Rebondissement de dernière minute dans la campagne des Municipales 2026 à Balma (Haute-Garonne), aux portes de Toulouse, où seuls deux candidats sont en lice : Vincent Terrail-Novès, maire sortant et président départemental de Renaissance, face à Jean-François Robic, élu d’opposition et membre des Écologistes. D’après nos informations, à quelques heures du premier tour, la préfecture a contacté le candidat de gauche pour l’informer de l’invalidité de ses bulletins de vote. Résultat ? Il a dû les réimprimer en urgence… au risque de finir à 0 % au soir du premier tour, qui se tient ce dimanche 15 mars 2026.
Deux ressortissants étrangers non mentionnés
Qu’était-il reproché à Jean-François Robic, tête de liste de « Balma et vous » ? Selon nos sources, le candidat a intégré sur sa liste, deux ressortissants étrangers – des citoyens de l’Union européenne, ce qui est parfaitement légal, bien qu’ils ne puissent légalement être ni maires ni adjoints… à condition de le mentionner clairement sur les bulletins de vote.
Ce qu’a visiblement omis de faire la tête de liste : la nationalité allemande de Simone Haag-Boudellal, sa 14e colistière, et la nationalité espagnole de Francisco Aguilera, en 21e position, ne figuraient pas sur les bulletins de vote de sa liste, que les Balmanais viennent de recevoir dans leurs boîtes aux lettres…

Il risquait « la nullité des bulletins »
Comment expliquer une telle erreur ? Interrogé par Actu Toulouse, le candidat dit avoir reçu « une mauvaise explication » et regrette « le peu de pédagogie » des services de l’État face aux subtilités du code électoral, pas toujours facile à déchiffrer. « J’ai été contacté jeudi matin par la préfecture pour m’informer que c’était un critère de nullité », confirme Jean-François Robic.
Comme le stipule noir sur blanc le mémento du candidat, accessible en ligne, « les bulletins de vote doivent comporter […] pour tout candidat ressortissant d’un État membre de l’Union européenne autre que la France, l’indication de sa nationalité sous peine de nullité (art. L.O. 247-1) ». Les services de l’État sont formels : l’absence de cette mention ne permettrait pas la « validité des suffrages ».
Le non-respect de ces règles entraînera un refus de la commission de propagande ou la nullité des bulletins lors du dépouillement.
Un dépôt trop tardif ?
D’après la préfecture de la Haute-Garonne, « la liste ‘Balma et vous’ fut la dernière déposée » avant le premier tour, parmi les 814 en lice dans les 586 communes du département. Alors que la clôture du dépôt des listes était fixée au jeudi 26 février 2026 à 18 heures, Jean-François Robic est arrivé quelques minutes avant la tombée du rideau. Arrivé sur le gong à la préfecture, s’y est-il pris trop tard pour pouvoir faire analyser dans les temps ses bulletins par la commission de propagande ? Interrogés, les services de l’État indiquent que « les échanges entre les services de la préfecture et les différentes listes quant aux caractéristiques de leurs bulletins de vote ne sont pas communicables ». Le candidat, lui, explique n’avoir « pas pu déposer la liste plus tôt », car sa « composition a évolué jusqu’à la veille du dépôt ».
Une bourde prise en charge par l’État
Résultat des courses : le candidat écologiste a « dû réimprimer les 14 000 bulletins prévus pour les bureaux de vote », soit la moitié du total. Mais bien que ce soit à quelques heures du scrutin, Jean-François Robic a pu se retourner : « J’ai trouvé un imprimeur qui a pu sortir les bulletins pour vendredi à la mi-journée ». Et au final, les bulletins du seul concurrent de Vincent Terrail-Novès seront bel et bien entre les mains des 13 000 inscrits dans les 16 bureaux de vote de Balma dimanche.
Une bourde qui lui coûterait « moins de 1 000 euros », mais qui serait « prise en charge par l’État dans le cadre du remboursement des frais de propagande officielle », poursuit Jean-François Robic, qui assure que « beaucoup de candidats sont dans des situations identiques ».
Un étranger sur la liste de Vincent Terrail-Novès aussi
À savoir que Jean-François Robic n’est pas le seul à intégrer des citoyens européens sur ses listes : son rival Vincent Terrail-Novès l’a également fait, avec Yosif Dimitrov, 29e de sa liste, mais la nationalité de ce ressortissant bulgare, figurait en bonne et due forme sur les bulletins de vote.

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