Le pronostic vital des deux victimes n’est plus engagé. Les deux hommes de 25 et 27 ans, blessés par balle en sortie de boîte, à Toulouse, ont été touchés par un seul et même projectile. Le tireur présumé a livré une explication. Le point sur l’enquête.
Les faits se décantent. Trente-six heures après la soirée qui a dégénéré, à la sortie d’une boîte antillaise du quartier Montaudran, à Toulouse, les enquêteurs de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) commencent à dissiper la brume qui entoure l’affaire.
Une balle dans l’abdomen
Dimanche 15 mars, au petit matin, une rixe éclate aux abords de la discothèque Urban Lab, à un jet de pierre de la future ligne C dont la silhouette incurvée du viaduc aérien témoigne de l’imminence.
Selon les premiers témoignages recueillis, une rixe aurait éclaté entre plusieurs femmes. Et c’est en tentant de protéger l’une d’elles qu’un homme a été grièvement blessé. Peu après 6 heures, un coup de feu déchire les ténèbres frisquettes de l’hiver expirant.
Un unique coup de feu, mais… deux victimes. Alors qu’il se trouve à terre après avoir échangé plusieurs coups, un homme de 27 ans, originaire de la Guadeloupe, ressent une vive douleur à l’abdomen. Une balle vient de traverser son corps.
« Je déplore ces actes »
La même balle se loge alors dans le poumon d’un homme de 25 ans, impliqué semble-t-il dans cette même rixe pour prêter main-forte à son frère. Il est originaire de l’île de Saint-Martin. La première victime, qui est parvenue à quitter la scène en voiture, est retrouvée quartier Croix-de-Pierre et évacuée à l’hôpital Rangueil avec un pronostic vital engagé.
Le second blessé est déposé au même service d’urgence, vers 6 h 30, par des témoins. Lui aussi se trouve alors entre la vie et la mort. « Ce lundi, ils sont toujours dans un état grave, mais leur pronostic vital n’est plus engagé », assure un connaisseur du dossier.
Près de 20 000 euros chez le tireur présumé
Le patron de la discothèque, pour sa part, oscille entre colère et fatalisme. « La soirée était terminée. Elle s’est déroulée dans un très bon esprit. La police nous a appris l’existence de cette fusillade dimanche matin. Je déplore ces actes… ».
Alertées, les forces de l’ordre déployaient les hommes de la brigade anticriminalité. Grâce aux nombreux témoins, ils apprenaient l’identité du tireur présumé, un homme de 24 ans, originaire lui aussi de Saint-Martin, qui a pris la fuite en scooter. Une équipe était envoyée à son domicile où il était cueilli au terme d’une brève surveillance.
Explications nébuleuses
Selon nos informations, il était alors en possession d’un pistolet semi-automatique de calibre 7,65, « chargé et approvisionné ». La perquisition menée à son domicile offrait une petite surprise : près de 20 000 euros en cash. Une somme anormalement élevée. « Ce sont de faux billets, une procédure incidente a été ouverte », précise l’une de nos sources qui balaie d’un revers de main l’hypothèse d’un règlement de comptes sur fond de trafic de stups.
L’enquête s’oriente donc bien vers une rixe qui dégénère en sortie de boîte, même si le rôle de chacun demeure à définir. En garde à vue (prolongée), le mis en cause aurait assuré que l’arme trouvée en sa possession ne lui appartient pas. Et que c’est en tentant de désarmer l’un des protagonistes de la rixe que le coup est parti tout seul. « Il n’explique en revanche pas pourquoi il a alors caché l’arme dans sa sacoche avant de la ramener chez lui en quittant la scène », grimace une source proche de l’enquête.
Vers une mise en examen pour tentative de meurtre
Accident ou geste délibéré ? En toute hypothèse, le mis en cause devrait être déféré en fin de journée devant la justice en vue d’une mise en examen pour tentative de meurtre et, au vu de la gravité des faits, d’un probable placement en détention provisoire. Charge ensuite à un juge d’instruction de démêler toute l’affaire.



















