Derrière ce Tournoi remporté par les Bleus, se cache une vérité alors qu’il ne reste plus que douze matchs avant la Coupe du monde. À savoir l’absence de certitudes à certains postes.
Bien sûr, il est impossible de faire l’économie de cet élan positif qui a envahi les travées du Stade de France et la France du rugby samedi soir. Parce que la note globale de la rencontre (suspense, qualité du match, ambiance) est montée haut. Parce que l’équipe de France a remporté un deuxième Tournoi consécutif. Parce qu’en face, c’était en plus, l’ennemi juré.
D’ailleurs, en conférence de presse, dans l’amphithéâtre de l’enceinte dyonisienne, le capitaine Antoine Dupont a voulu rester sur le temps du présent : « Bien sûr, il faudra regarder ces choses qu’on doit améliorer, ce qui n’a pas fonctionné en Écosse et même ce soir. Mais ce n’est pas le temps de l’analyse. C’est le moment d’abord de profiter. C’est tellement dur de gagner des titres, de gagner ce Tournoi. Il faut mesurer la chance qu’on a de gagner et puis, pour certains, c’est le premier titre. Il faut savoir apprécier ces moments qui sont rares. »
On imagine aisément que derrière les choses à améliorer, on trouvera ce secteur défensif qui a complètement flanché lors des deux rencontres (96 points encaissés en deux rencontres !). Il faudra trouver une réponse qui sera avant tout collective.Il reste que, proximité de la Coupe du monde (1er octobre 2027 en Australie) oblige, il convient de regarder plus loin. Et la première lecture de ce Tournoi nous interpelle sur l’absence de certitudes concernant quelques postes et quelques joueurs auparavant incontournables alors que Fabien Galthié a utilisé 30 joueurs différents sur les feuilles de match des cinq rencontres.
Quid par exemple des cadres non appelés durant ce Tournoi ? Nous écrivons volontairement non appelés et pas évincés car tout va toujours très vite dans le sport. Grégory Alldritt, Damian Penaud et Gaël Fickou peuvent-ils retrouver leur place au sein du groupe France alors qu’ils n’ont jamais été appelés dans le groupe des 42 durant ce Tournoi ?Des trois joueurs, c’est Gaël Fickou qui semble partir de plus loin tant le poste de centre s’est considérablement enrichi ces derniers temps. Pour l’heure, Nicolas Depoortere, Yoram Moefana, Pierre-Louis Barassi, Emilien Gailleton, Fabien Brau-Boirie et Kalvin Gourgues semblent le devancer. Ce dernier a l’avantage de pouvoir occuper plusieurs postes de la ligne de trois-quarts.
Au rayon des centres, on s’interroge également sur la paire de centres « titulaire » si la Coupe du monde débutait demain. La paire bordelaise ? La paire paloise ? Ou un mix ? Pour l’expérience, il serait judicieux d’en définir une même si la paire bordelaise a été cassée par les blessures.De même en deuxième ligne, Fabien Galthié a alterné avec l’attelage toulousain Thibaud Flament – Emmanuel Meafou et une paire de troisième ligne Charles Ollivon – Mickaël Guillard. Quelle est celle qui possède le plus de crédit selon Galthié ?Enfin, le poste de demi d’ouverture. Si Matthieu Jalibert a effectué un bon Tournoi, le match avec Romain Ntamack n’a pas encore livré son verdict. Le Toulousain a juste été écarté du rendez-vous de ce Tournoi sur blessure et son retour au plus haut niveau devrait relancer le match que Fabien Galthié n’a pas eu à arbitrer cette année…

















