Pouvoir parcourir le livre de ses rêves, même si on est une personne aveugle ou malvoyante ! C’est la promesse du Centre de Transcription et d’Edition en Braille (CTEB) à Toulouse, seule imprimerie braille de France, qui lance, du 1er au 30 avril, une opération pilote unique : « Livre en braille à la demande ».
Car si 322 millions de livres imprimés ont été achetés en France en 2024, avec plus de 820 000 titres disponibles à la lecture et 200 nouveautés chaque jour pour le lectorat voyant, le CTEB produit seulement 200 ouvrages par an pour les aveugles et malvoyants. Le coût de production moyen d’un ouvrage en braille étant en effet de 700 euros, l’offre est limitée pour ce public qui n’a accès qu’à 6 % des livres disponibles pour les voyants.
« Notre opération suscite de l’espoir »
« Un livre, en 2026, c’est un bien culturel de première nécessité, un objet courant de consommation. Mais, pour les personnes malvoyantes, c’est un produit de luxe », souligne Adeline Coursant, la directrice du CTEB, dont l’association est parrainée par l’écrivain Bernard Minier.
« Jamais le fait de pouvoir choisir son livre parmi tous ceux disponibles n’avait été rendu possible. Notre opération suscite de l’espoir puisqu’on a déjà eu 160 demandes mais certains nous disent déjà que cela va coûter cher et culpabilisent, tant ils sont habitués à ne rien avoir. »
En braille, en grands caractères, et même illustrée en relief, cette littérature accessible au handicap visuel est pourtant vendue à perte par l’association, au prix unique du livre conventionnel. Sans aide de l’Etat, le CTEB peine à appliquer la loi du prix unique du livre et milite pour une solidarité du lectorat voyant en augmentant le prix du livre en librairie pour financer la différence de coût du prix d’un ouvrage en braille.













