Comme de nombreux Français, les vacances de Céline et Florian, accompagnés de leurs deux enfants âgés de 7 et 4 ans, tournent au cauchemar. En principe, ils doivent enfin prendre leurs vols de retour ce jeudi.
« Nous étions prévus sur un vol le dimanche 8 mars pour rentrer en France. Mais nous n’avons pas pu le prendre. Etihad vous fait venir à l’aéroport avec un billet pour Abu Dhabi, mais comme la connexion ne se fait pas, on est venu pour rien. Leur seule option : appeler le numéro qui, bien évidemment, ne répond jamais. Et l’autre numéro est un chat bot. C’est une honte. On s’était levé à 4 heures du matin avec nos enfants. » Originaires de Gagnac-sur-Garonne, Céline et Florian, couple de trentenaires, ont l’habitude de voyager et Asie, et plus précisément en Thaïlande. « Il s’agit de notre quatrième voyage », précisent-ils.
Mais cette version 2026 risque de leur laisser un goût amer, ou plutôt de colère. « Nous sommes partis le 20 février de Barcelone pour des vacances en famille avec nos deux garçons âgés de 7 et 4 ans. C’était d’ailleurs la première fois à l’étranger pour le plus jeune, qui a fêté son anniversaire ici. Notre séjour devait s’étaler sur 15 jours pour un départ le samedi 7 mars et une arrivée en France le lendemain », rembobine la mère de famille.
« Nous sommes livrés à nous-mêmes »
Après avoir visité Kao Sok, Koh Tao, Koh Phangan et Bangkok, la parenthèse enchantée tourne au cauchemar. « Le vendredi 6 mars, on apprend via l’application et un mail de Etihad que notre vol est annulé, puis modifié sans aucune autre information. Le vol Bangkok-Abu Dhabi était prévu, mais pas celui entre Abu Dhabi et Barcelone. On devait se débrouiller par nous-mêmes, mais nous n’avions aucune information. Sur le fil Ariane, zéro nouvelle du gouvernement français. Nous sommes livrés à nous-mêmes », explique cette enseignante en collège.
Dans ce contexte, comment se passent leurs journées ? « On essaie de trouver des alternatives, mais elles dépassent largement notre budget. Les prix flambent. Air France propose un retour pour 27 000 euros en classe éco. Turkish Airlines est complet pendant plus de deux semaines. Idem pour Air China. Mon conjoint est cadre commercial. Mais sans notre matériel informatique et avec le décalage horaire, c’est difficile de pouvoir travailler. Nos supérieurs sont pour le moment très conciliants », poursuit Céline.
« Une des raisons de l’angoisse, c’est la logistique »
« On doit aussi se loger : prendre des hôtels jour après jour, ce qui complique la situation avec des enfants. Pour l’instant, les prix des hôtels sur Bangkok n’ont pas augmenté. Nous devons rester proches de l’aéroport et vivre au jour le jour. Une des raisons de l’angoisse, c’est cette logistique. Nous payons évidemment ces nuits supplémentaires à nos frais, sans aucune compensation », insiste-t-elle.
Aux inquiétudes des parents, s’ajoutent forcément celles de leurs deux enfants. « Ils posent beaucoup de questions. L’aîné veut retrouver ses copains et aller à l’école. Pour nous, c’est pesant car il y a trop d’incertitudes. C’était difficile de profiter sereinement de la fin de vacances. Cela les a même gâchées. Bien évidemment, c’est incomparable avec ce que vivent les populations du Moyen-Orient », tempère le couple qui rencontre tous les jours d’autres Français dans la même situation.
Le 8 mars, Céline et Florian ont appris qu’ils étaient rebookés sur un vol prévu ce mercredi. Puis, trois jours après, leur vol était finalement décalé à ce jeudi… Croisons les doigts.














