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À la veille du vote du budget 2026, le Département de la Haute-Garonne affiche une trajectoire inédite : pour la première fois, ses dépenses de fonctionnement sont en baisse. Une décision assumée par son président, Sébastien Vincini, qui promet de « faire mieux avec moins » sans réduire les aides aux plus fragiles, malgré le contexte financier.
« Un Département peut tenir ses comptes sans renoncer à ses valeurs », a déclaré Sébastien Vincini, le président du Département de Haute-Garonne, à la veille de l’adoption du budget 2026. Les élus de la collectivité se réuniront effectivement ce mardi 31 mars pour voter. D’un montant d’1,89 milliard d’euros, ce budget est « solide, maîtrisé et utile », affirme l’élu. Et ce, alors que « les finances publiques nationales sont totalement dégradées, l’autonomie financière pour les Départements est quasiment absente et les dépenses sociales continuent d’augmenter ». « Nous sommes confrontés à ce que l’on appelle l’effet ciseau, c’est-à-dire des recettes contraintes et des besoins sociaux toujours en forte hausse, qui devient durable », déplore le président de la collectivité.
Il évoque ainsi « la TVA toujours gelée » ou encore « un marché de l’immobilier qui n’a pas véritablement repris », ce qui ne permet pas d’espérer percevoir davantage de recettes provenant des Droits de mutation à titre onéreux (DMTO). « Mais plutôt que de subir, nous avons fait le choix d’agir avec lucidité et responsabilité », souligne Sébastien Vincini avant d’ajouter qu’il est « possible d’être rigoureux sans être austère ». Pour cela, « ce budget repose sur un effort inédit de maîtrise ». Ainsi, « pour la première fois de son histoire », le Département va connaître une baisse de ses dépenses de fonctionnement, précisément de 2% par rapport à 2025.
Des dépenses de fonctionnement pour la première fois en baisse
« Concrètement, c’est -16% sur les charges à caractère général, c’est-à-dire le train de vie de la collectivité, -17% sur la communication et -30% sur les consommations énergétiques. Nous sommes, par ailleurs, revenus aux effectifs d’avant Covid, soit 370 agents de moins. Ce qui représente une baisse de la masse salariale de 3,4% », détaille le président du Département qui reconnait des « choix parfois difficiles ». « Mais nous avons refusé la solution de facilité, c’est-à-dire réduire les services publics, les fermer et arrêter les accompagnements. Nous avons choisi une autre voie, celle de faire mieux avec moins de dépenses de structure », fait savoir l’élu.
Ce dernier considère d’ailleurs « ces temps de crise » comme « des opportunités pour repenser et moderniser l’action publique afin de la rendre plus efficace ». Et, d’après lui, « les résultats sont là » : « délais divisés par deux, pour certaines demandes, notamment l’aide sociale pour l’hébergement des personnes âgées et en situation de handicap ». « Nous les avons réduits de cinq mois. Ils sont désormais de deux mois », se félicite l’élu qui cite aussi les délais de traitement des dossiers à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) « passés de sept, en 2023, à quatre mois et demi de moyenne, aujourd’hui ».
S’il « a réduit ses dépenses de fonctionnement et de structure », le Département a décidé de « maintenir l’ensemble de ses politiques publiques envers les publics les plus fragiles ». Ce qui représente 1,84 milliard d’euros de dépenses, dont 1,08 en direction des politiques des solidarités. Un montant « en hausse par rapport à l’année dernière ». « Le budget des solidarités était de 988 millions d’euros l’an dernier », rappelle Sébastien Vincini. La collectivité augmente aussi sa contribution au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 31) de 1,5 million d’euros comparé à 2025 afin de « recruter et construire les casernes nécessaires ». « Il y a toujours davantage de besoins et d’appels au secours et les pompiers sont en première ligne », souligne le président du Département.
« Un niveau élevé d’investissement » en 2026
Côté investissement, ce sont près de 254 millions d’euros qui seront mobilisés en 2026. « Un niveau élevé d’investissement, similaire à ce que nous avons connu par le passé quand nous disposions de bien plus d’argent. Mais nous avons fait mieux avec moins », appuie Sébastien Vincini. Une enveloppe qui va notamment permettre le démarrage des chantiers des collèges de Plaisance-du-Touch et Aucamville, le lancement des travaux de construction du nouveau pont de Mirepoix au mois de septembre, la restauration du pont de Saint-Martory qui va « s’achever en cours d’année », les travaux de sécurisation des Gorges de la Save, dont la réouverture est prévue avant l’été, « le maintien des engagements » pour les mobilités ou encore la réhabilitation et la restructuration du siège des Archives départementales et l’extension de la cinémathèque de Toulouse à Balma.
Toujours dans le souci de « préparer l’avenir », le Département va « se doter d’une nouvelle stratégie d’aménagement du territoire », que les élus voteront également ce 31 mars. L’objectif : porter une vision d’avenir pour la Haute-Garonne autour d’enjeux clés : « la résilience face au changement climatique, la raréfaction du foncier, le vieillissement de la population, la proximité des services publics ou encore le développement des mobilités durables ». De même, il mettra en place son Conseil scientifique, composé d’une vingtaine de personnes, au mois de juin prochain. Pour rappel, il doit accompagner la collectivité dans le cadre de sa feuille de route sur la bifurcation écologique.