Fermée depuis deux ans, la maison « Chez Babayaga », située au 114 rue de Cugnaux, à Toulouse, rouvre ses portes vendredi prochain pour cinq week-ends de co-création avec le public et les artistes, grâce au collectif Salade Suprême. Son objectif est double : offrir un adieu mémoriel aux Toulousains et financer Capharnaüm, le futur café culturel et solidaire des Minimes.
Après deux ans de fermeture, la maison colorée Babayaga du 114 rue de Cugnaux, à Toulouse, s’apprête à vibrer une ultime fois. Ce tiers-lieu culturel éphémère, qui avait réuni 30 000 visiteurs en 2024, rouvre exceptionnellement ses portes, vendredi prochain, avant la démolition planifiée de la bâtisse en septembre 2026. Orchestré par le collectif créatif Salade Suprême, ce baroud d’honneur se veut un immense laboratoire participatif. L’enjeu est double : offrir un adieu mémoriel et collectif aux Toulousains et lever les fonds nécessaires à la construction de leur futur espace pérenne, le café culturel Capharnaüm.
Les coulisses d’un sursis inattendu
Alors que le site semblait définitivement promis aux pelleteuses, le collectif créatif Salade Suprême a obtenu l’autorisation de récupérer les clés de la célèbre bâtisse de 200 mètres carrés. Une opportunité saisie dans l’urgence, avec un délai opérationnel extrêmement court d’à peine trois semaines pour préparer ce second opus. « Il fallait trouver quelque chose d’efficace, qui respecte le travail déjà lancé à l’époque », annonce Quentin Lhommeau, coordinateur du collectif.
Loin de vouloir ressasser ou copier à l’identique la formule de l’exposition immersive originale qui avait marqué l’année 2024, l’équipe a fait le choix audacieux de la réinvention. Ce retour éphémère ne durera que cinq week-ends d’été, du vendredi au samedi soir, jusqu’à la fermeture irrévocable fixée au samedi 25 juillet 2026. Un timing serré mais suffisant pour réimpressionner le public toulousain.
Ce que le public va découvrir
Sur les deux étages composant la structure de la maison, l’expérience proposée change de la production artistique traditionnelle, puisque le lieu ne se visite pas : il se co-crée. « L’idée est vraiment de recouvrir tout ce qu’il reste sur les murs et que la suite de l’exposition soit réalisée par le public lui-même, en collaboration avec les artistes. C’était quelque chose de très participatif. C’est le livre d’or de la maison. On le faisait déjà depuis le début, et là, on va l’ouvrir et l’étendre à la maison, puisque c’est vraiment un adieu », poursuit Quentin Lhommeau.
Pour Salade Suprême, l’objectif fondamental est de rassembler les personnes traditionnellement intimidées ou éloignées des circuits artistiques classiques en injectant de la spontanéité au sein d’un espace décontracté. « On invite tout le monde à pratiquer, à dessiner, à s’approprier les murs », confirme Quentin.
Dialogue entre artistes et visiteurs
Malgré la fulgurance du calendrier, la solidarité au sein de la communauté artistique a fonctionné à plein régime. Sur les 54 créateurs d’origine ayant fait le succès de l’édition 2024, la moitié a répondu présent à l’appel pour venir saturer l’espace de nouvelles propositions, acceptant de bousculer leurs agendas en pleine saison estivale.
Les visiteurs pourront ainsi observer le travail monumental de Tom Chartier, qui s’est approprié une pièce complète au fond du rez-de-chaussée pour y déployer un univers graphique percutant en noir et blanc. Le duo emblématique Massa et Ares a également repris possession des murs, de même que Ben Bribo…
De Babayaga au café solidaire Capharnaüm
Si la nostalgie et la fête seront au rendez-vous, notamment grâce à l’aménagement d’une guinguette extérieure estivale plébiscitée par les riverains pour profiter d’un espace en plein air, l’événement poursuit un but. L’intégralité des bénéfices de la guinguette ainsi que les contributions récoltées dans la cagnotte serviront à financer le projet pérenne du collectif : le café culturel et social Capharnaüm, dont l’ouverture est d’ores et déjà planifiée aux Minimes pour le vendredi 4 septembre 2026.
Avec un objectif de cagnotte fixé à 30 000 euros, le collectif entend bien transformer l’essai. Capharnaüm est pensé comme un espace hybride mêlant café associatif, ateliers créatifs, expositions gratuites et actions sociales ciblées. Ce futur tiers-lieu permettra de pérenniser les dynamiques collectives développées à la maison Babayaga, offrant au quartier Barrière-de-Paris un ancrage culturel stable et un puissant outil de cohésion sociale pour les cinq à six prochaines années.












