À Saint-Béat-Lez, les habitants ont tranché net. Le dimanche 15 mars 2026, Charlotte Perefarres a été élue maire avec 86 % des suffrages, soit 207 voix sur 241 votants. Un score qui a surpris jusqu’à la principale intéressée. « J’ai été très touchée de voir tous les habitants présents au dépouillement », confie-t-elle. À 21 ans, elle devient l’une des plus jeunes maires de France.
Une vocation précoce
Tout a commencé à 18 ans, quand Charlotte se présente conseillère municipale. Pas par hasard, mais par conviction. « Je crois qu’on peut changer les choses, et j’adore le contact humain, être sur le terrain, trouver des solutions avec les gens. »
Trois ans plus tard, c’est la mairie qu’elle vise, avec sa liste “Mieux vivre à Saint-Béat-Lez” et une équipe qu’elle a elle-même constituée, en puisant dans son village natal. « Ce sont des personnes que je connaissais. J’ai grandi ici, je connaissais presque tout le monde. »
Le porte-à-porte comme méthode
Pour convaincre, Charlotte a misé sur le terrain. Elle est allée frapper à chaque porte, et rappelé ceux qui ne répondaient pas.
Sur le pas des maisons, un message revenait sans cesse : les habitants voulaient du changement, un nouveau souffle pour le village. « Les gens rouspettaient un peu pendant la campagne, mais c’est normal, c’est le jeu », sourit-elle.
Un village, trois priorités
Son programme s’articule autour de trois axes : améliorer le cadre de vie, développer l’économie locale et renforcer le lien social. Dans une commune de moins de 400 habitants, le développement économique passe par des projets concrets : reconstruire un bâtiment sinistré, remettre en service la piscine intercommunale fermée depuis 2024, et miser sur le tourisme sportif — pêche, sports aquatiques — dans cette commune traversée par la Garonne.
Rapprocher les élus des citoyens
Ce qui tient le plus à cœur à Charlotte, c’est le lien entre habitants et élus. « Les citoyens doivent se sentir écoutés et impliqués. » Elle a déjà décidé que les commissions municipales ne seront pas réservées aux seuls élus : les habitants pourront y participer.
Les repas partagés, les marchés, et la création d’un lien intergénérationnel font aussi partie de ses chantiers prioritaires.
Maire et étudiante
Charlotte finit en parallèle un master en droit des collectivités territoriales à l’université de Toulouse, avec seulement deux jours et demi de cours par semaine. « Il ne me reste que quelques mois », relativise-t-elle.
Son objectif professionnel, lui, ne change pas : travailler dans les ressources humaines. « Maire, c’est une fonction, pas un métier. Un maire peut totalement avoir un emploi à côté. »
“Mon âge n’est pas un frein”
Les réticences liées à son jeune âge ? Peu nombreuses, selon elle. « Je répondais que c’était à moi de prouver. Et je rappelais que j’ai une équipe; on oublie souvent ça, je ne suis pas seule. » Sa famille, elle, était au complet lors du dépouillement. Grands-parents, parents, sœur. « Ils étaient tous contents. »
À ceux qui ne votent pas ou ignorent la politique locale, Charlotte adresse un message simple : « Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que les choix d’une mairie impactent la vie de tous les citoyens. Il faut redonner de l’ambition citoyenne aux jeunes. C’est exactement ce que je veux faire. »
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