Au port Sud de Ramonville, riverains, habitués et professionnels observent un canal du Midi en pleine évolution. Entre attachement aux platanes, inquiétudes et résignation face au chancre coloré, les témoignages reflètent un paysage qui change.
Au bord du canal du Midi, les avis divergent, mais tous s’accordent sur un point : le paysage évolue. Au port Sud de Ramonville, riverains, pêcheurs et professionnels témoignent d’un canal en mutation, marqué par la disparition progressive des platanes.
Pêcheur au port Sud depuis dix ans, Hugo voit un aspect positif à ces abattages. « Ça peut paraître frustrant, mais les feuilles qui tombent polluent l’eau et abîment les berges », explique-t-il. Si l’ombre des platanes reste appréciée en été, il estime que leur disparition peut aussi améliorer certaines conditions pour les pêcheurs.
Un avis loin de faire l’unanimité. Pour Marie, habitante du secteur depuis quatre ans et Toulousaine depuis cinquante ans, l’attachement est intact. « Quand on pense au canal, on pense aux arbres », confie-t-elle, évoquant un patrimoine auquel elle reste très attachée. « Je viens me promener tous les jours avec mon chien. Les platanes font partie du décor. » Si elle reconnaît leur fragilité, elle préfère « en profiter tant qu’ils sont là ».
Entre résignation et inquiétude
Au port, certains se montrent plus fatalistes. Artisan, Frank estime que les décisions s’imposent d’elles-mêmes. « S’ils les abattent, c’est qu’ils deviennent dangereux. Il n’y a pas vraiment d’autre solution. » Mais il s’interroge sur l’ampleur des coupes. « Pour un arbre malade, en enlever plusieurs autour, ce n’est pas forcément évident à comprendre. »
Comme d’autres, il anticipe un changement profond. « Il va falloir faire le deuil des platanes », lâche-t-il, tout en espérant que les nouvelles essences plantées permettront d’éviter de nouvelles vagues d’abattage.
Un canal encore préservé
Pour l’instant, certains secteurs comme le port Sud restent relativement épargnés par le champignon. Batelière au port Sud, Françoise assure que la maladie n’a pas encore atteint la zone. « Ils sont venus nettoyer il y a deux ans, mais ici, ça reste sain », explique-t-elle.
À l’évocation d’une possible arrivée du chancre coloré, elle préfère en sourire : « Arrêtez, ne portez pas malheur à ce beau port. »















