La maltraitance envers les personnes âgées s’invite une nouvelle fois devant la justice. Un homme de 63 ans a été condamné à trois ans de prison par le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir laissée sa mère de 87 ans dans un état effroyable.
» Quand il boit, il est très violent, sinon il me traite bien « , assure cette dame de 87 ans aux policiers dans son lit d’hôpital. Quelques jours plus tôt, le 10 juin dernier, son assistante sociale venait lui rendre visite à son domicile. Alors qu’elle l’avait laissée une semaine auparavant dans un état normal, elle la retrouve » clouée dans son lit, le visage tuméfié, nageant dans ses urines et ses excréments, les jambes traversées d’escarres, malnutrie et déshydratée « , décrit la présidente du tribunal correctionnel, Nadège Pujo-Menjouet, alors que l’homme qui lui a infligé ses maux est jugé ce lundi 15 juin.
» Je la nourrissais quand j’y pensais «
Le prévenu n’est autre que son fils de 63 ans. Sommé par la présidente Pujo-Menjouet d’expliquer ses actes, l’homme demeure évanescent : » Je la nourrissais quand j’y pensais « , susurre-t-il d’une voix labourée par le tabac. » Et ça ne vous embêtait pas de frapper votre mère et de la laisser dans cet état « , rétorque la magistrate estomaquée. » Non « , grince le prévenu. La procureure n’ose imaginer » le calvaire qu’a vécu cette octogénaire « , décrivant » des coups quasi quotidiens « . Elle requiert trois ans de prison, dont deux fermes et un an avec sursis probatoire.
En défense, Me Audrey Sabac élargit la focale. L’avocate raconte : » L’abandon de cet homme par sa mère quand il avait cinq ans et leur absence de contact jusqu’à sa vingtaine. » Elle décrit une existence » marquée par un accident de voiture ayant altéré ses capacités cognitives. » Après avoir délibéré, le tribunal condamne l’homme à une peine conforme aux réquisitions.












