Coincées par la guerre pendant trois semaines dans un hôtel de Tel Aviv, en Israël, une conseillère d’éducation du collège Léonard de Vinci de Tournefeuille et sa fille autiste ont pu enfin prendre un avion ce week-end. Une libération après avoir vécu l’enfer.
« Nous sommes parties juste à temps »… Quand les roues de l’avion de la compagnie israélienne Israir ont touché le tarmac de l’aéroport de Rome-Fiumicino, samedi soir, Emmanuelle Damour a poussé un grand ouf de soulagement. Avec sa fille autiste, Parker, elle a mis à distance un cauchemar qui aura duré deux semaines, depuis le début des hostilités entre l’État hébreu et l’Iran.

« Nous étions arrivées le 21 février à Tel-Aviv. Je souhaitais découvrir la fête de Pourim et fêter aussi mon 49ᵉ anniversaire, raconte-t-elle. J’avais décidé d’embarquer ma fille de 19 ans dans cette aventure, pour lui changer les idées en lui vantant la vitalité de cette ville réputée pour être gaie et festive. Je n’imaginais pas que tout allait basculer brutalement ». Descendues au Wom Beach Hôtel, sur le front de mer, Emmanuelle et Parker n’ont pas profité longtemps des douceurs orientales. Une semaine à peine, avant que l’enfer ne s’abatte sur elles. « Les alertes s’enchaînaient sur nos téléphones, un bruit strident, violent, pour nous demander de nous mettre à l’abri au sous-sol de l’hôtel. Pleurer, paniquer, se calmer, pleurer à nouveau, s’effondrer… C’était le chaos, confie Emmanuelle. Nous avons vécu un calvaire, terrorisées par la déflagration des roquettes et le bruit des drones neutralisés par le Dôme de fer »…
Un bel élan de solidarité
Après l’annulation de son avion de retour le 5 mars, l’attente pour trouver un vol autorisé par les autorités a été interminable. « Grâce aux Israéliens avec qui on partageait notre quotidien, notamment le directeur de l’hôtel où je me trouvais, et grâce aussi à un ressortissant tchèque, on a finalement pu obtenir le sésame ». Non sans une ultime péripétie et une grosse frayeur. « Au moment de quitter l’aéroport Ben-Gourion, samedi en fin d’après-midi, une frappe nous a forcées à quitter l’avion pour nous mettre en sécurité dans un abri. Nous avons vu Tel-Aviv sous un nuage de fumée noire, comme jamais nous ne l’avions vue ».
Dimanche, Emmanuelle et Parker ont enfin posé le pied sur le sol toulousain. Mais les fantômes demeurent. « Ce que nous avons traversé nous a traumatisées, avoue Emmanuelle. Le premier soir, nous n’avons pas pu fermer l’œil et nos nuits sont rythmées par les insomnies. Heureusement, les rencontres que nous avons faites, le soutien que nous avons reçu de mes collègues et de parents d’élèves de mon collège nous ont sauvées. Je ne sais pas ce qu’il y a au-dessus de la solidarité. L’amour peut-être… Mais les Israéliens nous ont protégées, nourries, calmées, apaisées. Ce soir, nous pensons à eux très fort, à nos amis restés sous les roquettes, les missiles et les drones ».














