Un jour d’avril 2022, une employée d’un grand magasin de Fenouillet, près de Toulouse, a remarqué un fil, puis une caméra, dans les toilettes des salariés. Rapidement, un homme a été soupçonné. « Une pulsion » selon ce supérieur hiérarchique, vite licencié et qui vient d’être condamné par la justice.
Quatre ans après les faits, elles se serrent sur les bancs de la salle d’audience du palais de justice de Toulouse, réunies pour assister au procès de l’homme qui les a espionnées. Combien de temps ? « Il dit un mois mais sûrement beaucoup plus », prévient Me Virginie Chasson, une des avocates des victimes.
Le parquet poursuit cet homme de 51 ans dans le cadre d’une convocation sur reconnaissance préalable de culpabilité. Pas de vrai débat, juste quelques mots de cet homme visiblement pas à l’aise devant son juge. Il évoque « une pulsion », le choix de « la violation de l’interdit ».
L’homme visionnait en direct
« Ces femmes restent traumatisées, plus de quatre ans après », constate Me Chasson. « Ma cliente, toujours suivie par un psychologue, se sent mal à l’aise dès qu’elle sort de chez elle », confie Me Victorine Votte. « Dès qu’elle rentre dans un magasin, un bureau, elle cherche les caméras… »
Lorsque le dispositif d’espionnage a été découvert dans les toilettes, les employés de cette grande enseigne de décoration et d’ameublement ont soupçonné Jérôme. Elles avaient remarqué qu’il regardait souvent une tablette. « Les images y étaient transmises en direct », éclaire Me Chasson.
Depuis, sept femmes ont quitté l’enseigne, l’une d’entre elles continue à y travailler. Dès son placement en garde à vue en avril 2022, l’homme a été mis à pied par sa direction. Avant d’être licencié pour « faute grave » avant même la décision judiciaire.
Où sont les enregistrements ?
Le prévenu a beau expliquer « Je ne les regardais pas », les victimes n’y croient pas. Et s’inquiètent. « Parce que personne ne sait où sont les images et si demain, ou plus tard, elles ne vont pas ressortir », motivent les deux avocates des parties civiles.
En défense, Me Pauline Rumeau se veut rassurante. Son client, qui balbutie quelques mots d’excuse maladroits encouragé par le président, a accepté la peine de cinq mois de prison avec sursis décidée par le parquet. Le président fixe les dommages et intérêts réclamés par les victimes à 1 500 euros pour chacune d’entre elles ; certaines obtiennent également le remboursement des soins psychologiques. Plus 250 € pour les frais judiciaires. Au final, une facture lourde.














