que pensent les commerçants de cet agrandissement quant à l’attractivité pour le centre-ville ? Si les avis divergent quelque peu, ils ne sont dans l’ensemble pas contre, et attendent de voir si oui ou non, cela changera quelque chose à leur activité.

Par exemple, Olivier Dupont, patron du bar So’ Café de Rugles, est plutôt optimiste, « ça va créer une dizaine d’emplois, c’est un bien ». Et le déplacement facilitera selon lui un retour dans le centre-ville en voiture. « Ce sera mieux pour descendre dans Rugles, vous serez dans le bon sens » contrairement à l’autre Intermarché qui oblige à faire un grand tour pour revenir en ville.

Le pour et le contre

Mais quid de la mise en danger des commerces ? Selon lui, c’est un travail de chaque acteur.

« A nous d’être dynamiques et d’être en cohésion au sein de l’Union Commerciale Rugloise… Je pense qu’il [Marc Goujon, le directeur de l’Intermarché] est ouvert à pleins de choses ».

Pour Olivier Dupont, si tous les commerces, la population, et les élus travaillent dans le même sens, « un centre-ville ne peut être que dynamique » explique-t-il.

L’un des boulangers de Rugles, Patrick Coudray, raisonne à l’inverse.

« Les gens qui vont à Intermarché, ils vont prendre de tout, je ne vois pas pourquoi ils redescendraient dans Rugles, le samedi et le dimanche, ça va se sentir ».

A l’heure où il y a de plus en plus de pas-de-porte à Rugles et ailleurs, Patrick Coudray pense « que ça n’apportera rien de positif » dans cette ville moyenne de 2300 habitants, « mais on espère se tromper » temporise-t-il avec sa femme.

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Celui-ci a d’ailleurs bien vu et compris que les jeunes générations ne vont plus dans les petits commerces… Il se rappelle aussi du temps où les parisiens (qui étaient nombreux à avoir une résidence secondaire, venaient dans les petits commerces

« Maintenant ils vont tous au Leclerc [de L’Aigle]. J’entends les élus dire que ça va apporter du dynamisme, je ne suis pas de leur avis ».

Justement, Denis Guitton, le maire reste positif. « Intermarché existe déjà », et c’est une clientèle différente que les commerçants du centre-ville, car des services différents sont proposés explique-t-il, pensant qu’une grande surface plus importante empêchera les gens d’aller jusqu’à L’Aigle pour que Leclerc rafle la mise.

« J’espère que des gens viendront à Rugles plutôt qu’à L’Aigle, et qu’ils viendront dans Rugles ».

Mais, selon lui, plus que de craindre une hécatombe dans le centre-ville, une mutation des commerces de façon générale doit s’opérer à cause de l’avènement d’Internet et des hypermarchés. « Il ne faut plus attendre le client, il faut aller le chercher », et proposer des services en plus, comme de la livraison, par exemple pour « se différencier de l’achat pur et simple ».

Pour lui, Intermarché représente aussi des emplois et « un développement de la zone artisanale et l’assurance d’un passage augmenté, j’espère que ce passage se retrouvera dans le centre ».

Pascal Pivain, le fleuriste ne voit pas non plus cela d’un mauvais œil.

« S’il n’y a pas de grandes surfaces, les gens s’en vont, c’est malheureux de dire cela, mais ça garde des gens dans la région ».

Il n’a d’ailleurs pas vu de différence au moment de la première installation du supermarché à Bois-Arnault, dans son commerce.

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Enfin, le boucher, Stéphane Prevost, lui, est très partagé. Il questionne aussi la taille du projet « on verra si c’est vraiment utile à Rugles de faire un si gros supermarché ».

Selon lui, pour s’agrandir, il faut être sûr de son coup et ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre. « On veut faire plus gros que ce qu’on a ». Un Leader Price est en effet aussi installé sur la commune. Il confie.

« Je ne sais pas ce qu’il faut faire mais ça va être de plus en plus dur [pour les commerçants du centre-ville] faut pas se leurrer ».

Présent depuis de nombreuses années sur la commune Stéphane Prevost a vu la différence « avant les supermarchés, il y avait 80 commerces ». Si les parisiens se font rares aujourd’hui, il leur reste les camping-cars, très présents sur la ville, « il y en a qui viennent dans les petits magasins » mais il n’est pas hostile à ce nouveau magasin.

« Si tout le monde jouait le jeu de venir une fois par mois dans tous les commerces, tout le monde s’en sortirait à peu près bien ».

Reste à attendre la fin des travaux et le déménagement effectif pour mesurer l’impact sur l’économie locale.

Nous avons essayé de contacter l’Intermarché pour recueillir leur avis sur la question, malgré nos sollicitations téléphoniques. A l’heure de la parution, nous étions en attente d’une réponse de la direction.

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