À Toulouse, le PS et LFI ont annoncé une liste commune pour le second tour des municipales, malgré l’absence d’accord national entre les deux partis. Une union de la gauche inédite pour tenter de battre le maire sortant Jean-Luc Moudenc, mais qui divise déjà les électeurs toulousains.
L’union de la gauche prend forme à Toulouse. Lundi 16 mars dès 9h, le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI) ont officialisé une liste commune pour le second tour, malgré l’absence d’accord national entre les deux partis.
Arrivés respectivement deuxième et troisième au premier tour des municipales, dimanche, François Piquemal (LFI) avec 27,56% et François Briançon (PS) avec 24,99% feront campagne ensemble sous la bannière « Demain Toulouse, la gauche unie ». Leur objectif : tenter de renverser le maire sortant divers droite, Jean-Luc Moudenc.
À eux deux, ils ont rassemblé davantage de voix que l’édile sortant. Mais Jean-Luc Moudenc conserve une avance confortable : il devance François Piquemal, le candidat retenu pour conduire la liste d’union, de près de dix points et compte environ 15.000 électeurs de plus.
De son côté, le socialiste François Briançon, soutenu par les écologistes, pourrait prendre la présidence de la Métropole en cas de victoire.
Une alliance qui divise
Mais rien n’est fait. Cette alliance PS–LFI à Toulouse suscite de vives réactions des habitants. Certains électeurs de gauche saluent ce rapprochement. « C’est bien qu’à notre échelle locale, ils aient réussi à s’unir finalement pour faire front, et j’espère tellement que ça va passer ! Ce serait une nouvelle ère à Toulouse », espère Malou, étudiante en master à l’université du Mirail.
D’autres, en revanche, rejettent catégoriquement l’idée d’un rapprochement avec les Insoumis. « Moi j’ai pas du tout envie que passe Monsieur Mélenchon et tout son parti. Je n’aime pas ce monsieur qui inspire la violence et cherche plus à conforter un électorat que d’arranger les situations », affirme Martine, 65 ans.
Pour certains électeurs, la politique nationale pèse aussi dans le vote local. Philippe, artisan du quartier des Minimes, explique : « J’ai déjà voté pour lui, pour Mélenchon lors des élections présidentielles. Et sincèrement, quand je vois comment ça s’est dégradé, sa façon de parler aux gens… » Le résultat est sans appel pour cet électricien :« Je voterai Moudenc par défaut. Lui connaît le job. Les autres, c’est l’inquiétude. On ne sait pas trop qui sont ces gens. Le temps qu’ils s’installent, le mandat sera fini. » souligne-t-il.
Chez les plus jeunes électeurs, l’union fait davantage naître l’espoir d’un changement, à condition que l’électorat de gauche suive l’union.« Je me dis que face à des candidats d’extrême droite, peut être que le barrage est un peu plus évident, que dans cette situation, face à un candidat comme Moudenc. Peut être qu’il y a des électeurs PS qui préfèreront faire barrage à LFI… » s’inquiète Kylian, un étudiant toulousain en langues étrangères.
Une autre étudiante abonde :« Forcément il y aura des personnes réfractaires. Moi-même, je ne suis pas forcément à fond avec LFI ! Mais au bout d’un moment, c’est la solution pour vraiment faire barrage à Moudenc. »
Verdict dimanche soir, à la sortie des urnes.
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