Finaliste malheureux de Koh-Lanta, Jérôme Molas a été élu maire d’Arles-sur-Tech, village de près de 3 000 habitants dans le Sud des Pyrénées-Orientales. À 44 ans, cet artisan peintre a attendu la fin de son aventure télévisée avant de confirmer son engagement. Rencontre avec Le Journal Toulousain.
Dans plusieurs communes des Pyrénées-Orientales, les électeurs ont tranché dès le premier tour des municipales 2026. À Canet-en-Roussillon, Saint-Cyprien ou encore Saint-Estève, les maires sortants ont été reconduits, parfois très largement. À Arles-sur-Tech, en revanche, le scrutin du 15 mars a marqué un passage de relais. Sans opposition, Jérôme Molas, jusqu’ici premier adjoint, a été élu maire de cette commune d’environ 3 000 habitants.
Connu du grand public pour sa participation à Koh-Lanta sur TF1, ce candidat de “La revanche des 4 terres” a choisi d’attendre la fin du programme télévisé avant de confirmer son engagement municipal. « C’était déjà prévu, mais j’ai voulu attendre de faire mon aventure, de passer la diffusion, pour donner ma réponse définitive », a ainsi confié le nouvel édile.
Une candidature mûrie dans le temps
Avant même sa participation à l’émission, l’hypothèse d’une candidature était déjà envisagée. Premier adjoint pendant six ans, dont trois en tant que bras droit du maire, Jérôme Molas avait été sollicité pour prendre la relève. « Le maire savait depuis deux ans qu’il voulait arrêter. Il m’avait proposé de prendre sa place », a-t-il expliqué, inscrivant sa candidature dans une continuité locale.
Il a toutefois choisi d’attendre avant de s’engager officiellement, préférant ne pas mêler exposition médiatique et décision politique. « J’ai préféré vivre mon aventure, voir ce que ça m’apportait, avant de prendre ma décision », a-t-il précisé, assumant un choix réfléchi.
Une aventure marquante sur Koh-Lanta
Au sein de la tribu du Sud, surnommé “le Catalan”, Jérôme Molas s’est illustré tout au long de l’aventure. D’abord discret, il s’est imposé progressivement. « C’était une aventure exceptionnelle, humainement et mentalement. Ça m’a permis de voir jusqu’où je pouvais aller », raconte-t-il, insistant sur la dimension personnelle de l’expérience. Au total, il compte quatre victoires individuelles, dont des épreuves emblématiques du jeu comme le parcours du combattant, l’équilibre sur l’eau ou encore l’orientation, confirmant sa montée en puissance au fil des épisodes.
Vainqueur de l’épreuve d’orientation, il chute finalement lors des poteaux, aux portes de la finale, au terme d’un parcours solide. Aux côtés de Claire, il était alors le dernier représentant de l’alliance Nord-Sud, après un coup de bluff marquant autour d’un faux collier d’immunité qui lui avait permis d’atteindre cette ultime étape. Malgré cette progression, ses chances de victoire restaient limitées face à des alliances déjà bien établies au sein du jury final. Une issue qu’il relativise aujourd’hui : « À partir du moment où je donne le maximum de moi-même, je n’ai pas de regret », a-t-il expliqué.
Un engagement ancré dans le réel
Si son passage à la télévision a marqué son parcours, Jérôme Molas tient à distinguer clairement les deux univers. « Ça reste quand même un jeu », relativise-t-il, avant d’ajouter : « Moi, je suis avant tout un élu local, je ne suis pas un politicien. » Une manière d’affirmer son positionnement.
En effet, son engagement repose sur une conviction personnelle. « Je suis là pour l’intérêt général, au service de ma commune », affirme-t-il. Le nouveau maire affiche des priorités concrètes, centrées sur le développement local. « Je veux relancer l’attractivité avec une zone pour faire revenir des commerces et attirer du monde dans le village », indique-t-il, évoquant un projet structurant.
Relancer l’attractivité d’Arles-sur-Tech
Au-delà de l’économie, Jérôme Molas souhaite également s’appuyer sur le patrimoine local. L’abbaye Sainte-Marie, fondée au VIIIe siècle et liée aux routes de pèlerinage, constitue l’un des sites majeurs de la commune. Son cloître, de style gothique, témoigne de cette histoire ancienne. Autre singularité du village, la “Sainte Tombe”, qui intrigue depuis des siècles. Ce sarcophage de marbre se remplit en permanence d’eau, un phénomène encore inexpliqué qui attire à la fois visiteurs et curieux.
Un ensemble que le maire entend mieux valoriser pour renforcer l’attractivité touristique du territoire. « Je souhaite mettre en avant notre patrimoine, le faire connaître davantage », explique-t-il. Une stratégie qui s’inscrit dans une volonté plus large de dynamiser la commune en s’appuyant sur ses atouts historiques et culturels.
Une philosophie sans regret
Au final, le parcours de Jérôme Molas dans Koh-Lanta, comme dans la vie, repose sur une ligne directrice qu’il revendique : tout donner pour ne rien regretter. Une approche qui guide aussi bien ses choix que son engagement.
Et, malgré les liens conservés avec d’anciens candidats, l’édile ne souhaite pas revenir dans l’émission de TF1. « Je reste dans mon fauteuil de maire. Tout a été parfait dans “La revanche des 4 terres” », affirme-t-il. Il préfère donc désormais se consacrer pleinement à son mandat et aux projets engagés dans sa commune. Sa priorité : inscrire son action dans le concret et le quotidien des habitants d’Arles-sur-Tech.















