L’industriel entend s’appuyer sur son expertise technique pour développer des drones ou encore des avions militaires pour l’armée française et l’export.
Aura Aero poursuit son décollage. La start-up toulousaine créée par des anciens d’Airbus annonce une première commande ferme pour un exemplaire de l’ERA, son avion hybride-électrique de la part de la compagnie aérienne française Pan Européenne Air Service (PEAS).
Basée à Chambéry et à Lyon, cette compagnie aérienne privée française est spécialisée depuis près de 50 ans dans les vols d’affaires sur mesure. Elle exploite cinq avions Embraer et dessert jusqu’à 500 destinations en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La compagnie ambitionne d’être une des premières compagnies au monde à exploiter un avion hybride-électrique avec des passagers payants.
« Pan Européenne est bien plus qu’un client de lancement, c’est un partenaire de confiance qui nous accompagne depuis le début du programme d’ERA. Nous sommes très fiers de compter sur l’engagement d’une entreprise qui choisit de soutenir un constructeur français, car nous partageons les mêmes valeurs et la même vision », commente Jérémy Caussade, président et co-fondateur d’Aura Aero.

Pour rappel, l’ERA est un appareil de 19 places à vocation régionale équipé de huit moteurs électriques fixés sur des ailes surélevées, et deux turbogénérateurs à kérosène compatibles SAF (Sustainable Aviation Fuel). Il alternera automatiquement les phases hybrides et électriques en fonction des phases de vol. Il est capable de couvrir jusqu’à 1.500 km et d’atterrir sur les plus grands aéroports comme sur des pistes courtes et non préparées. « Cet avion répond aux défis environnementaux du 21ème siècle, réduisant les émissions de CO2 jusqu’à 80% comparé aux avions thermiques dans la même catégorie, tout en réduisant significativement les coûts d’opérations directs, rendant la connectivité régionale viable à nouveau », explique le constructeur.
Une filiale dédiée à la défense pilotée par un ex-chef d’état-major de l’armée de l’air
L’appareil doit néanmoins encore franchir la difficile étape de la certification (épaulé par Airbus) qui est prévue en 2028, avant de pouvoir passer à la production. À ce jour, le carnet de commandes pour l’avion compte près de 700 intentions de commandes émanant de 16 compagnies et opérateurs internationaux, valorisées à 12 milliards de dollars, indique l’entreprise. Fin 2023, l’américain JSX, un transporteur aérien régional basé à Dallas au Texas indiquait avoir signé une lettre d’intention portant sur la fourniture de 150 appareils (dont 50 en option).
Si la start-up développe également un autre avion, l‘Integral E 100% électrique, un appareil biplace destiné à la formation, à la voltige et au loisir (il est déjà certifié et a effectué son premier vol), elle entend aujourd’hui s’appuyer sur son expertise technique pour développer du matériel militaire dans un contexte de forte demande.
« Travailler pour la défense s’inscrit dans la continuité de notre projet d’entreprise: répondre aux enjeux de la nouvelle aviation mais aussi de la réindustrialisation et de la souveraineté. La défense est un pilier de notre projet et pourrait générer un milliard d’euros de revenus pour Aura Aero », explique Jérémy Caussade au Figaro.
L’objectif, à travers la création d’une filiale pilotée par le général Stéphane Mille, ex-chef d’état-major de l’armée de l’air, est de développer des drones et aéronefs militaires pour l’armée française mais aussi à l’export. Son projet le plus avancé est un drone de moyenne altitude et de longue endurance baptisé Enbata qui a été sélectionné par la DGA (Direction générale de l’armement) avec quatre autres fabricants dans le cadre d’un appel à projet. Le vainqueur sera connu cette année pour des livraisons en 2028. Il a été développé en partenariat avec Thales et Safran.














