Selon Safia Dahani, politiste et sociologue, la fusion des listes de gauche (LFI-PS) à Toulouse pourrait permettre à la gauche de reprendre le Capitole à la droite dimanche prochain. Mais cela passe aussi par une hausse de la participation dans certains quartiers.
La gauche peut-elle prendre les manettes du Capitole ? À Toulouse, la question se pose évidemment depuis l’annonce de la fusion des listes LFI et PS, pour le second tour, face au maire sortant, Jean-Luc Moudenc.
Safia Dahani, politiste et sociologue, a analysé les enjeux ce lundi matin sur la radio ICI Occitanie : « Si on fait juste de l’arithmétique, on peut quand même dire que les deux listes de gauche ont une certaine avance sur la liste de Jean-Luc Moudenc« .
Mais elle relativise et pointe du doigt le rejet possible de LFI : « Attention au mélenchonisme, attention à l‘extrême-gauche » qui peut faire peur. L’appel à voter pour l’union de la gauche devra surmonter les réticences de certains électeurs, notamment ceux du centre-gauche, qui pourraient être effrayés par la radicalisation de La France insoumise.
Mais selon cette analyste, le fait que l’union se soit faite très rapidement entraîne une certaine clarté : « Les électeurs du centre gauche devront faire un choix, est-ce qu‘ils veulent reconduire la politique de Jean-Luc Moudenc, qui est un cadre de la droite, ou contribuer à l‘alternance politique, ou s‘abstenir ?«
Les défis de la mobilisation électorale
Mais la clé du scrutin tient dans la participation : dans les quartiers populaires, l’abstention a été historiquement élevée. Au-delà de la mobilisation de sa propre base, le succès de l’union de la gauche à Toulouse dépendra aussi de sa capacité à attirer des réserves de voix potentielles.
Mais selon Safia Dahani, le combo est peut-être gagnant pour la gauche : « La liste de François Piquemal mobilise assez bien dans les quartiers populaires où l‘abstention est quand même importante ». Avec le vote socialiste qui s’ajoute, « on peut se dire qu‘il peut y avoir une mobilisation électorale de la gauche assez large« . Sachant que Toulouse est une ville qui vote traditionnellement à gauche sur l’ensemble des scrutins… sauf aux municipales. La politiste rappelle aussi la puissance du vote LFI : François Piquemal devance François Briançon alors qu’il n’est soutenu que par un seul parti. Le socialiste, lui, fait moins, alors qu’il avait réussi l’union de plusieurs autres partis de gauche.
Jean-Luc Moudenc pourrait lui tenter de capter les électeurs de l’extrême-droite. Selon Safia Dahani, « le maire sortant de Toulouse a effectivement les réserves de voix du Rassemblement national ou de Reconquête » qui pourraient vouloir se mobiliser pour voter contre la France Insoumise.
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