Le village de Camon (09) accueille ce dimanche la 23ème édition de la Fête des roses, rendez-vous devenu incontournable en Ariège. Les visiteurs pourront se promener d’arbustes en arbustes dans les ruelles de ce village fortifié surnommé « la petite Carcassonne ». Il compte 400 rosiers grimpants.
Un petit village de l’Ariège s’apprête, ce dimanche 17 mai, à accueillir des centaines de visiteurs pour la 23ème édition de la Fête des roses. Ce petit village, c’est Camon, il est situé entre Mirepoix et Lavelanet. 148 habitants seulement, et une dynamique hors pair. L’association locale réunit des bénévoles de 12 à 85 ans que Ici Occitanie a rencontrés.
Des bénévoles de tous âges et de nationalités différentes
La Fête des roses de Camon ne serait rien sans ces bénévoles. La plus jeune c’est Manon, elle a 12 ans. La plus âgée, c’est la femme de l’ancien maire qui a eu l’idée au début des années 1990, d’offrir un rosier à chacun de ses administrés, mais elle ne veut pas être interviewée, alors c’est Marie-Pierre qui prend la parole, une poêle à la main, un sourire jusqu’aux oreilles :
« Je suis réquisitionnée au stand de la préparation des crêpes, parce qu’il faut avoir un tour de main et que les autres bénévoles n’osent pas se lancer dans la réalisation des crêpes. Aujourd’hui, on en est à plus de 350 et on en a encore pour l’après-midi donc ça va être à peu près 500 crêpes. » Marie-Pierre a participé à toutes les éditions jusqu’à ce jour, et comme toutes les autres « petites mains » de la fête, elle fait en sorte que tout soit prêt pour accueillir le visiteur qui déambulera dans les rues de son village.
Camon est également ouvert sur l’international, l’association « Ostal Per Totis » organisatrice de la Fête des roses, compte dans ses rangs des bénévoles venus des Flandres en Belgique, d’Afrique du Sud, de Seattle aux États-Unis et pas que : « Je suis Elisabeth, je suis d’Angleterre, j’ai vécu à Camon pendant sept ans » confie celle dont la mission sur la Fête des roses est « d’obéir aux ordres qui viennent d’en haut« . Installation de barrières, montage de stands, cuisson de nourriture pour le grand public, les tâches ne manquent pas.
La petite trentaine de bénévoles est rassemblée pour transmettre l’amour qu’elle porte au village de Camon et à ses roses, aux visiteurs comme Valérie, qui commente son smartphone en mode « macro » devant une rose rouge : « Je suis en train de prendre en photo une rose qui est magnifique. Son nom c’est le Grand Huit. J’aime bien la forme de la fleur, la couleur, le nombre de pétales. » En plus des rosiers grimpants, Camon héberge une roseraie juste à la sortie du village, le long de l’Hers, sous le pont de l’ancienne voie ferrée.
Des rosiers pour éviter que les chevaux ne prennent un virage trop serré dans les rangs de la vigne
Au début des années 1990 c’est le maire de la commune qui a eu l’idée d’offrir un rosier à chacun de ses administrés, souvenir de l’époque où le village avait des vignes, pour qu’ils les plantent devant leur maison et que Camon se fasse un nom, ça a marché. Ce maire, c’est Jean Huillet, surnommé Jeannot. Aujourd’hui il tient à révéler la véritable origine de la présence des rosiers au pied des vignes, contrairement à une idée reçue, ce n’était pas pour prévenir de la maladie – plus fragile aux maladies quand le rosier était atteint il fallait traiter la vigne- c’est moins bucolique explique l’ancien élu :
« En réalité, il faut remonter à la traction animale, au siècle dernier, quand les vignes étaient travaillées avec des chevaux. Et quand les chevaux arrivaient au bout de la rangée de la vigne, il fallait bien sûr qu’ils fassent demi-tour pour reprendre la rangée suivante. Les chevaux avaient tendance à tourner au plus court, et donc très souvent ils abîmaient le premier ceps qui poussait en bout de rangée. Les vignerons avaient donc pris l’habitude de planter des rosiers avec des épines en bout de la vigne à chaque rangée, parce que le cheval qui n’était pas plus bête que les autres, lorsqu’il se piquait les jarrets dans les rosiers, il prenait un demi-tour beaucoup plus grand. »
Et le maire de rétablir définitivement la vérité :
« Donc concrètement et réellement, l’utilité du rosier dans les vignes, c’est celle là, je tiens à rétablir la vérité. Mais bon, c’est plus joli de dire, et je suis le premier à le dire, que le rosier, est l’ange-gardien de la vigne » admet il, malicieux.
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L’accès à la Fête des roses de Camon est gratuit. Notez que pour la première fois en 23 éditions, la commune est entièrement piétonnisée. Les voitures ne pourront pas traverser la commune, des parkings sont prévus aux deux entrées du village.
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