Sées. L'Accueil de jour à l'hôpital, une bonne transition

Le médecin, l'assistante sociale, les Aides Médico-Psychologiques, une aidante et deux anciennes aidantes

Le médecin, l’assistante sociale, les Aides Médico-Psychologiques, une aidante et deux anciennes aidantes

« C’est comme une famille » qui existe depuis bientôt dix ans.

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Mais qui sait que ce service est apparu en 2009 ?

L’Accueil de jour est « un service de proximité. Pour en bénéficier, il y a des freins financiers et psychologiques mais il apporte un grand bénéfice et tout le monde reconnaît que du bon boulot y est fait », résume Jean-François Marichal, médecin.

Troubles de la mémoire

Ce service est proposé par l’hôpital de Sées, au « pavillon de la veuve Guibout ».

Là, sont accueillies, du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 16 h 30, des personnes aux prises avec « des troubles de la mémoire et qui ont besoin d’être stimulées sur le plan cognitif ».

Ces troubles, parfois mauvais fruits d’un mal qui avance sans bruit et sape les souvenirs : bien entendu, on pense à la maladie d’Alzheimer. Mais c’est aussi les suites d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral), la maladie de Parkinson, etc.

« On travaille sur ce qui reste et non sur ce qui est perdu »

Ces hommes et ces femmes suivent des ateliers encadrés par Annick et Aline, des AMP comme Aides Médico-Psychologiques.

« On s’adapte à chacun. On ne veut pas les mettre en échec, il faut au contraire les valoriser. On travaille sur ce qui reste et non sur ce qui est perdu », confie Annick.

Bien souvent, la personne fréquente l’Accueil de jour trop tard.

Notamment parce qu’il existe des freins psychologiques.

« Le processus est plus ou moins long, pour le malade et pour l’aidant » selon Antoine Chatel, directeur délégué de l’hôpital.

Freiner la maladie

« Mais je ne suis pas malade ! Tu me laisses tranquille ! ».

Voilà ce que peut entendre un conjoint valide lorsqu’est évoquée cette perspective : aller à l’hôpital le matin et revenir sept heures plus tard après s’être adonné à des activités « pour freiner l’évolution de la maladie et maintenir l’autonomie ».

Aller à l’hôpital quelques heures aujourd’hui pour retarder le moment où l’on partira passer nuits et jours dans une maison de retraite.

Recharger les batteries

Freins psychologiques pour le malade.

Freins psychologiques pour le conjoint aussi, qui culpabilise : « j’ai eu l’impression que je l’abandonnais avant de découvrir que ce séjour était bon pour lui », confie une ancienne aidante devenue veuve.

Des personnes aidantes qui respirent durant ces sept heures trop vite passées : elles peuvent « recharger les batteries », effectuer des démarches, faire leurs courses, sans se soucier du conjoint qui serait alors resté seul au domicile.

« Lorsqu’il rentrait, j’étais davantage disponible »

Toute médaille a un revers. Il prend la forme du regard des autres.

Une aidante a entendu penser le voisinage : « Ah… Elle se balade pendant que son mari est à l’hôpital… ».

L’aidant doit « dépasser » cela et rester digne, surtout lorsqu’on n’a rien à se reprocher : « je me suis mariée pour le meilleur et pour le pire, j’assume ».

Et puis, comme dit une ancienne aidante : « lorsqu’il rentrait, j’étais davantage disponible ».

Journée d’essai

L’autre frein est financier.

Le malade participe, en fonction de ses revenus.

Là, intervient Kathryn, assistante sociale qui étudie chaque demande et les aides possibles, etc. : « et puis il y a toujours une journée d’essai. La plupart du temps, c’est oui ».

L’Accueil de jour, c’est aussi une psychologue (Lysiane), une psychomotricienne (Amélie), une cadre de santé organisant le service (Angéla) et un éducateur sportif (Quentin) qui intervient deux fois par semaine pour « dérouiller le corps, activer la circulation sanguine, travailler la respiration… ».

Travail le midi

Une activité parmi d’autres, donc.

Le matin commence par le rappel de la date puis la lecture des nouvelles, avant d’être consacré aux exercices de logique : maths, français, mots cachés ou croisés…

Ensuite, il y a le repas thérapeutique : pour le personnel, le travail continue.

En effet, le malade, quelquefois, ne sait plus s’asseoir, ne sait plus ce qu’est une fourchette, il va devoir manger avec les mains, chose qui passe pour une incongruité (pourtant, à l’apéro qui prend une tomate-cerise avec une fourchette ou une cuillère ?).

Pas seulement s’occuper

L’après-midi, c’est plutôt jeux de société ou chants : « des personnes ne parlent pas mais chantent volontiers ».

Et là les paroles sortent naturellement de la bouche.

Personne n’a oublié « Petit Papa Noël » ou « La java bleue ».

Mais ces ateliers, « ce n’est pas que de l’occupationnel. Ainsi, on ne joue pas pour jouer ».

Mais pour freiner l’évolution de la maladie.

On sort aussi de l’hôpital.

Pour visiter le jardin de Trémont.

Aller au cinéma.

Ou pour prendre le train Sées-Surdon et retour : « des activités simples mais importantes ».

Cocooning

Et c’est ainsi que des personnes réticentes (« en perte de repères, qui vivent l’angoisse de se mettre en échec ») finissent par apprécier l’ambiance et ne plus y aller à reculons.

Un Accueil de jour qui devient une bonne transition entre le maintien à domicile et la Maison de retraite.

« C’est presque un cocooning ».

Et « comme une famille » (bis) conclut une aidante qui aimerait que le Ministère de la Santé soit plus attentif et plus généreux.

 

L’hôpital propose « dix places, ouvertes aux plus de 60 ans, tous les jours de 9 h à 16 h 30 ». On peut y aller une, deux, trois fois, etc. par semaine. Cela fait 50 places/semaine. Tél. 02 33 31 52 00 (standard) ou Kathryn au 02 33 31 52 29 (ligne directe).

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