Un soir de juillet 2021, un homme a été pris pour cible à Saint-Alban, près de Toulouse. Blessé par plusieurs balles, il s’en est sorti par miracle. L’enquête a identifié plusieurs suspects. Un seul se retrouve sur le banc des accusés devant la cour d’assises de la Haute-Garonne.
Debout face aux jurés de la cour d’assises, quatre femmes et deux hommes, Gor Haji-Muradyan s’exprime dans un français impeccable, avec des airs de jeune cadre dynamique. À 27 ans, cet ancien espoir du rugby à XIII, arrivé d’Arménie à l’âge de 8 ans avec sa famille, se débat face à des accusations de tentative d’assassinat. Appuyé par ses défenseurs Mes Issa et Berton, il affirme son innocence.
Au premier rang du public se tient Aziz, bientôt 36 ans, la jambe droite souvent appuyée sur une canne anglaise. Le soir du 11 juillet 2021, à Saint-Alban, il venait saluer Carla, sa copine, quand des individus arrivés dans une voiture volée ont ouvert le feu. « Nous discutions chacun à notre volant. C’est allé très vite. Je n’ai rien compris », confie la jeune femme.
Criblé de balles
Son regard bleu perce l’écran de la visioconférence. Elle refuse de donner son adresse, pas convaincue par la douceur de son ancien petit copain. « Il n’a pas accepté que je le quitte », dit la jeune femme. Depuis, elle préfère vivre loin de Toulouse. Et sur la fusillade, elle n’éclaire pas la cour. « C’est allé si vite. » Elle s’est retrouvée avec Aziz, allongé « sur le tapis du salon de mes parents. Il souffrait ».
Les balles ont traversé son abdomen, ses bras, ses jambes… Plusieurs coups de feu mais un mobile qui reste en suspens. L’accusé admet « différents problèmes » avec la victime. Une raclée « quand j’avais 17 ans environ ». Pourquoi ? « Je n’ai jamais compris. » Ensuite, ces deux habitués du quartier des Izards se sont « chauffés » sur les réseaux sociaux. « Comme les rappeurs », sourit la présidente Valérie Noël. L’accusé confirme. « Pas jusqu’à en venir aux mains », s’inquiète la magistrate. « Non », affirme Gor.
Pourtant, l’incendie d’une moto devant chez l’accusé, et des coups de feu dans le quartier Bagatelle sur la victime, auraient attisé les rancunes entre les deux hommes. Enfin, peut-être. « Après pas mal d’embrouilles, beaucoup de gens lui en veulent », prévient l’accusé. Sur son banc, défendu par Mes Chekroun-Guigui et Dupoux, Aziz serre les poings. Il doit s’exprimer vendredi.
Reste que sur les preuves reliant l’accusé à la fusillade manquent d’évidence. Et deux témoins qui ont aperçu un homme mettre le feu à la voiture volée, une Renault Mégane RS utilisée à Saint-Alban, ont aperçu « un homme pas très grand ». Cela ne ressemble pas à l’accusé. Mais un briquet avec son ADN a été retrouvé sur place. Troublant.
Les débats se poursuivent, au moins, jusqu’au lundi 16 mars.

















