Jamais deux sans trois. Jean-Luc Moudenc a réussi à inverser un rapport de force qui lui était défavorable, sur le papier, à l’issue du premier tour. Grâce à une mobilisation de la droite et une fusion à gauche autour de LFI qui a joué comme un repoussoir.
Le paradoxe toulousain est encore bien vivant. Dans une ville qui vote à gauche pour les élections nationales, où La France insoumise (LFI) fait ses meilleurs scores et compte trois députés, Jean-Luc Moudenc, le maire sortant, a une nouvelle fois réussi à conserver le Capitole, citadelle assiégée, dans le giron de la droite.
Après avoir repris la mairie d’un cheveu au socialiste Pierre Cohen, en 2014, dominé l’improbable aventure d’Archipel citoyen en 2020, il a réussi, cette fois, à tenir à distance une union de la gauche fusionnée dans l’urgence entre les deux tours. Sur le papier pourtant, avec la percée surprise de François Piquemal, arrivé devant la liste plurielle de François Briançon, dimanche dernier, le rapport de force penchait en faveur de cette alliance renouant avec le Nouveau Front populaire (NFP), qui avait réuni autour de 55 % des voix. Mais l’arithmétique ne fait jamais une élection.
Le repoussoir LFI
Avec une participation qui a bondi de 5 %, Jean-Luc Moudenc a réussi à mobiliser les électeurs contre ce qu’il n’a eu de cesse d’appeler « la fusion de la honte » pendant une campagne qui s’est progressivement brutalisée. La diabolisation de la France insoumise, prise dans le piège des outrances verbales de Jean-Luc Mélenchon, a eu raison des espoirs de la gauche.
La jeunesse et les quartiers, ciblés en priorité par François Piquemal, n’ont finalement pas été au rendez-vous. Mais il y a aussi ces socialistes rétifs à l’alliance avec LFI qui manquent au final dans l’addition. Certains se sont abstenus, d’autres avaient clairement appelé à voter pour Jean-Luc Moudenc. La déchirure à gauche est profonde et va laisser des traces. Des lendemains qui déchantent. Jean-Luc Moudenc a gagné son pari en rempilant au Capitole pour sept ans. Son dernier mandat.













