Prévue pour fin 2028, selon le calendrier fixé par Tisséo, la ligne C du métro a-t-elle déjà un effet sur l’immobilier à Toulouse ? À moins de trois ans de sa mise en service, les travaux battent leur plein dans la Ville rose. Le chantier est immense : la future ligne, d’une longueur de 27 kilomètres et qui comportera 21 stations, reliera Colomiers à Labège. Et l’influence de ce chantier dépasse le simple enjeu des mobilités : elle aura également un impact direct sur l’urbanisme puisque 28 800 logements seront construits le long du tracé dans les années futures. Certaines de ces opérations immobilières ont déjà été lancées, ou, sont déjà dans les tuyaux, comme à Matabiau Quai d’Oc ou à Montaudran Aerospace. D’autres seront lancées dans les prochains mois. Si le projet aura donc un impact réel sur l’immobilier neuf, quand est-il de l’immobilier ancien ? Observe-t-on déjà une montée des prix dans les quartiers concernés ?
« Un effet métro difficile à analyser »
Au moment de présenter les chiffres de l’immobilier pour l’année 2025 à Toulouse et en Haute-Garonne, Me Frédéric Giral a esquissé un début de réponse : « L’effet métro est encore difficile à analyser aujourd’hui », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.
Alors que l’année 2025 (qui succède à une année 2024 particulièrement morose, qui avait été marquée par une baisse des volumens de vente et une légère baisse des prix) a été marquée par une reprise, timide mais bien réelle, sur le front de l’immobilier, les chiffres dévoilés par la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Toulouse ne montrent effectivement pas de véritable élan dans les quartiers qui accueilleront une station de la future ligne C.
Quel effet sur les prix ?
Pour les appartements anciens, les prix progressent ainsi légèrement sur un an aux Sept Deniers (3420€/m2 – + 2,2 % sur un an), aux Minimes (3 260€/m2 – + 1,5 %) tandis que les prix régressent un peu à la Côte Pavée (3 690€ /m2, -1,6 % sur un an) ou à Bonnefoy (2 980€ / m2, -2,5 %).
Pour les maisons anciennes, les prix progressent à la Côte Pavée (+8,1% sur un an), aux Minimes (+4%) tandis qu’ils stagnent aux Sept-Deniers (+0,3%), et régressent à Bonnefoy (-7,1 %), un quartier qui a été confronté à l’effondrement d’une maison à la suite du passage du tunnelier, en juin 2025.
« Des craintes liées au chantier »
« Il n’y a pas encore d’effet troisième ligne. C’est même presque contre-productif car aujourd’hui ce que voient les gens, c’est surtout des travaux et des difficultés. Les acquéreurs potentiels ne se projettent pas encore dans l’intérêt futur du métro », souligne Me Frédéric Giral.
« Il y a aussi des craintes à propos des constructions existantes et du passage du métro en dessous. C’est quelque chose qui revient beaucoup, ces interrogations au sujet d’un risque pour les constructions situées au-dessus du chantier », explique de son côté Me Henri Chesnelong, notaire spécialiste de l’immobilier.
Il faudra patienter
Si certains professionnels tablent sur une valorisation de + 15 à + 25 % en cinq ans pour les logements qui seront situés à 800 mètres maximum d’une station, il faudra sans doute patienter jusqu’à l’arrivée effective des stations et la mise en service de la ligne C, pour analyser les effets éventuels sur l’immobilier dans les quartiers concernés par la troisième ligne de métro.
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